Le Fouta-Toro ou Fouta Toro (parfois Fuuta Tooro) est une région du nord du Sénégal bordant la rive gauche du fleuve Sénégal entre Dagana et Bakel. Les habitants du Fouta-Toro sont appelés les Foutankobé (Foutanké au singulier).
Le Fouta-Toro était un royaume de la vallée du fleuve Sénégal, sur le Sud de l'actuelle Mauritanie et le Nord de l'actule Senegal où avait été fondé plus anciennement le royaume du Tekrour.
Sous l'empire du Ghana – donc à l'époque du Tekrour –, le Fouta-Toro était le plus grand foyer de population au Sénégal. À ce moment-là bon nombre d'ethnies, notamment les Sérères, ne vivaient que en ce lieu bien avant leurs migrations, c'est pourquoi ils sont présents dans ces régions aujourd'hui. Au commencement le Fouta était dirigé par diverses dynasties d'origine mandingue, notamment malinké, sarakhollé et sérère, qui se sont succédé de la chute de l'empire du Ghana jusqu'à l'arrivée du guerrier conquérant d'origine peulh et mandingue, Koli Tenguella. Les Sérères, qu'on retrouve aujourd'hui au Fouta-Toro surtout dans la branche sociale des Subalbe, ou Cuballo au sing, la caste des pêcheurs maîtres du fleuve, sont d'après la tradition, les plus anciens habitants du Fouta-Toro, ainsi que les Tekrouri, qu'on allait plus tard appeler Toucouleurs, puis viennent les Peuls et les Mandingues.
C'est au milieu du XVIe siècle que Koli Tenguella entre dans l'histoire du Fouta, en renversant les différentes dynasties. Il créa et installa la dynastie des Deniankobé ou Denianke, une dynastie d'origine peul et mandingue. Tres attachés a la spiritualité traditionnel, les Déniankobé était de la classe social noble des Ceddo ou Sebbe. Koli Teŋella réussit à reprendre les terres prises par l'empire du Djolof, affaibli par ses luttes avec le Cayor qui voulait se libérer de l'emprise du Djolof. Il réussit également à défaire le lien de vassalité qu'exerçait le royaume de Diara, qui était lui même vassal de l'empire songhai, sur le Fouta. Sa dynastie dura jusqu'à l'année 1776. C'est sous son règne que le royaume prit le nom de Fouta-Toro.
En 1776, les Toucouleurs, en très grande partie islamisés depuis l'empire du Ghana, renversèrent la dynastie des Deniankobé en faisant la guerre sainte. Les Toucouleurs étaient dirigés par le toroodo Souleymane Baal. Il créa ce qu'on appelle la révolution toroodo. Souleymane Baal fut vite remplacé par le marabout toroodo Abdoul Kader Kane, qui lança des djihads dans divers royaume au Sénégal, mais qui fut vaincu par le damel du Cayor au début du XIXe siècle. Les Toroodos étaient très intolérants vis-à-vis de ceux qui pratiquaient la religion traditionnel. L'islam est déclarée religion d'État du Fouta et celui-ci devient un almamyat. Les Toroodos, d'origines ethniques diverses, abolirent l'exportation d'esclaves mais pas l'esclavage local. Du moins sous le pouvoir des deux premiers almamys. Ils souhaitaient une société égalitaire et islamisée. Durant le règne des Torooros, le roi du Fouta-Toro portait le titre d'almamy. Il devait être un savant musulman, un grand marabout. Apres la réussite de Souleymane Baal, Les almamys étaient sans cesse renversés, les toroodo étaient connus pour leurs éternels désaccords, ils étaient divisés en plusieurs clans rivaux, ils ont répandu l'anarchie au Fouta. El Hadji Omar Foutihou Tall, né au Fouta près de Podor dans le village de Halwar, était un Toucouleur d'origine Mabo (tisserands). Il décida de partir faire la guerre sainte a l'est, au mali, apres ses multiples échecs au Fouta avec les colons français. C'est avec cette caste toroodo que le royaume du Fouta-Toro prit fin avec la colonisation française à la fin du XIXe siècle.