Jean Chanorier - Définition et Explications

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Introduction

Jean Chanorier

Parlementaire français
Date de naissance 16 novembre 1746
Date de décès 29 mai 1806
Mandat Député
1797 - 1799
Circonscription Seine-et-Oise

Jean Chanorier, né le 16 novembre 1746 à Lyon et mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus...) le 29 mai 1806 à Croissy-sur-Seine est un agronome et homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est appelé...) politique français. Seigneur, puis maire (Le maire représente l'autorité municipale. Dans de nombreux cas, il est le détenteur du pouvoir exécutif au niveau d'une ville ou communal en France et au Québec. Dans un...) de Croissy-sur-Seine, il fut député, puis conseiller général de Seine-et-Oise et membre associé de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.).

Il est connu pour avoir introduit en France la race (En nomenclature zoologique, la race est un rang taxinomique inférieur à l'espèce (équivalent au rang de variété dans d'autres disciplines), dans le but de distinguer plus finement à...) ovine des mérinos. Inquiété durant la Terreur malgré ses idées patriotes, son amitié avec Joséphine de Beauharnais lui vaut ensuite, sous le Consulat, la protection du gouvernement et sa nomination à l'Institut.

Biographie

Le seigneur de Croissy

La façade côté jardin du château (Un château est à l'origine une construction médiévale destinée à protéger le seigneur et à symboliser son autorité...) de Croissy, résidence (Le nom de résidence est donné à un ensemble de voies souvent qui forment une boucle ayant la particularité de desservir des mêmes logements appelées également résidence. Ce terme vient du verbe latin residere qui...) à partir de 1779 de Jean Chanorier qui fut le dernier seigneur et le premier maire de Croissy.

Jean Chanorier est le fils unique d'Hugues Eustache Chanorier (mort en 1769), écuyer, secrétaire du roi, receveur des tailles de l'élection de Lyon, puis receveur général ancien des finances de la généralité d'Auch, et de Jeanne Marie Philippe Pollet, son épouse. Son grand-père Eustache Chanorier, qui avait renoncé au droit de bourgeoisie à Lyon en 1702 était juge (Le juge peut être un professionnel du droit, désigné ou élu pour exercer son office. Il peut également être un simple citoyen appelé temporairement à rendre la justice : c'est notamment le cas des personnes composant un jury.) et maire de Cluny, lieutenant de l'élection et représentant du Tiers-Etat, ainsi que procureur pour l'abbé à l'Hôtel-Dieu (Situés en général à l'ombre de la cathédrale et dépendant de l'autorité de l'évêque, les premiers hôtels-Dieu font leur apparition en France au VIIe siècle. Il semble qu'au...) de Tournus en 1704. Jean Chanorier appartient donc à une riche famille bourgeoise en voie d'anoblissement.

En 1771, il succède à son père dans la charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement...) de receveur général des finances, charge qu'il conservera (malgré sa suppression temporaire par Necker en 1780), jusqu'à ce qu'il la revende en 1789. En 1779, il achète pour la somme de 198 160 livres la seigneurie de Croissy-sur-Seine, relevant du prince de Condé. Son domaine occupe, sur le seul territoire (La notion de territoire a pris une importance croissante en géographie et notamment en géographie humaine et politique, même si ce concept est utilisé par...) de Croissy, près de 40 hectares, soit plus de 20% de la superficie (L'aire ou la superficie est une mesure d'une surface. Par métonymie, on désigne souvent cette mesure par le terme « surface » lui-même (par exemple, on parle de la « surface d'un...) de la commune. Il comprend un château, construit en 1754 pour Gautier de Beauvais. Cette gentilhommière de style classique porte toujours aujourd'hui le nom de « château Chanorier ».

Afin de mieux connaître et valoriser son domaine, il en fait dresser par l'arpenteur René Phelipeau un plan terrier en 1781. Très vite, il se lie d'amitié avec son voisin Henri Bertin, ancien contrôleur général des finances et propriétaire du domaine de la seigneurie de Chatou, lequel partage ses idées en matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont l'état solide, l'état liquide, l'état gazeux. La matière...) d'agronomie. En plus du château de Croissy, Jean Chanorier conserve son domicile parisien, rue (La rue est un espace de circulation dans la ville qui dessert les logements et les lieux d'activité économique. Elle met en relation et structure les...) neuve de Luxembourg, où il reçoit Benjamin Franklin (Benjamin Franklin (17 janvier 1706 à Boston - 17 avril 1790 à Philadelphie) est l'une des plus illustres figures de l'histoire américaine, à la fois écrivain,...) et son fils. Il fréquente également les nièces de l'avocat général Séguier et le médecin (Un médecin est un professionnel de la santé titulaire d'un diplôme de docteur en médecine. Il est chargé de soigner les maladies, pathologies, et blessures de ses...) Louis-Guillaume Le Veillard, un ami proche de Franklin.

