Escadron de chasse 3/3 Ardennes - Définition et Explications

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Introduction

Insigne de l'escadron
Escadron de chasse 3/3 Ardennes
Type assaut conventionnel tout temps
Statut actif
Date création 10 octobre 1943
Date dissolution
Base Base aérienne 133 Nancy-Ochey (La Base Aérienne 133 Nancy-Ochey de l'Armée de l'air française est située au sud de Toul et à l'ouest de Nancy dans le département de la Meurthe-et-Moselle ( 48°35.01′N 5°57.18′E / 48.5835, 5.953 ).)
Appareil Mirage 2000D

L'Escadron de Chasse 3/3 "Ardennes" est une unité de combat de l'Armée de l'air (L'air est le mélange de gaz constituant l'atmosphère de la Terre. Il est inodore et incolore. Du fait de la diminution de la pression de l'air avec...) française. Actuellement installée sur la Base aérienne (Une base aérienne est une base militaire d'une armée de l'air. Il s'agit généralement d'un aéroport militaire disposant de pistes, d'un tarmac, d'un centre de contrôle du trafic...) 133 Nancy-Ochey, elle est équipée de Mirage 2000D, biplace d'assaut conventionnel tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.).

La devise de l'escadron, "Ne Recule Ni Ne Dévie", symbolise l'état d'esprit guerrier associé à ses missions passées et présentes.

Historique

La naissance du groupe.

Terrain de Rayak au Liban

Rayak, Liban, mai 1943 - février 1944

Le Groupe de Chasse « Ardennes » est le fruit (En botanique, le fruit est l'organe végétal protégeant la graine. Caractéristique des Angiospermes, il succède à la fleur par...) de tractations durant l'été 1943, entre le Général Valin, commandant les « Forces aériennes françaises libres » du Proche-Orient (Le Proche-Orient est une région d'Asie et d'Afrique comprenant les pays du sud-est du bassin Levantin (mer Méditerranée). On l'englobe souvent dans le Moyen-Orient. Un synonyme plus ancien est le Levant (là où le soleil se...) et l'Air Chief Marshall Sir Arthur Tedder, commandant en chef des Forces Aériennes de la Méditerranée. Au cours de ces entretiens, le Général Valin obtient de Sir Arthur Tedder l'armement provisoire en avions anglais de certaines formations stationnées au Levant. Il est alors décidé de mettre sur pied et d'équiper en monoplaces Hurricane IIC un groupe de chasse chargé de participer à la couverture des côtes de Syrie et de Palestine. Les conclusions de leurs entretiens officieux sont confirmés officiellement par une lettre, en date du 10 octobre 1943: Sir Arthur Tedder informe le Général Bouscat, chef d'état-major de l'Armée de l'Air que la mise sur pied en Syrie d'un "Squadron" de chasse français armé de douze Hurricane IIC a été autorisé à titre temporaire par le "Joint Air Commission Head Quarter". Une attribution de vingt-cinq appareils de ce type est réservé à ce "Squadron", à titre d'avions de première ligne et d'avions de remplacement. Des instructions sont envoyées au quartier général de la Royal Air Force (La Royal Air Force (force aérienne royale en anglais, le plus souvent abrégée en RAF) est l'armée de l'air de l'armée britannique. Elle forme avec la British Army et la Royal Navy les Forces armées britanniques. Sa...) du Moyen-Orient, lui prescrivant de pourvoir à l'entraînement des pilotes de la nouvelle unité et à la livraison du matériel nécessaire.

Les débuts opérationnels.

Saint-Jean-d'Acre, Palestine, février - mai 1944

Crée administrativement le 1er janvier 1944, le GC « Ardennes » fait alors mouvement vers Saint-Jean-d'Acres le 1er février 1944, où il est équipé en matériel anglais avec le Hurricane IIC : cette date marque sa « naissance » opérationnelle. Dès le 2 février, les vols individuels et en patrouille s'enchaînent à la suite du premier vol (Le premier vol ou vol inaugural d'un avion est la première occasion pour celui-ci de prendre les airs par ses propres moyens. C'est l'équivalent en aéronautique du voyage inaugural pour un bateau.) sur la nouvelle monture du GC effectué par le Ltt Boudier avec le Hurricane IIC n°188. Le groupe compte alors trois officiers chefs de patrouille et sept jeunes équipiers arrivés du centre d'entraînement (OTU) d'Ismaïlia le 21 janvier 1944. Une première patrouille, ou "flight", de six avions de ce type est immédiatement mise sur pied. Puis un second flight est opérationnel le 29 février, après l'arrivée de pilotes supplémentaires. Les débuts sont modestes. Le groupe n'a que douze Hurricane. Il manque encore cruellement de chefs de patrouille, de mécaniciens brevetés et surtout de personnels européens. A Saint-Jean-d'Acres, le groupe « Ardennes » est rattaché au "209e Group" de la Royal Air Force (Le mot force peut désigner un pouvoir mécanique sur les choses, et aussi, métaphoriquement, un pouvoir de la volonté ou encore une vertu morale « cardinale » équivalent au courage (cf. les articles « force (vertu) »...). Il double le 127e Squadron anglais, qu'il est amené à remplacer dans ses missions de DAT (Défense Aérienne du Territoire) et de surveillance côtière. Dans ce cadre, le 11 mars un détachement de six pilotes est envoyé à Beyrouth et relevé tous les dix jours.

Les missions de guerre commencent donc sur cette côte orientale de la Méditerranée plus guère menacée par les incursions aériennes ou navales ennemies. L'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) est essentiellement consacrée à :

  • des vols d'entraînement suivant la progression classique de la chasse
  • des exercices d'interception dirigée
  • des missions de guerre monotones (couvertures de convois, "sweep" et décollages sur alerte) dans un secteur parfaitement tranquille et sans la moindre occasion de rencontrer l'ennemi.

