James Clark Ross - Définition et Explications

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Introduction

James Clark Ross
Portrait avec, à côté de lui, une boussole d'inclinaison qu'il utilisa pour rechercher le pôle Sud magnétique.
Portrait avec, à côté de lui, une boussole d'inclinaison qu'il utilisa pour rechercher le pôle Sud (Le pôle Sud est le point le plus au sud de la surface de la Terre, diamétralement opposé au pôle Nord. Il est situé sur le continent Antarctique.) magnétique.

Naissance 15 avril 1800
Londres (Londres (en anglais : London - /?l?nd?n/) est la capitale ainsi que la plus grande ville d'Angleterre et du Royaume-Uni. Fondée il y a plus de 2...)
Décès 3 avril 1862
Aylesbury
Profession(s) Explorateur polaire

Sir James Clark Ross, né le 15 avril 1800 à Londres et mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant par...) le 3 avril 1862 à Aylesbury, est un officier de la Royal Navy, un explorateur polaire et un naturaliste (Le mot naturaliste fait référence au domaine des sciences naturelles. L'adjectif qualifie une personne ou un groupe (association, société savante.. )) britannique. Il a exploré l'Arctique (L’Arctique est la région entourant le pôle nord de la Terre, à l’intérieur et aux abords du cercle polaire. Elle se situe à l'opposé de l'Antarctique. L'Arctique inclut une partie du Canada, du Groenland...) avec son oncle Sir John Ross et avec Sir William Edward Parry avant de conduire sa propre expédition en Antarctique (L'Antarctique (prononcé [ɑ̃.taʁk.tik] Écouter) est le continent le plus méridional de la Terre. Situé au pôle Sud, il est entouré de l'océan Austral (ou océan...).

Biographie

Enfance

James Clark Ross est né à Londres. Il est le troisième enfant de l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par...) d'affaires George Ross, et de sa femme Christian Clark. Son père vient d'une éminente famille du Wigtownshire en Écosse et est le frère aîné de l'explorateur de la Royal Navy John Ross.

Royal Navy

Très influencé par son oncle John Ross, Ross entre dans la marine peu avant ses douze ans. Il est alors engagé comme « volontaire de première classe » sur le HMS Briseis mais sous l'impulsion de son oncle, il est promu rapidement comme « midshipman » sous son propre commandement. Après six années, ils partent tous les deux sur le HMS Actaeon, naviguant notamment en mer (Le terme de mer recouvre plusieurs réalités.) Baltique, en mer Blanche (La mer Blanche s'étend sur 95000 km² au nord-ouest de la Russie, au sud de la mer de Barents ; elle constitue une dépendance de l'Océan Arctique.) et dans la Manche. Ils sont ensuite affectés au HMS Driver basé sur la côte ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le couchant (ou ponant).) de l'Écosse.

Expéditions polaires

Première expédition de John Ross

En 1818, James Clark Ross accompagne John Ross, qui à la demande de George Johnstone Hope, part sur le HMS Isabella et le HMS Alexander dans un voyage (Un voyage est un déplacement effectué vers un point plus ou moins éloigné dans un but personnel (tourisme) ou professionnel (affaires). Le voyage s'est considérablement développé et démocratisé, au cours du XXe siècle avec...) à la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) du passage du Nord-Ouest (Le nord-ouest est la direction entre les points cardinaux nord et ouest. Le nord-ouest est opposé au sud-est.) de la mer de Baffin au détroit de Béring. Après les guerres napoléoniennes, les effectifs de la Royal Navy sont faibles et une grosse récompense de 5 000 livres est promise à l'équipage qui dépassera les 110° de longitude (La longitude est une valeur angulaire, expression du positionnement est-ouest d'un point sur Terre (ou sur une autre planète).) ouest. James Clark Ross prend part activement aux recherches scientifiques.

John Ross ne parvient cependant pas à trouver le passage du Nord-Ouest et, à son retour au Royaume-Uni, il est vivement critiqué pour son échec et ne conduira plus d'autres expéditions.