L'agronome

Jean Chanorier a joué un rôle dans la diffusion (Dans le langage courant, le terme diffusion fait référence à une notion de « distribution », de « mise à disposition » (diffusion d'un produit, d'une...) du Mérinos de Rambouillet en France.

Grand propriétaire terrien, correspondant de Daubenton, Chanorier contribue à l'amélioration de l'élevage ovin en France en y introduisant le mérinos en 1786. Il est alors l'un des trois propriétaires de ces moutons d'origine espagnole, avec Louis Silvy, à Champgueffier, et le roi dans sa bergerie de Rambouillet. C'est dans cette dernière que Chanorier, premier acheteur (L'acheteur est un métier qui consiste à gérer les achats dans une entreprise.) de la bergerie, s'est procuré ses propres bêtes. Elles-mêmes viennent du troupeau (En zoologie et en élevage, un troupeau est un grand groupe d'animaux vivant ensemble. Le terme s'emploie habituellement à propos des...) acheté à Ségovie (Espagne) par le diplomate Jean-François de Bourgoing. Ayant acheté une vingtaine de têtes en 1786, Chanorier, par une reproduction soigneusement contrôlée, augmente la taille de son troupeau à 300 têtes en 1793, puis 350 en 1799, sans compter la centaine d'agneaux qu'il vend chaque année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.). Chanorier accorde une grande importance au choix des femelles, contrairement à l'usage (L’usage est l'action de se servir de quelque chose.) courant de l'époque. Par le croisement de brebis locales, sélectionnées par ses soins, avec des béliers espagnols, il obtient une variété métisse, dont la laine est indistinguable de celle d'Espagne. Son troupeau est réputé parmi les agronomes qui s'intéressent alors aux possibilités d'acclimatation (L'acclimatation est le fait, pour un organisme vivant, de s'adapter à un changement durable de son environnement, en particulier climatique (température, humidité, ressources). L'acclimatation se déroule sur une...) du mérinos d'Espagne en France. Chanorier adopte pour ses mérinos, à la suite de Perthuis un système de bergerie sur plancher pour récupérer le fumier fortement imprégné d'urine (L'urine est un liquide biologique composé des déchets de l'organisme. L'urine est secrétée par les reins par filtration du sang, puis par récupération des...), qui constitue un engrais (Les engrais sont des substances, le plus souvent des mélanges d'éléments minéraux, destinées à apporter aux plantes des compléments d'éléments nutritifs, de façon à améliorer leur...) fertile.

Le troupeau de Chanorier est considéré comme d'importance publique, à tel point (Graphie) que lorsqu'il se verra contraint d'émigrer en Suisse pour échapper à la Terreur, en 1795, ses moutons seront protégés par le vétérinaire François-Hilaire Gilbert, qui les fait transférer à la bergerie nationale de Rambouillet, sous la garde de son directeur, Tessier. Le Comité de salut public décrète le domaine et le troupeau de Chanorier « établissement rural », évitant leur vente après la saisie, et les place sous le contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) de la commission d’agriculture et des arts. Tessier, Gilbert et Huzard collaborent pour assurer la bonne conservation du troupeau. En rentrant d'exil, Chanorier aura la surprise de constater que son troupeau s'est agrandi et qu'il s'est donc enrichi durant son absence. Le soutien des plus grands noms de la médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son fonctionnement normal...) vétérinaire de l'époque s'explique par l'enjeu économique et scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes scientifiques.) de l'acclimatation du mouton (Le mouton (Ovis aries) est un mammifère domestique herbivore de la famille des bovidés, de la sous-famille des Caprinés et du genre Ovis. L'homme élève le mouton pour sa viande, son lait, sa laine et sa peau...) mérinos en France.

