Euthanasie - Définition et Explications

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Arguments pour et contre l'euthanasie

Arguments invoqués pour la dépénalisation ou la légalisation

  • Fin de la souffrance : si les douleurs sont actuellement bien prises en compte et souvent calmées de manière efficace, en particulier dans les services de soins palliatifs, il persiste des souffrances importantes qui ne sont pas des douleurs. Ainsi :
    • la perte progressive du contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) sur son propre corps, comme dans le cas de maladies neurodégénératives,
    • la sensation d'étouffement,
    • la déformation de son corps, et surtout de son visage,
    • la perte définitive de son autonomie.

Même s'ils s'efforcent de prendre également en compte la souffrance, les soins palliatifs ne peuvent pas toujours l'apaiser complètement (Le complètement ou complètement automatique, ou encore par anglicisme complétion ou autocomplétion, est une fonctionnalité informatique permettant à l'utilisateur de limiter la quantité...), et l'euthanasie (À l'origine, l'euthanasie (gr: ευθανασία - ευ, bonne, θανατ mort) désigne l'acte mettant fin à la vie d'une autre personne pour lui...) reste une porte de sortie.

  • Effectuer une euthanasie dans un cadre médicalisé évite la clandestinité du geste et permet de limiter certaines dérives.
  • Vision de la dignité humaine (comme le remarque le philosophe Simon Blackburn, cet argument est souvent invoqué par les militants « pro-vie » et opposés à l'euthanasie, mais peut tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) aussi bien être retourné contre eux  : selon lui, il est impossible de « fonder l'interdiction [de l'euthanasie] sur le respect de la vie (La vie est le nom donné :) (sans parler du respect de la dignité), puisque ce qu'elle [l'interdiction] requiert réellement ce n'est pas le respect envers la vie mais le respect envers l'acte de mourir - c'est-à-dire, le fait de traiter comme sacro-sainte la procédure souvent intolérable, sans aucune dignité, cruelle et douloureuse de notre dissolution naturelle »)
    • la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) est perçue comme une dégradation inacceptable par le patient (Dans le domaine de la médecine, le terme patient désigne couramment une personne recevant une attention médicale ou à qui est prodigué un soin.);
    • la maladie peut entraîner des altérations des facultés psychiques (raison et volonté en particulier) sur lesquelles reposent les valeurs morales de l'Occident ;
    • dépendance très importante ou totale de l'aide d'autrui.
    • sentiment d'inutilité sociale.
  • Vision de la liberté de l'être humain
    • l'être humain est seul titulaire des droits associé à son corps, seul maître de sa vie ; c'est la simple application de la liberté individuelle. Il doit être le seul à décider de ce qu'il veut faire de son corps mais aussi de son esprit, c’est-à-dire de ce qui fait qu'il existe en tant qu'être humain.
    • liberté de choix du malade, qui sait mieux que quiconque ce qu'il désire.
  • Conception utilitariste de la morale : l'utilitarisme permet, et éventuellement promeut, le sacrifice de certains au profit du plus grand nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».). Dans cette optique (L'optique est la branche de la physique qui traite de la lumière, du rayonnement électromagnétique et de ses relations avec la vision.), il est considéré comme légitime d'optimiser l'utilisation des ressources médicales en privilégiant les patients dont la vie peut être sauvée, et de considérer comme un fardeau les ressources destinées à maintenir en vie des gens qui ne peuvent plus rien apporter à la société. Cette conception est notamment défendue en Suisse par le président du parti démocrate-chrétien (PDC), Christophe Darbellay.