Les expéditions de Parry

William Edward Parry, second de John Ross lors de l'expédition, relève cependant le défi en organisant quatre expéditions successives de 1819 à 1928, où Ross prendra un part très importante.

Première expédition de Parry
Une gravure d'un journal publié en 1921.
William Edward Parry

L'amirauté renvoie presque immédiatement en 1819 le HMS Hecla et le HMS Griper sous le commandement de Parry dans une expédition arctique et James Clark Ross l'accompagne. Là encore, Ross prend part activement aux recherches scientifiques et Parry l'honore en nommant le cap James Ross de l'île (Une île est une étendue de terre entourée d'eau, que cette eau soit celle d'un cours d'eau, d'un lac ou d'une mer. Son étymologie latine, insula, a donné...) Melville de son nom. Les navires sont régulièrement bloqués par la glace (La glace est de l'eau à l'état solide.) en hiver (L'hiver est une des quatre saisons des zones tempérées.) dans ces zones froides, imposant aux équipages d'hiverner. Ross passe ainsi son premier hiver dans l'Arctique, chose dont il deviendra rapidement coutumier.

Bien que l'expédition, partie pour trouver le passage du Nord-Ouest, soit stoppée à 112° 51', c'est la plus réussie des expéditions arctiques du début du XIXe siècle. En ayant dépassé le 110° ouest, l'équipage empoche la récompense et environ 1 000 km de côtes sont cartographiés.

Deuxième expédition de Parry

En mai 1821, Ross accompagne de nouveau Parry dans une expédition avec les navires HMS Hecla et HMS Fury. L'expédition part de la baie d'Hudson mais stoppe au golfe (Un golfe (italien golfo, grec kolpos, pli) est une partie de mer avancée dans les terres, en général selon une large courbure.) de Boothia en ayant passé (Le passé est d'abord un concept lié au temps : il est constitué de l'ensemble des configurations successives du monde et s'oppose au futur sur une échelle des temps centrée sur le présent....) deux hivers bloquée par les glaces, le premier à l'île de Winter et le second près d'Igloolik. Effectuant notamment la cartographie (La cartographie désigne la réalisation et l'étude des cartes géographiques. Le principe majeur de la cartographie est la représentation de données sur un support réduit représentant un espace...) des terres, Ross sert également comme naturaliste et botaniste, étudiant les oiseaux, les mammifères marins et les plantes. Il sera le premier à étudier un spécimen de mouette (Mouette [mwεt] est un nom vernaculaire ambigu en français. On nomme mouettes les oiseaux de plusieurs genres de la sous-famille des Larinae et de la tribu des Larini, qui comprend aussi les...) rosée qui, en anglais, prendra son nom (« Ross’s Gull », la « mouette de Ross »). De retour en Angleterre (L’Angleterre (England en anglais) est l'une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni. Elle est de loin la plus peuplée, avec 50 763 000...) à l'automne (L'automne est l'une des quatre saisons des zones tempérées. Elle se place entre l'été et l'hiver.) 1823, il apprend qu'il a été promu au grade (Le mot grade a plusieurs significations :) de lieutenant, le 26 décembre 1822. Son travail comme naturaliste est également récompensé en étant accueilli comme membre de la Société linnéenne de Londres.

Troisième expédition de Parry

La troisième expédition de Parry en 1824 et 1825, qui utilise les deux mêmes navires, est un désastre car la navigation (La navigation est la science et l'ensemble des techniques qui permettent de :) est particulièrement difficile, retardant (Un retardant est un produit chimique destiné à freiner la propagation des incendies .) la progression vers l'Ouest. Au premier hiver, ils atteignent la crique du Prince Regent. Ross est cette fois-ci second d'Henry Parkyns Hoppner sur le HMS Fury tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) en continuant ses études sur la faune, notamment grâce à la taxidermie, et faisant des observations (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude appropriés. Le plaisir procuré...) plus diverses telles que sur les températures, le magnétisme (Le magnétisme est un phénomène physique, par lequel se manifestent des forces attractives ou répulsives d'un objet sur un autre, ou avec des charges...), les longitudes ou sur des calculs sur l'épaisseur de la glace d'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) salée. Il participe également aux excursions et explorations sur les terres.

