Infection nosocomiale
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Introduction

Les infections nosocomiales sont les infections contractées dans un établissement de santé.

Le terme nosocomial vient du grec nosous, maladie et de komein soigner .

Une infection est dite nosocomiale ou hospitalière, si elle est absente lors de l'admission du patient (Dans le domaine de la médecine, le terme patient désigne couramment une personne recevant une attention médicale ou à qui est prodigué un soin.) à l'hôpital (Un hôpital est un lieu destiné à prendre en charge des personnes atteintes de pathologies et des traumatismes trop complexes pour pouvoir être traités à...) et qu'elle se développe 48 heures (L'heure est une unité de mesure  :) au moins après l'admission. Ce délai (Un délai est d'après le Wiktionnaire, « un temps accordé pour faire une chose, ou à l’expiration duquel on sera tenu...) permet de distinguer une infection d'acquisition (En général l'acquisition est l'action qui consiste à obtenir une information ou à acquérir un bien.) communautaire d'une infection nosocomiale (Les infections nosocomiales sont les infections contractées dans un établissement de santé.). Ce critère ne doit pas être appliqué sans réflexion et il est recommandé d'apprécier, dans les cas douteux, la plausibilité du lien causal entre hospitalisation et infection.

Le délai de 48h s'allonge jusqu'à 30 jours dans le cas d'infections de site opératoire, et jusqu'à un an s'il y a mise en place de matériel prothétique. Autrement dit, toute infection survenant sur une cicatrice (Une cicatrice est la partie visible d'une lésion du derme après que le tissu se soit réparé, suite à une incision...) chirurgicale dans l'année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) suivant l'opération, même si le patient est sorti de l'hôpital, peut être considérée comme nosocomiale.

Généralités

L'augmentation des infections nosocomiales est en partie liée aux progrès diagnostiques et thérapeutiques de la médecine : la prise en charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement ou un bénéfice non...) de patients de plus en plus fragiles, notamment atteints de déficit congénital de l'immunité ou, le plus souvent, d'un déficit acquis par l'administration de médicaments immunosuppresseurs.

Il faut cependant relativiser cette affirmation d'augmentation : entre l'enquête française de prévalence de 1996 et celle de 2001, bien que la comparaison des résultats soit difficile, on observe une diminution de 13 % de la prévalence des infections nosocomiales.

Les nouveau-nés, les prématurés et les personnes âgées sont particulièrement sujets aux infections nosocomiales.

Les techniques invasives utilisées dans les hôpitaux pour le diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de δια-, dia-, „par, à travers, séparation, distinction“ et γν?ση,...), la surveillance et le traitement ouvrent souvent de nouvelles portes à l'infection : sonde (Une sonde spatiale est un vaisseau non habité envoyé par l'Homme pour explorer de plus près des objets du système solaire et, pour certaines, l'espace qui est au-delà. Cela couvre à la fois...) urinaire à demeure, mesure de la pression (La pression est une notion physique fondamentale. On peut la voir comme une force rapportée à la surface sur laquelle elle s'applique.) veineuse centrale, perfusions de toute nature, implantation (Le mot implantation peut avoir plusieurs significations :) de prothèses…

Les infections nosocomiales ne sont donc pas toutes évitables, même si près de la moitié de ces infections peuvent être prévenues par des moyens simples, comme le lavage des mains et une formation continue (La formation continue (formation continuée en Belgique) est le secteur de la formation qui concerne ceux qui ont quitté la formation initiale.) adaptée.

Épidémiologie

En France

En 1990, parmi 11 599 patients d’un échantillon (De manière générale, un échantillon est une petite quantité d'une matière, d'information, ou d'une solution. Le mot est utilisé dans différents domaines :) de 39 hôpitaux de court séjour dans 16 départements; la prévalence des patients infectés était de 6,7 % et celle des infections nosocomiales (IN) de 7,4 %, (certains patients ayant contracté deux IN, voire plus) .

En 1996, une première enquête nationale de prévalence (ENP) couvrait 236 334 patients dans 830 établissements de santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) (ES) publics et privés. La prévalence des patients infectés était de 6,7 %, comme dans l’enquête de 1990, et celle des IN de 7,6 %

En 2001, une deuxième ENP était proposée à tous les ES publics et privés sous l’égide du Réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit...) d’alerte, d’investigation et de surveillance des infections nosocomiales (Raisin). Cette enquête a inclus 305 656 patients dans 1 533 établissements (78 % des lits d’hospitalisation). La prévalence des patients infectés était de 5,9 % et celle des IN de 6,4 %

Le jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil...) de l’ENP des IN de juin 2006, 17 817 des 358 353 patients avaient une ou plusieurs IN actives, soit une prévalence nationale des patients infectés de 4,97 % ; 19 294 IN étaient recensées, soit une prévalence nationale des IN de 5,38 %.

Bien que les résultats de ces enquêtes ne soient pas directement comparables en raison des différences d’échantillonnage, la baisse des prévalences des IN en France est néanmoins réelle. Par exemple, si on se restreint aux IN acquises et aux ES ayant participé aux deux enquêtes nationales de 2001 et 2006, la prévalence des patients infectés a diminué de 4,61 % en 2001 à 4,25 % en 2006 (- 8 % globalement au niveau national).

En 2006, les infections urinaires représentaient 30,3 % des pathologies nosocomiales suivies par les pneumopathies (14,7 %), les infections du site opératoire (14,2 %).les infections de la peau (La peau est un organe composé de plusieurs couches de tissus. Elle joue, entre autres, le rôle d'enveloppe protectrice du corps.) et des tissus mous (10,2 %), les autres infections respiratoires (6,8%) et les bactériémie/septicémies (6,4 %).

Les infections nosocomiales compliquent 5 à 19 % des admissions dans les hôpitaux généraux et jusqu'à 30 % des patients en soins intensifs. En moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des membres de l'ensemble s'ils étaient tous...), ces infections prolongent l'hospitalisation de 4 à 5 jours. Les patients admis en réanimation (La réanimation est une discipline médicale qui s'attache à prendre en charge les patients présentant ou susceptibles de présenter une ou plusieurs défaillances viscérales...) sont particulièrement susceptibles en raison de leur exposition à divers dispositifs invasifs. Parmi les patients adultes hospitalisés en réanimation plus de 2 jours dans les services participant au Réseau Raisin, 14,4 % ont présenté au moins une infection en 2007. Les taux étaient de 13,5 % en 2004, 14,6 % en 2005 et 14,1 % en 2006.

On estime qu'il y a environ 9 000 morts par an, mais dans seulement 4 200 cas, le pronostic vital n'était pas engagé avant la déclaration de la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.).

En Italie

En Italie, les maladies nosocomiales concernaient dans les années 2000 environ 6,7 % des personnes hospitalisées, soit 450 000 et 700 000 victimes, causant entre 4 500 et 7 000 morts.

À la polyclinique Umberto-Ier où les conditions d'hygiène (L'hygiène est un ensemble de mesures destinées à prévenir les infections et l'apparition de maladies infectieuses. Elle se base essentiellement sur trois actions :) se sont révélées désastreuses en 2006, le taux d'infection dépassait 15 %.

Aux États-Unis

Aux États-Unis, on estime que 10 % des patients hospitalisés sont victimes d'une infection nosocomiale, soit 2 millions de patients par an.

Cela a représenté 88 000 morts en 1995, et un coût allant de 4,5 à 11 milliards de dollars. Un tiers des maladies nosocomiales seraient évitables.

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