Fin avril, une vingtaine d'heures de vol de guerre et 525 heures d'entraînement ont déjà été effectuées et pratiquement tous les pilotes sont lâchés de nuit. Or, le 30 avril au soir, un ordre tombe et coupe court aux bruits qui circulent: le groupe doit faire mouvement dans les deux jours vers l'Afrique (D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique est un continent couvrant 6 % de la surface terrestre et 20,3 % de la surface des terres...) du Nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) française. Les préparatifs commencent alors dans la fièvre (La fièvre est l'élévation de la température corporelle chez un être à sang chaud par dérèglement du « thermostat »...)...

Le "Coastal Command".

Afrique du Nord, mai - septembre 1944

Ainsi, le 2 mai, la douzaine d'Hurricane du groupe se rend d'une traite à Ismaïlia, le terrain du Caire en Égypte, où ils sont abandonnés au dépôt de matériel. Du 5 au 13 mai, le groupe au complet coule alors des jours paisibles sous le soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification...) d'Aboukir, dans l'incertitude de sa destination finale. Le signal ( Termes généraux Un signal est un message simplifié et généralement codé. Il existe sous forme d'objets ayant des formes particulières. Les signaux lumineux...) du départ arrive le 13. Port-Saïd est rallié en train (Un train est un véhicule guidé circulant sur des rails. Un train est composé de plusieurs voitures (pour transporter des personnes) et/ou de plusieurs wagons (pour transporter des marchandises), et peut être tracté par...), afin d'embarquer dès le lendemain sur des convois de transport (Le transport est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu à un autre, le plus souvent en utilisant des véhicules et des voies de communications...) de troupes anglais : la destination, Oran en Algérie, sera atteinte entre le 21 mai et la mi-juin. Sans attendre l'échelon lourd, les précurseurs gagnent en trois jours de train le terrain de Bône les Salines où stationne le GC II/3 "Dauphiné". Les premiers jours sont consacrés à l'installation du cantonnement, à l'organisation (Une organisation est) générale et à la prise en compte des onze Hurricane IIC et des treize P-40 plutôt fatigués du II/3, qui commence alors sa transformation sur chasseurs bombardiers américains P-47 "Thunderbolt". « Nous regardons avec envie leurs P47 évoluer au-dessus de la piste. » Rattaché à titre provisoire à la "Section d'aviation (L'aviation est une activité aérienne définie par l'ensemble des acteurs, technologies et règlements qui permettent d'utiliser un aéronef dans un but particulier. Ces diverses activités peuvent...) côtière de Bône" (Bône Fighter Command) ,le groupe reprend progressivement à sa charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement ou un bénéfice...) les missions sans nouveauté de "Coastal Command" jusqu'alors accomplies par le II/3. Dès le 28 mai 13h00, deux pilotes du groupe assurent la première alerte de l'unité et à partir du lendemain, les missions réelles se succèdent. Le matériel est vieux, mais le moral est bon. « Nos mécaniciens font des prodiges. Les Hurricane aussi. Ils se révèlent plein de bonne volonté, mais ils sont vieux. Ils n'y peuvent rien et nous non plus. Le cas échéant, ils nous emmènent jusqu'à 80 miles en mer, et poussent la gentillesse jusqu'à nous ramener.» L'entraînement se poursuit en parallèle avec les mission de guerre classique : couverture des nombreux convois alliés qui sillonnent la Méditerranée, "Air sea rescue" (missions de reconnaissance des équipages perdus en mer et de protection des hydravions sauveteurs) et décollage (Le décollage est la phase transitoire pendant laquelle un aéronef passe de l'état statique - au sol - vers le vol.) sur alerte pour intercepter des bombardiers ennemis qui se révèlent bien souvent hors de portée, fictifs voire alliés !

Le groupe piaffe d'impatience en apprenant la nouvelle du débarquement allié en Normandie le 6 juin, d'autant que le II/3 part pour la Corse (La Corse (Corsica en corse) est une île de la mer Méditerranée et une région française, ayant toutefois un statut spécial...) le 10 juin ! D'après les prévisions initiales du Commandement, le Groupe de Chasse III/3 "Ardennes" aurait dû être transformé sur P-47, peu après son arrivée à Bône et être affecté à la 4e escadre de Chasse. Mais les retards de livraison amènent l'état-major à le maintenir à la disposition de la Section d'aviation côtière de Bône et à l'écart des opérations de libération au sein du "Tactical Command". Finalement, le 5 juillet, le Capitaine Vinçotte fait une arrivée remarquée aux commandes du premier P-47 du groupe. L'avion (Un avion, selon la définition officielle de l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), est un aéronef plus lourd que l'air, entraîné par un organe moteur (dans le cas d'un engin sans moteur, on parlera de...) est inspecté sous toutes les coutures et l'enthousiasme saisit l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude...) du groupe qui s'imagine déjà en mission sur la France ! Cet unique appareil permet alors de "lâcher" quelques pilotes. Il est suivi par quatre autres, les 8 et 9 juillet, la dotation complète devant être livrée dans les prochains jours. La joie est de courte durée : coup dur le 10 juillet, les P-47 du groupe seront transmis le lendemain au Groupe de Chasse I/4 "Navarre", heureux élu affecté au "Tactical Command". « Ce retard assombrit le groupe tout entier et particulièrement les pilotes qui ont la mort dans l'âme. Mais ce coup de masse (Le terme masse est utilisé pour désigner deux grandeurs attachées à un corps : l'une quantifie l'inertie du corps (la masse inerte) et l'autre la contribution du corps...) ne nous abattra pas. Nous gardons l'espoir au coeur que nous serons le prochain groupe équipé. Nous mordons le coussin une fois encore. »