Le HMS Fury s'échoue après avoir été bloqué par les glaces le 1er août sur l'île Somerset à un lieu qui sera baptisé plus tard Fury Beach (la « plage Fury »). Une partie des vivres sont récupérées et le reste est laissé sur place afin de servir éventuellement de dépôt pour d'autres expéditions. Parry ne disposant plus que d'un navire (Un navire est un bateau destiné à la navigation maritime, c'est-à-dire prévu pour naviguer au-delà de la limite où cessent de s'appliquer les règlements techniques de sécurité de navigation...) est obligé de regagner le Royaume-Uni pour ne pas risquer d'être bloqué un autre hiver, et le 12 octobre 1825 il est en Angleterre.

Quatrième expédition de Parry
Les routes les plus fréquentées du passage du Nord-Ouest à travers l'archipel (Un archipel est un ensemble d'îles relativement proches les unes des autres. La proximité se double le plus souvent d'une origine géologique commune.) arctique canadien. C'est le Norvégien Roald Amundsen qui le premier franchit le passage entre 1903 et 1906 après qu'une expédition britannique eut prouvé l'existence du passage.

Ross s'engage de nouveau pour une expédition avec William Edward Parry mais celle-ci n'est pas à la recherche du passage du Nord-Ouest mais veut atteindre le pôle Nord (Le pôle Nord géographique terrestre, ou simplement pôle Nord, est le point le plus septentrional de la planète Terre. Il est défini comme le...). Ross est alors fait second de Parry. Depuis le Nord-Ouest du Svalbard (Le Svalbard est un archipel de la Norvège situé à la limite de l'océan Arctique et de l'océan Atlantique, entre le Groenland à l'ouest,...), l'expédition doit utiliser des canots en les faisant glisser sur des traîneaux jusqu'à l'espérée et mythique mer polaire ouverte.

Le 4 mars 1827, le HMS Hecla fait route (Le mot « route » dérive du latin (via) rupta, littéralement « voie brisée », c'est-à-dire creusée dans la roche, pour ouvrir le chemin.) et au 21 juin, les canots quittent le navire. Après 100 milles de voile, la partie sur glace du voyage commence mais s'avère vite impossible à cause des conditions climatiques désastreuses, d'une charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui...) par homme trop élevée et de la dérive vers le Sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.) des glaces qui annihile la progression vers le Nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.). Parry est rendu (Le rendu est un processus informatique calculant l'image 2D (équivalent d'une photographie) d'une scène créée dans un logiciel de modélisation 3D comportant à la fois des objets et des sources de...) temporairement aveugle par la réverbération de la lumière (La lumière est l'ensemble des ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde de 380nm...) sur la glace et Ross est blessé en se faisant coincer entre un bateau (Un bateau est une construction humaine capable de flotter sur l'eau et de s'y déplacer, dirigé ou non par ses occupants. Il répond aux besoins...) et un morceau de banquise (La banquise est une étendue de mer gelée. Elle se forme durant l'hiver polaire, lorsque la température de l'eau de mer descend en dessous de -1,9°C. Au cœur de l'hiver, l'épaisseur de glace peut...). L'expédition, gravement ralentie n'atteint pas le degré (Le mot degré a plusieurs significations, il est notamment employé dans les domaines suivants :) 83 de latitude (La latitude est une valeur angulaire, expression du positionnement nord-sud d'un point sur Terre (ou sur une autre planète), au nord ou au sud de l'équateur.) nord et Parry rebrousse chemin le 26 juillet, démoralisé après avoir découvert qu'en cinq jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons...) ils n'avaient gagné qu'un kilomètre et demi. Néanmoins, la latitude record de 82° 45' atteinte tiendra jusqu'en 1875, bien qu'étant à environ 500 milles du pôle. Le 6 octobre 1827, Ross a ramené le navire dans la Tamise (La Tamise (en anglais River Thames) est un fleuve traversant l'Angleterre méridionale et reliant Londres à la mer du Nord.) après que Parry l'eut quitté aux Orcades (Les Orcades (Orkney Islands en anglais) sont un archipel situés au nord de l'Écosse. Cet archipel compte 67 îles légèrement vallonnées, dont 16...).