Son travail d'expérimentation (L'expérimentation est une méthode scientifique qui consiste à tester par des expériences répétées la validité d'une hypothèse et à obtenir des données quantitatives permettant de...) agronomique ne s'arrête pas à l'élevage : il met en place un système de puisage à manivelle pour l'irrigation (L’irrigation est l'opération consistant à apporter artificiellement de l’eau à des végétaux cultivés pour en augmenter la production, et permettre leur développement normal en...) des cultures maraîchères ; fait clôturer son domaine pour le protéger des déprédations animales, notamment des lapins qui abondent sur les terres voisines du Comte d'Artois ; fait planter des mûriers pour l'élevage des vers à soie ; installe un métier à tisser Vaucanson ; enfin, en 1788, il fait ouvrir une école dans la grande rue (Grande Rue est un odonyme courant dans les pays francophones.) du village (Un village est, à la campagne ou à la montagne, un ensemble d'habitations, de bâtiments à usages divers, de fermes... de proportion modérée (quelque dizaines de bâtiments)).

Alors que la pomme de terre (La pomme de terre, ou patate (langage familier, canadianisme et français régional), est un tubercule comestible produit par l'espèce Solanum tuberosum, appartenant à la famille des solanacées. Le terme...) est encore une nouveauté en France, Chanorier démontre par l'expérimentation qu'il est possible de cultiver ce tubercule (En botanique, un tubercule est un organe de réserve, généralement souterrain, qui assure la survie des plantes pendant la saison d'hiver et souvent leur multiplication par voie végétative....) sur des sols arides et siliceux en reportant au printemps (Le printemps (du latin primus, premier, et tempus, temps, cette saison marquant autrefois le début de l'année) est l'une des quatre saisons des zones tempérées, précédant...) la plantation (Une plantation est une exploitation agricole en monoculture de cultures à forte valeur économique destinées à la vente vers des marchés...). Cette méthode sera signalée dans le Cours complet d'agriculture de l'abbé Rozier et de ses continuateurs. Enfin, il met au point et développe une nouvelle variété de pomme (La pomme est le fruit du pommier, arbre fruitier largement cultivé. L'étude de la culture des pommes constitue une partie de la pomologie, la pomologie englobant tous les fruits à...) de terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des quatre planètes...) qui portera son nom, la « chanorière ».

L'homme politique

L'amitié de Joséphine de Beauharnais joua sans doute un rôle important dans la carrière de Jean Chanorier.

En 1788, Chanorier est l'un des douze représentants du tiers état à l'assemblée provinciale de Saint-Germain, tenue chez le Comte d'Artois. Siégeant au bureau des impositions, il critique le système fiscal, la taille et l'impôt d'industrie, et soutient la création d'un impôt territorial. Il participe, à l'assemblée de la noblesse de la prévôté et vicomté de Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au...), à l'élection des députés au États-Généraux. Lors de l'émeute de Chatou du 11 mai 1789, dirigée contre son voisin et ami Bertin, il joue (La joue est la partie du visage qui recouvre la cavité buccale, fermée par les mâchoires. On appelle aussi joue le muscle qui sert principalement à ouvrir et fermer la bouche et à...) le rôle de médiateur entre les habitants du village et l'ancien contrôleur général des finances. Chanorier est enfin élu, par 51 voix sur 52 votants, le premier maire de la commune de Croissy, du 22 janvier 1790 au 14 novembre 1790. Ensuite, il est élu commissaire de l’Assemblée primaire de la première section du canton extra-muros de Saint-Germain-en-Laye.

Maire de Croissy, c'est lui qui prend en charge les frais de la création de la Garde nationale, et met à disposition ses pâtures pour célébrer la messe pour la Fédération, le 14 juillet 1790, durant laquelle il renouvelle son serment civique. Le 20 novembre 1789, il verse 9 000 livres de don patriotique. Cependant, il démissionne de la mairie le 14 novembre 1790, officiellement parce qu'il s’apprête à passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) l'hiver (L'hiver est une des quatre saisons des zones tempérées.) à Paris. Le 17 août 1792, sur réquisition du district, en son absence, la municipalité met les scellés et saisit la poudre (La poudre est un état fractionné de la matière. Il s'agit d'un solide présent sous forme de petits morceaux, en général...) dans son château. Cette mesure s'applique à l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une...) des riches parisiens ayant une demeure dans le village, bien que le nouveau maire proteste du patriotisme de Chanorier. Il est soupçonné d'avoir émigré pour rejoindre à Coblence son suzerain, le prince de Condé. Dès son retour, Chanorier prête le serment d’égalité et de liberté, rappelle son attachement à la Révolution, approuve les saisies et pour preuve de sa bonne foi, fait don de son argenterie à la Monnaie (Le Théâtre de la Monnaie (De Munt en néerlandais) est la salle d'opéra de Bruxelles situé sur la place de la Monnaie.) de Paris.

La façade côté jardin de la « maison-Joséphine » à Croissy, où vécut Joséphine de Beauharnais à partir de 1793.