Et c'est au GC III/3 "Ardennes" de remplacer le I/4 à Réghaïa, toujours le long de la côte algérienne, mais 400 km plus à l'est. A cet effet, il doit prendre en compte les Bell (Bell Aircraft Corporation est un constructeur aéronautique américain fondé le 10 juillet 1935. Après avoir construit des avions de combat durant la Seconde Guerre mondiale, mais aussi le...) P-39 "Airacobra" du I/4 et se voit alors renforcé par le personnel destiné au II/6 déjà entraîné sur P-39. Le 11 juillet, l'ordre de faire mouvement est reçu. Toutefois, attendant d'être relevé par une escadrille du III/6 qui arrive le 15, le groupe ne déménage que le 17 juillet. A Réghaïa, le groupe est affecté temporairement à la 3e Escadre de Chasse, elle même rattachée au 338e Wing américain opérant dans le cadre des Forces aériennes alliées d'aviation côtière en Méditerranée (Mediterranean Allied Coastal Air Force ou"MACAF"). Les opérations de prise en compte des P39 du groupe I/4 freinent l'activité aérienne (Une activité aérienne peut être définie comme l'ensemble des acteurs, technologies et réglements qui permettent d'utiliser un aéronef dans un but particulier. Ces diverses activités peuvent être classées en activités de...) initiale. Néanmoins, le cœur mis à l'ouvrage par les mécanos permet d'effectuer les premières missions opérationnelles le 23 et d'atteindre 455 sorties en juillet. Les missions d'entraînement et de Coastal reprennent, routinières, de jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le...) comme de nuit. L'alerte est prise de l'aube à la nuit, une ou deux sections en 3' et une en 15'. Les mentions "RAS" s'alignent sur les journaux de marche (La marche (le pléonasme marche à pied est également souvent utilisé) est un mode de locomotion naturel. Il consiste en un déplacement en appui alternatif sur les jambes, en position debout et...). Seule consolation, un P-47 D22 abandonné au groupe par le I/4 le 24 juillet, trois jours avant son départ, permet de se faire la main (La main est l’organe préhensile effecteur situé à l’extrémité de l’avant-bras et relié à ce dernier par...) à tour de rôle.

Les mécanos préparent les P-47 pour la montée au front

Le 18 août, le groupe apprend que vingt-cinq P47 lui sont affectés et que l'échelon volant de l'"Ardennes" fera mouvement vers la France, de concert avec les autres groupes de la 3e Escadre. Les P-47 D28 flambant neufs tant attendus arrivent enfin ! Les quatre premiers avions sont perçus les 23 et 24 août. Le lendemain, nouvelle douche froide : le groupe doit échanger ses D28 neufs avec les vieux D22 du GC I/4 alors en Corse. Il faut encore patienter... Le 2 septembre, l'alerte est transmise sans regret au groupe II/9. Après une semaine de préparatifs, le gros du groupe se met en route (Le mot « route » dérive du latin (via) rupta, littéralement « voie brisée », c'est-à-dire creusée dans la roche, pour ouvrir le chemin.) pour la France, via Oran. Il débarque à Marseille le 20, arrive à Salon le 24, tandis que les vols d'entraînement sur P-39 et sur les P-47 usagés se poursuivent à Réghaïa. En parallèle, un renfort de dix mécaniciens brevetés part à l'AIA de Maison Blanche (La Maison Blanche (White House en anglais) est la résidence officielle et le bureau du président des États-Unis. Elle se situe au 1600, Pennsylvania avenue NW à Washington, D.C. Ce...) en vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) de participer au remontage des P-47. Les quatre premiers P-47 D28 neufs sont enfin perçus à l'AIA le 18 septembre. Ils seront suivis de neufs autres avant la fin du mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.). Les rodages moteurs (Un moteur est un dispositif transformant une énergie non-mécanique (éolienne, chimique, électrique, thermique par exemple) en une énergie mécanique ou...) et les vols de prise en main se succèdent alors. L'effervescence croît à mesure que le "grand départ" se précise. « B. d'Ars effectue en hâte une ultime séance de rodage de 2h50 puis se précipite sur la scie pour aménager les réservoirs supplémentaires en soute (Une soute est la partie d'un bateau aménagée dans l'entrepont ou la cale où l'on entrepose le matériel ou les provisions et les vivres.) à bagages. Il s'en faut peu que sa chère bicyclette (Une bicyclette, aussi appelée un vélo en langage courant, est un véhicule terrestre composé de deux roues alignées — d'où elle tire son nom. La force motrice est fournie par...) n'y rentre. On entasse valises, sacs, paquets dans les coffres et toute la place disponible est utilisée.»

Le "Tactical Command".

France, octobre 1944 - mai 1945

A Salon, le III/3 est d'abord affecté à la 3e Escadre aux côtés des GC I/5 et III/6. La première quinzaine d'octobre voit le groupe s'installer et se constituer lentement. Aucun vol, mais « chacun découvre en lui un peintre et on passe des heures, le pinceau à la main, penchés sur des croix de Lorraine et des sangliers ». Les pilotes restés en AFN rendent les vieux D22 à Meknès avant de convoyer entre le 8 et le 11les treize derniers P-47 D28 montés à Maison (Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné à l'habitation d'une famille, voire de plusieurs, sans être considérée comme un...) Blanche vers Marignane. La pluie (La pluie désigne généralement une précipitation d'eau à l'état liquide tombant de nuages vers le sol. Il s'agit d'un hydrométéore météorologique qui fait...) qui tombe sans discontinuer pendant plusieurs jours rend la piste de Salon inutilisable. Le groupe gagne alors le terrain d'Istres Le Vallon entre le 14 et le 16 octobre. La bonne humeur est omniprésente lors du convoyage Marignane-Le Vallon, « c'est une débauche de passages, Salon piste, Salon ville, Le Vallon. La qualité des peel off est vivement discutée au sol ». Les vols d'entraînement reprennent, pour une courte période puisque, dès le 16, le groupe est rattaché à la 4e Escadre, basée à Lyon-Bron. Il doit alors se tenir prêt à faire mouvement pour la zone des opérations, « à la bagarre, enfin », dans les 24 heures qui suivront l'arrivée de l'ordre de départ. Le 21 octobre, le groupe est prêt et l'ordre de mouvement arrive dans la foulée. L'échelon précurseur par pour Lyon-Bron le 23 octobre, précédant d'une journée l'échelon roulant qui arrive le 25 octobre. Enfin, l'échelon volant se pose à Bron, le 26 octobre. Le groupe s'installe alors provisoirement sur un terrain lamentable, auprès des GC II/5, II/3 et I/4.