William Edward Parry prend sa retraite militaire peu après pour devenir hydrographe et Ross se retrouve l'officier le plus expérimenté en milieu polaire. Ross est promu commandant le 8 novembre 1927 et devient membre de la Royal Society le 11 décembre 1828.

L'expédition privée de John Ross

L'archipel arctique canadien sur une carte moderne.

Son oncle John Ross prépare une expédition financée par des fonds privés pour enfin découvrir le passage du Nord-Ouest. Le bateau à vapeur (Un bateau à vapeur ou pyroscaphe est un bateau dont la motorisation est assurée par une machine à vapeur.) à roues (La roue est un organe ou pièce mécanique de forme circulaire tournant autour d'un axe passant par son centre.) à aubes Victory appareille d'Écosse le 13 juin 1829 avec en remorque (Une remorque est un véhicule (généralement dépourvu de moteur) que l'on attelle à un autre véhicule, dit tracteur, pour le...) le tender Krusenstern. Après un arrêt sur la côte ouest du Groenland (Le Groenland (prononcez /gʁɔɛn.lɑ̃d/, écrit Groënland dans la graphie française d'avant 1850, Grønland en danois (« terre...), l'expédition file à l'Ouest jusqu'à la crique du Prince Regent où les restes du HMS Fury permettent de se ravitailler. Là encore, le bateau peine à se mouvoir et doit se résigner à hiverner à Felix Harbour.

Durant cet hiver, James Clark Ross explore les terres et découvre que la terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus...) où il se trouve est, comme le lui avait dit les autochtones inuits, une péninsule et non une île malgré son espoir de la contourner par le côté nord ou le côté sud. Il traversa le détroit, qui porte aujourd'hui son nom, entre cette péninsule et la future île du Roi-Guillaume découvrant ainsi l'île Matty et le cap Felix.

John Ross nomme la péninsule « Boothia » en l'honneur de Felix Booth, le dirigeant britannique d'une distillerie de gin qui finance son expédition. John Ross rencontre une importante communauté inuite qu'il a décrite comme vivant dans des « snow cottages » (littéralement des « chalets de neige », c'est-à-dire les igloos). Ces premiers contacts seront primordiaux pour la survie de l'expédition et les observations ethnologiques faites seront d'importance. En effet, la glace ne permet pas au Victory de bouger lors de l'été 1830, obligeant à un nouvel hivernage. John Ross découvre lors de ce second hiver le moyen de se prémunir du scorbut, c'est-à-dire en mangeant beaucoup de gras selon le régime alimentaire (Pour les régimes alimentaires d'ordre culturel pratiqués par l'Homme voir pratique alimentaire; Pour les régimes visant à...) des Inuits qui s'étaient installés près du bateau.

Le 1er juin 1831, James Clark Ross parvient, au cours d'une virée à terre de 28 jours, à situer le pôle Nord magnétique (Le pôle Nord magnétique de la Terre est un point errant unique sur la surface où le champ magnétique terrestre pointe vers le bas. C'est-à-dire que le « dip »...) sur un point (Graphie) de la côte ouest de la péninsule Boothia, érige l’Union Jack et un cairn et nomme la terre « île du Roi-Guillaume » en l'honneur de Guillaume (Guillaume est un prénom masculin d'origine germanique. Le nom vient de Wille, volonté et Helm, heaume, casque, protection.) IV du Royaume-Uni. La découverte est d'importance car elle permet aux navigateurs du monde (Le mot monde peut désigner :) entier d'utiliser leur boussole (Une boussole est un instrument de navigation constitué d’une aiguille magnétisée qui s’aligne sur le champ magnétique de la Terre. Elle indique ainsi le nord magnétique, à ne pas...) avec une plus grande précision.