Lorsque Joséphine de Beauharnais vient habiter Croissy, en 1793, elle place sa fille Hortense, âgée de dix ans, en apprentissage (L’apprentissage est l'acquisition de savoir-faire, c'est-à-dire le processus d’acquisition de pratiques, de connaissances, compétences,...) auprès de Julie Blezeau, couturière du château de Chanorier. Le château devient alors le lieu de rendez-vous d'aristocrates qui ont fui Paris, tels madame Campan, l'une des dames de compagnie de Marie-Antoinette, le prêtre réfractaire Mayneaud de Pancemont, ou encore Jean-Charles Gravier, baron de Vergennes, fils de l'ancien ministre et surtout son épouse, la comtesse de Rémusat qui y vivra plusieurs mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.). Le Girondin Pierre-François Réal est également un habitué du château Chanorier. Les liens noués à Croissy entre Chanorier et ses amis et la future impératrice Joséphine vont plus tard favoriser leur carrière sous l'Empire.

Lors de son procès devant le Tribunal (Le tribunal ou juridiction (de jus dicere : littéralement, « dire le droit ») est un lieu où est rendue la justice. C'est là...) révolutionnaire, le notaire parisien François Brichard mentionne le nom de Chanorier, qui l’avait renseigné sur la solvabilité d’un client (Le mot client a plusieurs acceptations :). Le Comité de salut public décrète d'accusation Chanorier, mais l'agent envoyé à son domicile parisien (alors situé rue des fossés Montmartre) ne le trouve pas chez lui. Chanorier se voit contraint de fuir Paris et d'aller passer quelque temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) en Suisse, revenant seulement après Thermidor.

La commune, puis le district, attestent qu'il est un patriote. Le département, considérant qu'il avait émigré dans un pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la civitas qui subsiste...) ami, autorise son retour, après avis (Anderlik-Varga-Iskola-Sport (Anderlik-Varga-Ecole-Sport) fut utilisé pour désigner un projet hongrois de monoplace de sport derrière lequel se cachait en fait un...) de la commission de l'agriculture et des arts. L'école qu'il avait créée à Croissy ayant été mise en vente comme bien national, il la rachète et en fait don à la commune. Il est également nommé répartiteur (A supprimer) de l'impôt foncier pour la commune de Croissy, le 19 thermidor an V (1er août 1797), puis le 6 frimaire (26 novembre), membre de la commission d'équité du département, dont il est aussitôt radié en tant qu'ex-noble.

Joséphine de Beauharnais sollicita les conseils de Jean Chanorier pour acheter son domaine de la Malmaison.

La future impératrice Joséphine de Beauharnais fait appel à lui pour évaluer le domaine de la Malmaison et en négocier l'achat pour elle. Toujours passionné par les questions d'élevage, il lui suggère d'augmenter le revenu du domaine en faisant passer le troupeau de 150 à 300 moutons. Joséphine suivra probablement ce conseil, puisqu'elle lui demande de lui céder son maître berger (Un berger (une bergère) est une personne chargée de guider et de prendre soin des troupeaux de moutons (quand il n'y a pas de complément de nom, il s'agit toujours de troupeaux de moutons), ou par extension de...).

Grâce à cette amitié, sous le Consulat, il est nommé l'un des trois directeurs de la caisse (Les caisses en bois servent à emballer des produits en plusieurs pièces, qui doivent être livrées ensembles.) d'amortissement, avec Mollien, futur ministre des finances de Napoléon, et Jean-Baptiste Decrétot par un arrêt du 8 frimaire an VIII (29 novembre 1799). Il bénéficie alors de la faveur du premier consul, Napoléon Bonaparte, qui a épousé son amie Joséphine de Beauharnais. Sa carrière agronomique se poursuit parallèlement, puisqu'il est président de la Société libre d’agriculture de Seine-et-Oise du 4 janvier au 23 juillet 1799.

Le 27 germinal an VII (16 avril 1797), il est élu député au Conseil des Cinq-Cents, par l'assemblée des électeurs de Seine-et-Oise, par 181 voix sur 355 votants, sans que sa noblesse ne soit retenue contre lui. Son activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) législative semble avoir été limitée. Puis, par décret du premier consul en date du 1er prairial an VII (21 mai 1800), membre du conseil général de la Seine-et-Oise, où il s'occupe de questions foncières.