Le 30 octobre, les vingt-quatre P-47 se posent sur l'étroite piste en grilles d'Ambérieu où le groupe se reconstitue durant les jours qui suivent. La troupe et les service s'installent à Ambronay, tandis que les pilotes et l'OPS logent à Saint-Jean-le-Vieux. Les officiers logent confortablement dans une annexe du château (Un château est à l'origine une construction médiévale destinée à protéger le seigneur et à symboliser son autorité au sein du fief. Les premiers...) de Haute-Rive. Le 31 octobre, le groupe et déjà opérationnel et effectue sa première mission de Tactical. Toutefois les conditions météo sont désastreuses jusqu'à la fin de l'année : gel, pluie, inondations, « brouillard et neige (La neige est une forme de précipitation, constituée de glace cristallisée et agglomérée en flocons pouvant être ramifiés d'une...) se cèderont mutuellement la place ». L'activité, en dents de scie, alterne (Les organes d'une plante sont dits alternes lorsqu'ils sont insérés isolément et à des niveaux différents sur une tige ou un rameau.) donc entre des journées grises occupées par des parties de cartes, de l'escrime ou des briefings, des journées d'attentes ponctuées d'ordres et de contrordres « où les armuriers passent leur temps à fixer et à déposer les bombes des avions », et des journées où les missions s'enchaînent à un rythme effréné. Il s'agit alors principalement de bombardements, de mitraillages, "straffing", et de reconnaissances armées en appui de l'offensive de libération de l'Alsace (Strasbourg est libérée le 23 novembre). Situés en Alsace ou en Allemagne, ces objectifs sont souvent bien défendus par la Flak en témoignent les nombreux rapports d'avions touchés. Au bilan, malgré une météo défavorable, 411 sorties de guerre ont été effectuées pendant les deux mois de présence à Ambérieu.

Le terrain de Luxeuil

Préparé depuis le 26 décembre, le déplacement ( En géométrie, un déplacement est une similitude qui conserve les distances et les angles orientés. En psychanalyse, le déplacement est mécanisme de défense déplaçant la valeur, et finalement le sens En architecture...) du groupe à Luxeuil est retardé au 2 janvier suite à d'importantes chutes de neige. Le groupe loge à l'hôtel (Un hôtel est un établissement offrant un service d’hébergement payant, généralement pour de courtes périodes. Dans sa définition de l’hôtel, l’Agence Mondiale de Notation...) réquisitionné de la Pomme (La pomme est le fruit du pommier, arbre fruitier largement cultivé. L'étude de la culture des pommes constitue une partie de la pomologie, la pomologie englobant tous les fruits à pépins. La pomme est comestible et a un goût...) d'Or. L'hiver (L'hiver est une des quatre saisons des zones tempérées.) est particulièrement rigoureux. La neige (60 cm le 26 janvier) et le froid (Le froid est la sensation contraire du chaud, associé aux températures basses.) clouent périodiquement les avions au sol et rendent les conditions de vie (La vie est le nom donné :) difficiles. Le soutien à la réduction de la poche de Colmar est donc très limité. A partir de mi-février, le temps s'améliore. Toutefois, une réfection de la piste de Luxeuil fortement détrempée et endommagée par le dégel s'avère indispensable. Du 13 février au 17 mars, le GC III/3 stationne donc momentanément à Dole, comme d'ailleurs l'ensemble de la 4e Escadre.

Les équipages avant de prendre l'air pour la dernière mission

Le nouveau terrain en bonne condition permet le départ simultané de formations lourdes, allant jusqu'à vingt avions. L'activité aérienne s'intensifie nettement, accroissant la pression (La pression est une notion physique fondamentale. On peut la voir comme une force rapportée à la surface sur laquelle elle s'applique.) sur une armée allemande en retraite depuis la chute de Colmar, le 2 février 1945. Les objectifs assignés sont les nids de résistance (villages, batteries...), les voies de communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique, interpersonnelle, groupale...) que l'animal (communication intra- ou inter- espèces) ou la machine...) (gares, voies ferrées, carrefours, ponts), les moyens de transport (trains de ravitaillement, convois de véhicules, péniches), et les dépôts de munitions ou de carburant (Un carburant est un combustible qui alimente un moteur thermique. Celui-ci transforme l'énergie chimique du carburant en énergie mécanique.). Plus rarement quelques couvertures aériennes, "top cover", sont effectuées. Désormais chaque mois verra invariablement croître le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de sorties du groupe. Au fur (Fur est une petite île danoise dans le Limfjord. Fur compte environ 900 hab. . L'île couvre une superficie de 22 km². Elle est située dans la Municipalité de...) et à mesure des progrès des avant-gardes motorisées de la Première Armée Française vers la haute vallée (Une vallée est une dépression géographique généralement de forme allongée et façonnée dans le relief par un cours d'eau (vallée fluviale) ou...) du Danube et l'Autriche, les missions pénètrent toujours plus en profondeur en Allemagne. Les pilotes du groupe prennent alors très souvent part à des mission d'appui direct des unités de l'Armée de Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des quatre...), « les ordres étant donnés en l'air par l'ops qui se trouve sur le front », indicatif "Remedy", "Mikado", ou "Boxcar". Lorsque la météo ne permet pas de voir l'objectif, ce poste de commandement avancé demande parfois tout de même un "egg basket", tir aveugle assez peu précis. Enfin, le 9 avril, désormais trop en retrait de l'avancée des troupes, le groupe fait mouvement vers le terrain de Colmar et cantonne à Wintzenheim, petit village (Un village est, à la campagne ou à la montagne, un ensemble d'habitations, de bâtiments à usages divers, de fermes... de proportion modérée (quelque...) dans la vallée de Munster. Au cours de ce mois, apparaissent quelques missions hors du commun : protection de Mustang de reconnaissance ou de bombardiers, supériorité aérienne au-dessus du terrain de Stuttgart et attaque d'un site de V1. Le groupe est à son apogée (Un apogée (du grec apogeios : loin de la terre ; apo : loin + gê : Terre), dans les domaines de l'astronomie et de l'astronautique, est le point extrême de l'orbite elliptique...) et sent la victoire prochaine.