Illustration des igloos des Inuits de Boothia dans un des livres de John Ross.

Encore une fois, le Victory ne peut bouger lors de l'été suivant, décidant John Ross à abandonner son navire dès que les conditions climatiques se feraient plus clémentes, jusqu'à Fury Beach. Cependant, malgré cela, un quatrième hivernage doit être pris à la crique du Prince Regent où un abri est bâti. Les chaloupes abandonnées du HMS Fury échoué sont réparées et le 14 août 1833, la mer se dégage lentement, permettant à l'expédition d'être récupérée en mer, le 26 août par le baleinier (Un baleinier est un navire utilisé pour la pêche à la baleine, équipé pour la capture (en utilisant des harpons) et le traitement de la chair. Le mot désigne aussi un membre de l'équipage d'un...) HMS Isabella. Coïncidence, il s'agit du navire que pilotait John Ross à sa première expédition.

À leur retour en Angleterre, le roi Guillaume IV du Royaume-Uni reçoit les deux Ross. Les membres de l'expédition sont les premiers à survivre pendant une aussi longue période dans l'Arctique, tout en ayant limité les pertes humaines à trois hommes James Clark Ross reçoit le 28 octobre 1834 une promotion au grade de capitaine de vaisseau (post-captain) et est affecté au HMS Victory basé à Portsmouth. Il est remercié officiellement par la « Court of Common Council » de la municipalité de Londres et reçoit en présent une médaille plaquée en argent (L’argent ou argent métal est un élément chimique de symbole Ag — du latin Argentum — et de numéro atomique 47.) des membres de l’Arctic Land Expedition, un des groupes qui s'était organisé pour effectuer une opération de recherche et de sauvetage de l'expédition si elle n'était pas revenue. Son oncle John Ross est également unanimement félicité et devient notamment consul de Grande-Bretagne (La Grande-Bretagne (en anglais Great Britain) est une île bordant la côte nord-ouest de l'Europe continentale. Elle représente la majorité du...) en Suède de 1839 à 1846 et se lancera dans une dernière expédition. John Ross s'exprime publiquement sur la faiblesse du moteur (Un moteur (du latin mōtor : « celui qui remue ») est un dispositif qui déplace de la matière en apportant de la puissance. Il effectue ce travail à partir d'une énergie...) du Victory, ce qui lui vaut un duel par médias (On nomme média un moyen impersonnel de diffusion d'informations (comme la presse, la radio, la télévision), utilisé pour communiquer. Les médias permettent de diffuser une...) interposés avec le fabricant.

L'étude sur le magnétisme

Avec sa découverte dont il tire le livre On the position of the North Magnetic Pole (1834), James Clark Ross s'impose comme une autorité sur le magnétisme terrestre, si bien qu'il est chargé de diriger une étude magnétique en Grande-Bretagne. Elle se déroule de 1835 à 1838 mais est interrompue en décembre 1835 où Ross est désigné pour prendre le commandement du HMS Cove dans une mission de secours à onze baleiniers bloqués en mer par la glace dans le détroit de Davis. Quand il parvient là-bas, en janvier 1836, une partie des pêcheurs ont déjà pu se dégager. Il peut donc reprendre son étude en août.

Avec huit hivers et quinze saisons en mer dans les régions de l'Arctique, il dispose d'une expérience inégalée. On lui doit d'être anobli pour ses services rendus mais, pour une raison inconnue, il refuse.

L'expédition scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les...) de James Clark Ross

Le HMS Erebus et le HMS Terror, les navires de Ross lors de l'expédition scientifique de 1839 à 1843.