Arguments contre la dépénalisation

  • Raisons d'ordre moral : pour de nombreuses personnes, il existe un interdit général du meurtre voire du suicide (Le suicide (du latin suicidium, du verbe sui caedere « se massacrer soi-même ») est l’acte délibéré de mettre fin...) qui s'applique à l'euthanasie. Il est basé sur l'idée d'inviolabilité de la vie humaine, qui peut s'appuyer sur des références religieuses. Par exemple, les fidèles des trois monothéismes considèrent la vie humaine comme un don de Dieu, dont l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est...) n'a pas la libre disposition. Pour les Chrétiens ou les Juifs l'homme étant en outre créé à l'image de Dieu, sa vie est sacrée et ne diminue pas en dignité en cas d'incapacité.
  • Incompatibilité avec une certaine vision de la pratique des personnels soignants, telle qu'elle apparaît dans les différentes versions du serment d'Hippocrate (Hippocrate le Grand ou Hippocrate de Cos (en grec : Ἱπποκράτης), né vers 460 av. J.-C dans l’île de Cos...).
  • Inutilité : une partie des médecins estime que les progrès en matière (La matière est la substance qui compose tout corps ayant une réalité tangible. Ses trois états les plus communs sont l'état solide, l'état...) de traitement de la douleur (La douleur est la sensation ressentie par un organisme dont le système nerveux détecte un stimulus nociceptif. Habituellement, elle correspond à...) et de la souffrance (soins palliatifs) rendent l'euthanasie inutile. Ainsi la forte baisse des cas d'euthanasie aux Pays-Bas entre 2001 et 2005 est attribuée par la majorité des médecins à l'amélioration des soins palliatifs.
  • En cas d'incapacité de décider (inconscience, lourd handicap (On nomme handicap la limitation des possibilités d'interaction d'un individu avec son environnement, causée par une déficience qui provoque une incapacité, permanente ou non et qui mène à un stress et...) mental, démence (La démence (du latin demens) est une réduction acquise des capacités cognitives suffisamment importante pour retentir sur la vie de la personne et entraîner une perte d'autonomie....) etc.), la décision doit être prise par quelqu'un d'autre.
  • Mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant par exemple la mort des étoiles). Chez...) par empoisonnement, parfois très pénible qui prive l'euthanasié et ses proches de vivre des moments jugés essentiels qui peuvent précéder la mort naturelle.
  • Tout suicide peut-être vu comme un drame personnel et un échec pour la société.
  • Les personnes favorables à l'euthanasie changeraient souvent d'avis (Anderlik-Varga-Iskola-Sport (Anderlik-Varga-Ecole-Sport) fut utilisé pour désigner un projet hongrois de monoplace de sport derrière lequel se...) quand elles deviennent malades.
  • Risque de dérapage :
    • pressions financières sur le malade à cause du coût élevé des soins pour les proches ;
    • pressions financières pour les plus pauvres, qui risquent de « préférer » mourir rapidement ;
    • intérêt financier de l'établissement hospitalier : une personne très malade coute cher (pathologies multiples, soins lourds), l'accélération (L'accélération désigne couramment une augmentation de la vitesse ; en physique, plus précisément en cinématique, l'accélération est une...) de l'inéluctable allège donc ses charges.
    • pressions morales de la part des proches ou de la société : quelle est la liberté réelle de celui qui se sent « de trop » ? ;
    • difficulté de changer d'avis à partir d'un certain point (Graphie) (inconscience) ;
    • interférence (En mécanique ondulatoire, on parle d'interférences lorsque deux ondes de même type se rencontrent et interagissent l'une avec l'autre. Ce phénomène apparaît souvent en optique...) fréquente entre les notions de souffrance du patient et de souffrance de l'entourage ;
  • Risque de dérive :
    • eugénisme, sélection des individus par rapport à une conception de la vie bonne ;
    • par suite, peut devenir un instrument de domination sociale ;
    • mobile pécuniaire (les héritiers peuvent en profiter pour accélérer un héritage) ;
    • à partir du moment où l’on ouvre la porte à l’euthanasie, elle s’impose comme solution de facilité, moins coûteuse et plus rapide, et on constate que les soins palliatifs sont délaissés.
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