La dernière mission de guerre de la 4e Escadre sur l’Allemagne est effectuée par huit P47 du GC III/3 mené par le Cdt Vinçotte, le 1er mai 1945 : reconnaissance armée et straffing le long du Rhin (Le Rhin (Rhein en allemand, Rijn en néerlandais, Rhenus en latin, Rein en romanche) est un fleuve d'Europe long de 1 230 kilomètres et drainant un bassin de 185 000 km2.) à l’est du lac (En limnologie, un lac est une grande étendue d'eau située dans un continent où il suffit que la profondeur, la superficie, ou le volume soit suffisant pour provoquer une stratification, une zonation, ou...) de Constance entre Bregenz-Lusteneau-Dornbirn-Feldkirch en Autriche.

L'après-guerre.

Niedermendig, Allemagne, mai 1945 - mars 1946

Le 8 mai l'armistice est signé. La fin de cette guerre se solde par la victoire, qui laisse un arrière-goût amer aux pilotes de l'« Ardennes ». Il est difficile de freiner un sanglier (Le Sanglier (Sus scrofa) est un mammifère omnivore proche du porc, dont il n'est pas l'ancêtre, contrairement à une idée répandue. L'espèce appartient à la famille des Suidés, appartenant...) en plein élan. Mais les membres du GC III/3 ne se laissent pas envahir par la mélancolie (Le terme mélancolie recouvre plusieurs significations qui relèvent de son histoire dans la médecine, la psychiatrie, la psychanalyse et la philosophie ainsi qu'en littérature.). Chacun se décontracte à tour de rôle en permission et la station de Badenweiler toute proche en Forêt-Noire a les faveurs du groupe. L'entraînement reprend sérieusement avec au menu : patrouille serrée, navigation (La navigation est la science et l'ensemble des techniques qui permettent de :), manœuvres, virages relatifs, combat, vol rasant et voltige. Évidemment, de nombreux défilés aériens ponctuent les mois de mai et juin. Celui du 18 juin à Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de...) laissa notamment des souvenirs émus: « Le « sac » classique. Les Ju 88 des forces de l'atlantique viennent se placer à l'altitude des deux escadres de P-47 et se faufilent entre les deux. Remous. Dégagement. « Attention à la Tour Eiffel! » Après quelques rumeurs de départ pour l'Indochine, le groupe part finalement occuper l'Allemagne le 1er septembre 1945 : destination Niedermendig à l'ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le couchant (ou ponant).) de Coblence, qui sera son dernier terrain d'attache. Le groupe cantonne initialement dans le village d'Obermendig, avant de déménager le 14 octobre pour le village voisin de Kottenheim. La présence du groupe français terrorise alors la population des villages alentours !

Cérémonie de dissolution du Groupe le 11 avril 1946

À cause de la météo, les vols sont très rares (aucun en février) et consistent principalement en des missions d'entraînement, d'intimidation et de liaison. Compris parmi les unités dissoutes dans le cadre de la première réorganisation de l'armée de l'air consécutive à la fin de la guerre, le groupe cesse d'exister officiellement le 1er mars 1946. Toutefois le dernier vol officiel du groupe se déroule le 31 mars : défilé « en long, en large et en travers» sur Spire au sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.) de Mannheim. D'autres suivront début avril et le dernier vol effectif aura lieu le 7 avril 1946 lors du défilé de seize P-47 sur Mengen au sud-ouest (Le sud-ouest est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux sud et ouest. Le sud-ouest est opposé au nord-est.) de Fribourg, commémorant ainsi la dissolution de la 11e Brigade de Bombardement. C'est la fin d'une aventure extraordinaire. Un trait est tiré au bas d'une page glorieuse des ailes françaises, que beaucoup auront du mal à tourner. Ces quelques mots qui clôturent le journal de marche de "la Rouge (La couleur rouge répond à différentes définitions, selon le système chromatique dont on fait usage.)" ne peuvent que mieux en témoigner : « Le groupe disparaît, sur le papier tout au moins, car pour beaucoup, il demeure. Il est entré dans la vie de ceux qui y ont vécu des heures qui comptent parmi les meilleures de leur existence. Beaucoup y ont connu la réalisation de leurs désirs les plus chers. Certains l'ont vu naître, se fortifier et passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) à l'action. Nous y avons vécu le temps de guerre, la campagne (La campagne, aussi appelée milieu rural désigne l'ensemble des espaces cultivés habités, elle s'oppose aux concepts de ville, d'agglomération...), la victoire, des épisodes plus calmes aussi. Mais rien n'est perdu : chacun conserve en lui cette force dont l'alliage (Un alliage est une combinaison d'un métal avec un ou plusieurs autres éléments chimiques.) avec celle de tous constitua le groupe qui, né de la guerre, disparaît peu après sa fin, gardant ainsi un caractère qui était bien le sien. »