Fort de son expérience des missions polaires, de la navigation à travers le « pack » et de ses connaissances sur le magnétisme, Ross est choisi pour accomplir le dernier souhait de John Barrow, second de l'Amirauté, pour commander entre 1839 et 1843 l'exploration (L'exploration est le fait de chercher avec l'intention de découvrir quelque chose d'inconnu.) scientifique des navires HMS Erebus (370 tonnes) et HMS Terror (340 tonnes) dans les latitudes extrêmes du Sud de la Terre. Les deux navires sont d'anciennes bombardes gréées en trois-mâts (Un trois-mâts est un navire à voile comportant trois mâts. Il s'agit du gréement courant pour les navires avant l'arrivée de la propulsion à la...) barques et à la coque renforcée. Ce type de navire peu commun dispose d'une coque épaisse développée (En géométrie, la développée d'une courbe plane est le lieu de ses centres de courbure. On peut aussi la décrire comme l'enveloppe de la famille des droites normales à la courbe.) à l'origine pour encaisser le recul des tirs des mortiers qu'il transporte.

L'expédition a pour but, sous le parrainage de la Royal Society, d'étudier le magnétisme terrestre, afin de confronter la formule de Carl Friedrich Gauss (Johann Carl Friedrich Gauß (traditionnellement transcrit Gauss en français) (30 avril 1777 — 23 février 1855) est un mathématicien, astronome et physicien allemand. Doté d'un grand...) permettant de donner les éléments du champ magnétique terrestre (La Terre possède un champ magnétique produit par les déplacements de son noyau externe – composé essentiellement de fer et de nickel en fusion conducteurs – qui se comporte comme une...) indépendamment de la zone géographique avec des mesures de terrain comme le préconise le géographe Alexander von Humboldt (Friedrich Heinrich Alexander, Baron von Humboldt, plus connu sous le nom d'Alexander von Humboldt ou Alexandre de Humboldt, est un naturaliste, géographe et explorateur allemand, né le 14 septembre 1769...). L'équipage est composé de militaires dont les médecins et naturalistes Robert McCormick, John Robertson et David Lyall, seul le naturaliste Joseph Dalton Hooker est civil. Francis Crozier est en charge du second navire.

Les précédents voyages de James Cook, notamment celui de 1772-1775 à bord des charbonniers HMS Resolution et HMS Adventure, avaient permis d'avoir une quasi-certitude que si un continent (Le mot continent vient du latin continere pour « tenir ensemble », ou continens terra, les « terres continues ». Au sens propre, ce terme désigne une vaste étendue continue de...) austral (Le mot austral (du latin australis) est un adjectif qualifiant ce qui se situe dans l'hémisphère sud.) existait, il ne se trouvait pas proche d'une voie facilement navigable.

Trajet des deux navires.

Les navires, particulièrement bien équipés, quittent le Royaume-Uni le 19 septembre 1839, font escale (Une escale est un arrêt marqué par un véhicule de transport durant un trajet au long cours. Dans sa dimension technique, elle a...) et explorent les îles Kerguelen en 1840, puis gagnent la Tasmanie (La Tasmanie est une île d'Océanie et un État australien, située à 240 km de la côte Sud-Est du continent australien dont elle est séparée par le détroit de Bass....) pour y faire construire un observatoire magnétique avant de rejoindre l'Antarctique. Pendant la traversée, un ouragan sépare les deux navires et le bosco de l’Erebus disparaît en mer.

À Hobart à l'automne austral 1840, il arrive trop tard pour revendiquer être le premier explorateur à avoir posé le pied en Antarctique, le Français Jules Dumont d'Urville ayant déclaré avoir atteint à bord de l’Astrolabe et de La Zélée ce qu'il nommera la Terre Adélie. De plus, le gouverneur de Tasmanie John Franklin le prévient que l'expédition de l'Américain Charles Wilkes prévoie de naviguer dans la même zone que celle que prévoyait de visiter Ross. Il choisit donc bon gré mal gré le secteur du méridien (En géographie, un méridien est un demi grand cercle imaginaire tracé sur le globe terrestre reliant les pôles géographiques. Tous...) 170 pour ne pas interférer avec les autres expéditions, ce qui lui permettra de faire des découvertes spectaculaires.