Le membre de l'Institut

Chanorier fut membre associé de l'Institut de France (L'Institut de France est à la fois une institution académique française créée le 25 octobre 1795, et le nom du bâtiment parisien du 23 quai de Conti dans le 6e arrondissement de Paris qui en est le...), où il ne prononça qu'un seul discours.

Chanorier est élu, le 25 septembre 1797, membre associé non-résident de l'Institut de France pour la Classe des Sciences (section d’Économie rurale et Art vétérinaire), puis en 1803, membre correspondant. Il participe à la vie (La vie est le nom donné :) de l'Institut, mais n'écrit pas : ses travaux agronomiques et ses discours font l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et qui peut être désigné par une étiquette verbale. Il est défini...) de rapports rédigés par des savants prestigieux. Praticien plus que théoricien de l'agronomie, Chanorier doit probablement sa nomination à l'Institut à la protection de Joséphine plus qu'à sa notoriété scientifique.

Le 26 floréal an VII (15 mai 1799), il lit un mémoire (D'une manière générale, la mémoire est le stockage de l'information. C'est aussi le souvenir d'une information.) portant sur les draps tissés à partir des laines de son élevage, qui est imprimé. Il y démontre qu'il est possible, contrairement à ce que l'on pensait jusqu'alors, de teindre les laines de moutons espagnols. Chanorier en fit l'expérience avec l'aide de Leroy et Rouy, de la manufacture de Sedan. Sur ses indications, les opticiens Zougan et Richer conçoivent un micromètre (Un micromètre (symbole μm) vaut 10-6 = 0, 000 001 mètre.) destiné à analyser les fibres (Une fibre est une formation élémentaire, végétale ou animale, d'aspect filamenteux, se présentant généralement sous forme de faisceaux.) de ses laines, qu'il compare avec des échantillons espagnols que lui rapporte le négociant Delon. Il s'agit de vérifier si la laine des moutons élevés en France remplit le critère de finesse et de qualité défini par Daubenton, soit une laine dont les fibres ont un diamètre (Dans un cercle ou une sphère, le diamètre est un segment de droite passant par le centre et limité par les points du cercle ou de la sphère. Le diamètre est aussi la longueur...) inférieur à 1/60e de millimètre, donc de démontrer que ces animaux ne dégénèrent pas, malgré le sol et le climat (Le climat correspond à la distribution statistique des conditions atmosphériques dans une région donnée pendant une période de temps donnée. Il se distingue de la météorologie qui...) différent de celui de l'Espagne. L'enjeu est donc à la fois théorique et économique. Daubenton, Fourcroy et Desmarets font un rapport élogieux sur les résultats de l'élevage de Chanorier, et demandent la publication de son court mémoire. Le 15 messidor an VIII (3 juillet 1799), il aurait dû y lire un autre texte, si la séance n'avait pas été levée par le président en raison de la prestation médiocre que venait d'y faire Sébastien Mercier.

Plaque commémorative dans le cimetière de Croissy-sur-Seine

S'il n'écrit presque pas, les compétences pratiques de Chanorier n'en sont pas moins sollicitées par ses collègues de l'Institut. Ainsi, il fait partie de la commission dirigée par Huzard, composée de Parmentier, Cuvier, Hallé et Tessier, chargée d'examiner des moutons atteints du « tournis ». Du fait de ses liens avec son ancien collègue Mollien devenu ministre des finances, il est chargé de résoudre le problème posé par l'immobilisation en douane à Calais de la collection envoyée par le chevalier Blanks. Soucieux de la diffusion du mouton mérinos, il assure la formation des éleveurs, en offrant aux acheteurs de produits de son troupeau de prendre en pension leurs bergers pendant deux décades.

La fin de sa vie

À partir de l'an IX (1800-1801), Chanorier abandonne toute fonction politique, en raison de sa santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) déclinante. Souffrant d'une paralysie (La paralysie ou plégie est une perte de motricité par diminution ou perte de la contractilité d'un ou de plusieurs muscles, due à des lésions de voies nerveuses ou des muscles : si le phénomène est...) et d'une altération de ses facultés mentales, il est mis sous interdit judiciaire le 24 floréal an X (14 mai 1802). Par testament en date du 9 frimaire an IX (30 novembre 1800), il crée une rente de 300 francs destinée à fournir l'alimentation à des personnes âgées pauvres de la commune de Croissy-sur-Seine. Cette rente est validée par décret impérial du 6 juin 1807.

Le château qu'il a possédé à Croissy est devenu un centre culturel (Un centre culturel est une institution et un lieu qui propose notamment une programmation de spectacles, des expositions, des conférences, mais aussi de...), tandis qu'une école a porté son nom.

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