L'heure (L'heure est une unité de mesure  :) du bilan

Pendant la période du "Coastal Command" les missions de guerre se sont traduites par 313 heures de vol en 252 sorties, ce qui représente une faible partie de l'activité totale. En revanche, durant les sept mois de "Tactical Command", 4767 heures de guerre en 2328 sorties de chasse armée font montre d'un rythme soutenu, alors que le mauvais temps de la période hivernale a souvent cloué les avions au sol. Au cours du début d'année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) 1945, l'activité s'intensifie de manière spectaculaire passant de 392 sorties en février, à 652 en mars et 799 en avril ! En mars chaque escadrille se relaie pour assurer régulièrement des sorties allant jusqu'à seize avions, regroupant alors tous ses pilotes. Au mois d'avril, des pics de cinquante sorties par jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début...) sont même enregistrés, alors que chaque escadrille cette fois fait décoller jusqu'à quatre dispositifs de huit à seize avions chaque jour. Cette intensification va de pair avec la volonté alliée d'exercer une pression croissante sur le Reich et une météo de plus en plus clémente. « Le mois d'avril a été noter plus beau mois de guerre... » En dehors des engagements du 21 mars et du 13 avril 1944, les pilotes du GC III/3 "Ardennes" n'ont jamais eu l'occasion de voir un avion ennemi de près. Par contre de très nombreux objectifs au sol ont été détruits ou endommagés par les bombardements et les mitraillages intensifs, dans une zone d'action couvrant le nord-est (Le nord-est est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux nord et est. Le nord-est est opposé au sud-ouest.) de la France et le sud-ouest de l'Allemagne.

Il ne se passe pour ainsi dire aucune mission sans qu'un ou plusieurs avions ne rentrent plus ou moins gravement atteints par les projectiles de la Flak. Pourtant, le P47 encaisse bien : les pertes au combat ont été de deux tués, d'un blessé et de deux prisonniers après atterrissage (L’atterrissage désigne, au sens étymologique, le fait de rejoindre la terre ferme. Le terme recouvre cependant des notions différentes suivant qu'il est employé...) forcé. Ces chiffres sont à rapprocher des huit pilotes morts en service aérien commandé au cours de missions diverses (entraînement, convoyage, reconnaissance météo...) depuis la création du groupe.

Carte des objectifs atteints par le Groupe
Etat officiel des résultats du groupe, de son entrée en activité jusqu’au 20 avril 1945 : 821,5 tonnes de bombes,56 réservoirs de napalm (6 160 Gallons), 448 570 cartouches.
Résultats Détruits Incendiés Probables Endommagés
Avions - - - -
Locomotives 26 - 2 23
Wagons 272 36 - 612
Gares 1 - - 21
Ponts 13 - - 7
Coupures V.F. 206
Coupures routes 55
Véhicules 87 25 - 52
Chars - - - 4
Automitrailleuses 1 - - 23
Péniches 4 - - 12
Dépôts 13 - - 7
Usines 7 - - 3
Villages 7 détruits et incendiés
Bâtiments 517 108 50 343
Décision n° 241
Le Général De Gaulle cite à l’ordre de l’armée aérienne le Groupe de Chasse 3/3 “Ardennes”.
Brillant Groupe de Chasse qui, sous l’impulsion d’un jeune chef énergique, le Commandant Vinçotte, remarquablement secondé par ses deux commandants d’escadrille, le Capitaine Brian et le Lieutenant Moret, a obtenu d’excellents résultats depuis son engagement en février 1944.

Après avoir participé en Afrique du Nord aux opérations de surveillance des côtes, a été engagé le 31 octobre 1944 sur le front de France. Y a effectué en appui de la 1ère Armée française et au cours de reconnaissances offensives, 2000 sorties en plus de 4000 heures de vol. A causé au cours de ses missions, en dépit d’une DCA redoutable, des pertes considérables à l’ennemi, coupant ses voies ferrées, détruisant ou endommageant ses moyens de transport, ses installations et ses cantonnements. Par l’énergique action de ses pilotes et le travail incessant de son personnel au sol, a porté une aide efficace à l’effort terrestre allié et a contribué à la libération de l’Alsace et à la déroute de l’ennemi sur son propre territoire (La notion de territoire a pris une importance croissante en géographie et notamment en géographie humaine et politique, même si ce concept est utilisé par d'autres...). Cette citation comporte l’attribution de la Croix de Guerre avec Palme.

Paris, le 17 juillet 1945.
Signé : Général de Gaulle

L'escadron de Chasse IV/4 "Ardennes" sur Vampire.

Friedrichschafen, Allemagne, janvier - octobre 1950

Le 1er janvier 1950, dans le cadre d'une première ébauche de réorganisation de l'aviation qui prévoit la création d'un 4e groupe dans chaque escadre de chasse, l'Escadron de Chasse IV/4 "Ardennes" est mis sur pied. Il stationne à Friedrichshafen, en Allemagne, où il rejoint le I/4 "Dauphiné", le II/4 "Lafayette" et le III/4 "Flandres" également nouvellement créé. Il reprend l'insigne et les traditions du GC "Ardennes" créé en 1943 et est équipé de Vampire marqués 4A (pour Ardennes) - A à Z. Mais son existence est éphémère et le 1er octobre 1950, il est à nouveau dissous.