Après le départ du port d'Hobart en novembre 1840, l'entrée dans le pack se fait début janvier. Le cap Adare au 71° est atteint et l'eau exceptionnellement libre permet aux navires de poursuivre plus au Sud en longeant la Terre Victoria jusqu'à dépasser le record de latitude de James Weddell. Cependant les navires sont stoppés fin janvier à 77° 10', au niveau d'une baie, après un de leurs parcours en mer par une barrière de glace. La mer et la barrière porteront le nom de Ross et la baie est nommée « détroit de McMurdo » en l'honneur d'Archibald McMurdo, lieutenant de Ross sur le HMS Terror. Une île est découverte mais Ross pense qu'elle est liée à la Terre Victoria et ne lui donne pas de nom. Ce n'est que bien plus tard, au cours de l'expédition Discovery (1901-1904) que l'explorateur Robert Falcon Scott lui donne le nom d'« île de Ross ». Cette île sera, pour de nombreuses expéditions polaires, un point de départ. Deux des trois volcans de l'île sont découverts et baptisés selon la coutume qui veut que les bombardes d'exploration donnent leurs noms aux volcans : le mont Erebus (Le mont Erebus est un volcan d'Antarctique situé sur l'île de Ross, dans la mer de Ross, ce qui en fait le volcan en activité le plus austral du monde. Il est remarquable du...) (3 794 m), le volcan (Un volcan est un relief terrestre, sous-marin ou extra-terrestre formé par l'éjection et l'empilement de matériaux issus de la montée d'un magma sous forme de lave et de tephras tels que les cendres. Ce magma provient de la...) actif le plus proche du pôle Sud, et le mont Terror (3 230 m), endormi. Le 6 avril 1841, les navires rentrent à Hobart et se préparent à repartir avec l'objectif d'étudier la barrière de Ross.

Ce deuxième voyage de l'expédition est rapidement annulé à cause du temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.). Ross tente d'étudier la grande barrière de corail (Le corail est un animal de l'embranchement des Cnidaires, vivant généralement en colonies d'individus (les polypes), construisant tout au long de leur vie un squelette extérieur à partir...) en novembre 1841 puis hiverne aux îles Malouines face aux conditions climatiques désastreuses. Le troisième voyage est fait en mer de Weddell mais arrivés en mars 1843 les navires ne percent qu'à 71° 30' et font demi-tour.

La barrière de Ross, en 1997

L'expédition, notamment sa première partie, permet donc de cartographier une grande partie de la côte du continent et de faire un grand nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de découvertes. Cependant après ces trois tentatives, Ross doit admettre que le pôle Sud magnétique se situe à l'intérieur des terres et qu'il ne pourra pas l'atteindre. C'est aussi au cours de ce voyage que Ross réalise les premiers sondages à grande profondeur, jusqu'à 4 000 m, au moyen de cordages. Ross fera son possible lors de ces quatre années, pour que le naturaliste Joseph Dalton Hooker puisse travailler à son aise mais certains des spécimens biologiques récoltés, non traités à temps, se décomposeront et seront perdus.

Court retour au Royaume-Uni

En septembre 1843, à son retour au Royaume-Uni, il accepte finalement d'être fait « chevalier » et se marie à Ann Coulman le 18 octobre 1843 assurant à sa nouvelle femme de ne plus faire d'expédition. Le livre The Zoology of the Antartic Voyage of HM Ships Erebus and Terror (La Zoologie du voyage antarctique des navires Erebus et Terror), publié en 1843 par J.E. Gray et John Richardson, donne la première description de référence du manchot empereur (Le Manchot empereur (Aptenodytes forsteri), oiseau endémique de l'Antarctique, est le plus grand et le plus lourd de tous les manchots. Le mâle et la femelle ont un plumage similaire et sont de même taille, atteignant...). Faute d'observations scientifiques, cet animal (Un animal (du latin animus, esprit, ou principe vital) est, selon la classification classique, un être vivant hétérotrophe, c’est-à-dire qu’il se nourrit de...) fut considéré plusieurs décennies comme la forme transitionnelle probable entre reptiles et oiseaux.