L'escadron de Chasse III/3 "Ardennes" sur F84.

Reims, France, janvier 1953 - novembre 1957

Dans le cadre de la politique de renforcement du 1er Commandement Aérien TACtique, l'Escadron III/3 "Ardennes" est reconstitué à Reims, le 1er [janvier 1953. Aux côtés des EC I/3 "Navarre" et II/3 "Champagne", il forme le troisième escadron de la 3e Escadre, elle-même subordonnée à la 3e Brigade Aérienne. A compter de ce jour, il reprend les traditions du GC "Ardennes" de la seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité...) guerre mondiale. Equipé de 25 F-84G, sa mission consiste à former et entraîner ses 36 pilotes aux missions de chasse-bombardement. Il effectue une campagne de tir annuelle à Cazaux et participe à divers exercices : Home Stick, Régulus, Beware, Fox Paw, Razziz, Thursday, Scrimmage, Argus... En 1955, les Ltt Lecong et Dellac, tous deux commandants d'escadrille sont équipiers de la patrouille acrobatique du Cdt Delachenal, le commandant d'escadre.

A partir de septembre 1955, la 3e Escadre touche ses premiers F-84F "Thunderstreak". Le III:3, dernier escadron à passer sur cet appareil, commence sa transformation au début de l'année 1956 et perçoit son dernier exemplaire le 15 juin 1956. La campagne de tir d'été a alors été annelée : priorité à la transformation. Du 6 juin au 2 juillet 1956, la majorité des pilotes et de spécialistes suivent le stage (Un stage est le plus souvent une période de formation, d'apprentissage ou de perfectionnement qui dure quelques jours à plusieurs mois dans un lieu adapté :) d'instruction (Une instruction est une forme d'information communiquée qui est à la fois une commande et une explication pour décrire l'action, le comportement, la méthode ou la tâche qui devra commencer, se terminer, être conduit, ou...) F-84F auprès du DMI et début juillet, l'escadron au complet est transformé. Il était temps. D'août à septembre 1956, le III/3 enchaîne sur sa campagne d'entraînement au tir de roquettes US de 10 pouces alors que la France et la Grande-Bretagne (La Grande-Bretagne (en anglais Great Britain) est une île bordant la côte nord-ouest de l'Europe continentale. Elle représente la majorité du territoire du Royaume-Uni. En son acception politique, ce toponyme...) concluent des accords secrets pour couper court aux visées nationalistes sur le canal de Suez du Colonel Nasser, nouveau chef de l'état égyptien. Devant la montée de la tension (La tension est une force d'extension.) en Méditerranée orientale, l'état major décide détacher un escadron à trois escadrilles de F84F sur la base RAF d'Akrotiri, au sud-est (Le sud-est est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux sud et est. Le sud-est est opposé au nord-ouest.) de Chypre (Chypre (grec Κύπρος ; turc Kıbrıs) est une île située dans le Bassin Levantin qui constitue la partie la plus orientale de la mer Méditerranée; souvent...). Le choix se porte alors sur le III/3 renforcé par une escadrille de pilotes du II/3. Le 21 août 1956, l'ensemble des mécaniciens du III/3, les pilotes de complément et le détachement de la base (CLA, moyens techniques et généraux, etc...) soit environ 150 hommes et de nombreux véhicules de soutien logistique (La logistique est l'activité qui a pour objet de gérer les flux physiques d'une organisation, mettant ainsi à disposition des ressources...), quittent donc Marseille par voie maritime et rejoignent Famagouste le 13 septembre. Ils s'installent à Akrotiri où ils montent un campement de tentes, tandis que les avions volent toujours à Reims grâce au concours des mécaniciens des deux autres escadrons.

La crise de Suez.

Akrotiri, Chypre, septembre 1956 - mars 1957

Le convoyage des quatre premiers F84F vers Chypre fut réalisé par le III/3. La patrouille devait faire le voyage (Un voyage est un déplacement effectué vers un point plus ou moins éloigné dans un but personnel (tourisme) ou professionnel (affaires). Le voyage s'est considérablement développé et démocratisé, au...) le plus discrètement possible puisque le gouvernement américain avait fait connaître sa désapprobation et que son représentant dirigeait NATO sud. Les pilotes ne devaient donc pas contacter les organismes de circulation (La circulation routière (anglicisme: trafic routier) est le déplacement de véhicules automobiles sur une route.) aérienne ni se dérouter sur un terrain NATO. Après un décollage avec fusées Jato de Reims, le dispositif leadé par le Cne Payen, commandant l’escadron, fait route à 55 000’, au-dessus de la circulation aérienne militaire de l’époque, vers Brindisi, sa seule étape prévue, lorsque le n° 3, le Colonel Gauthier commandant la base de Reims, est victime d’une grave panne du circuit carburant. Il faut se poser d’urgence et par chance, dans un trou au milieu des nuages apparaît un terrain. Les quatre F84F s’y jettent et quelle n’est pas leur surprise de découvrir une piste traversée par une ligne à haute tension (La ligne à haute tension est le composant principal des grands réseaux de transport d'électricité. Elle transporte l'électricité de la centrale...). Le passage vent (Le vent est le mouvement d’une atmosphère, masse de gaz située à la surface d'une planète. Les vents les plus violents connus ont lieu sur Neptune et sur Saturne. Il est essentiel...) arrière train sorti et ailes battantes provoque alors la fuite éperdue des camions (Le camion est un véhicule automobile à roues destiné à transporter des marchandises. Le routier (routière) ou camionneur (camionneuse) a pour profession la conduite d'un camion.) et des individus présents sur la piste. Une fois posé, le Cne Payen aura toutes les peines du monde (Le mot monde peut désigner :) à faire admettre à l’ambassade que le dispositif est sur la piste “fermée en cours de réalisation de Falconara” ! Rejoints par le Nord 2501 (Le Nord 2501, communément désigné Noratlas, était un avion de transport militaire français. Il s'agissait d'un bimoteur bipoutre à ailes hautes,...) d’accompagnement et après quelques jours de réparations, les F84F repartiront et arriveront à bon port. Il faut de la chance dans ce métier…