Il vit cinq années à Aylesbury et a quatre enfants puis écrit A Voyage of Discovery and Research to Southern and Antarctic Regions (Un voyage de découverte et d'étude des régions australes et antarctiques), publié en 1847.

Il faudra près de cinquante ans pour que l'Antarctique, malgré ses découvertes, ne soit réellement remis au centre des attentions des explorateurs, notamment par l'exploration de sa surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent...). Seuls les baleiniers et les phoquiers suivront ses traces (TRACES (TRAde Control and Expert System) est un réseau vétérinaire sanitaire de certification et de notification basé sur internet sous...) durant cette période.

À la recherche de John Franklin

John Franklin

Il est élu à la Royal Society en 1848 et part, malgré sa promesse, à la recherche de l'ancien gouverneur de Tasmanie John Franklin. Franklin tentait lui aussi de trouver le passage du Nord-Ouest dans une troisième tentative personnelle à bord des navires utilisés par Ross lors de sa grande expédition. John Ross, l'oncle de James Clark Ross est l'un des premiers à s'inquiéter publiquement du non-retour de Franklin. James Clark Ross navigue en tant que capitaine du HMS Enterprise et est accompagné du HMS Investigator. Une forte récompense est promise à celui qui le retrouvera et une quarantaine (La quarantaine (venant de l'italien : quaranta giorni, qui signifie 40 jours, ou bien du français : quarantaine de jours) est le fait de mettre à l'écart des...) de bateaux se lancent également à la recherche de l'expédition de Franklin. Malgré un hivernage, la recherche de Ross est infructueuse et il retourne en Angleterre en 1849.

Parmi les hommes qui l'accompagnaient dans cette mission de recherche se trouvait notamment Robert McClure, qui prouvera plus tard l'existence du passage du Nord-Ouest, et Francis Leopold McClintock qui trouvera bien plus tard les restes de l'expédition de Franklin. Les esquimaux permettent grâce à leurs indications de cibler les recherches, lesquelles se portent sur l'embouchure de la « Great Fish River » (la rivière (En hydrographie, une rivière est un cours d'eau qui s'écoule sous l'effet de la gravité et qui se jette dans une autre rivière ou dans un fleuve, contrairement au fleuve qui se jette, lui, selon cette terminologie,...) Back dans le Nunavut actuel).. Un cairn est retrouvé dix ans après le départ de Franklin, avec des messages écrits qui permettent de retracer le parcours de l'expédition. Les trois ans de vivres de Franklin auraient été mal mises en conserve, des défauts dans leur soudure au plomb (Le plomb est un élément chimique de la famille des cristallogènes, de symbole Pb et de numéro atomique 82. Le mot et le symbole viennent du latin plumbum.), rendant les produits non hermétiques source de saturnisme (Le saturnisme est le nom de la maladie correspondant à une intoxication aiguë ou chronique par le plomb. Il est ainsi appelé en référence à la planète Saturne, symbole...) et de botulisme (Le botulisme (du latin botulinus, « boudin ») est une maladie paralytique rare mais grave due à une neurotoxine bactérienne, la toxine botulique...). Lui et ses 129 hommes moururent après que leur navire fut bloqué par la glace, certains ayant même tenté de rejoindre la civilisation par la terre.

En 1856, Ross est fait contre-amiral de la Royal Navy. Sa femme meurt en 1857 et il meurt également quelques années plus tard le 3 avril 1862 à Aylesbury.

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