Le III/3, premier escadron entièrement déployé à Akrotiri, se voit renforcé par le I/3 le 22 octobre. Le détachement, dirigé par le commandant d'escadre, comprend alors 52 pilotes opérationnels et 36 avions. Il fait partie du Groupement Mixte n°1 comprenant 40 Nord 2501, 2600 hommes, 700 véhicules et un matériel technique considérable. La salle d'opérations prend rapidement forme et les patrouilles de guerre à quatre avions sont constituées tandis que la mécanique (Dans le langage courant, la mécanique est le domaine des machines, moteurs, véhicules, organes (engrenages, poulies, courroies, vilebrequins, arbres de transmission, pistons, ...), bref, de tout ce qui...) participe activement au montage des roquettes. Le premier mois, dans un souci d'économie du potentiel, l'entraînement se limite à des vols d'essai consacré à l'établissement des procédures radio. Cela laisse le temps aux pilotes de s'atteler aux nombreuses préparations d'attaque des terrains égyptiens présents dans la région du canal de Suez (Port Saïd, Abu Sueir, El Kantara, Ismaïlia, etc...). Louxor fut même sérieusement envisagé mais finalement abandonné par manque d'autonomie. La pêche sous-marine et les parties de carte alternent avec le vol et à défaut d'information sur la situation (En géographie, la situation est un concept spatial permettant la localisation relative d'un espace par rapport à son environnement proche ou non. Il inscrit un lieu dans un cadre plus...) tactique, les pilotes se contentent de briefings sur la politique étrangère au Moyen-Orient.

Les premières attaques ont lieu le 31 octobre 1956 et se poursuivront jusqu'au cessez le feu (Le feu est la production d'une flamme par une réaction chimique exothermique d'oxydation appelée combustion.) du 7 novembre.

Les opérations terminées, l'EC II/3 "Champagne" puis l'EC I/3 "Navarre" regagnent la base de Reims à partir du 11 décembre. L'EC III/3 "Ardennes" demeure alors seul à Chypre jusqu'au mois de mars 1957. Il reprend la vie d'un escadron classique tout en assurant l'alerte. A peine de retour, il est dissous le 1er novembre 1957, les escadres de chasse étant réduites à deux escadrons.

Les Mirage V israéliens.

Nancy-Ochey, France, juin 1974 - mars 1977

Suite à la décision du 10 août 1973 du Gal (Le gal (symbole Gal) est une unité CGS d'accélération égale à 1 cm/s2 = 0,01 m/s2, utilisé pour exprimer...) Grigaut, chef d'état-major de l'armée de l'air, l'Escadron 3/3 "Ardennes" renaît le 1er juin 1974, en filiation directe du GC "Ardennes" créé en 1943. Subordonné à la FATAC 1re RA et stationné sur la base de Nancy-Ochey, il récupère les anciens locaux du 3/7 dans l'alvéole sud-ouest. Le 3/3 reçoit alors en dotation seize appareils, représentant une partie des Mirages 5J (Jewish) commandés par Israël et mis sous embargo lors de la Guerre des Six Jours en 1967. Rebaptisés Mirage 5F pour la circonstance, ces avions sont progressivement perçus entre le 5 juin et le 9 décembre 1974. Alors que l'escadron n'est pas encore au complet, c'est le 6 septembre que le Cdt Balivet est reçu dans son commandement et se voit remettre les fanions des deux escadrilles. Cet évènement historique fut marqué par la présence de nombreuses personnalités ainsi que celle des "anciens" du groupe, notamment le Colonel Max Vinçotte, son tout premier chef en 1943. Les "Sangliers" sont de retour après 17 ans de sommeil (Le sommeil est un état naturel récurrent de perte de conscience (mais sans perte de la réception sensitive) du monde extérieur, accompagnée d'une diminution progressive du tonus musculaire,...), prêts à poursuivre la tâche entamée par leurs prédécesseurs. En 1975, l'escadron récolte les fruits du travail accompli: il fête déjà ses 1000 heures de vol sur M5F le 23 janvier, prend sa première PO (Permanence Opérationnelle) le 10 février et démontre qu'il est opérationnel lors de l'Evaltac du mois de mai. Durant cette courte période sur M5F, les "Sangliers" effectuent une campagne de tir annuelle à Solenzara et ont l'occasion de représenter la France à diverses reprises. Six pilotes séjournent au Zaïre du 28 décembre 1975 au 8 février 1976 pour l'opération "Salongo", tandis que trois officiers zaïrois sont accueillis à Ochey. Puis début avril, le 3/3 se rend à Liège-Bierset dans le cadre d'un échange escadron. Enfin, trois M5F partent en mission à Tunis, où ils participeront au défilé aérien en l'honneur de l'anniversaire du président Bourguiba.

L'antiradar sur Jaguar (Jaguars est le premier tome de la série de bande dessinée de science-fiction Rails.).

Nancy-Ochey, France, mars 1977 - mai 1987

A partir de novembre 1976, le 3/3 débute son passage sur Jaguar : le Captaine Dehaeze, commandant d'escadrille, inaugure la transformation machine à Toul, suivi par quatre autres pilotes entre janvier et mars. Puis le personnel de l'escadron se disperse d'avril à mai : les mécaniciens sont divisés en trois groupes pour suivre les cours de spécialisation et le stage pratique à Toul, tandis que les pilotes sont répartis entre la 7 à Saint-Dizier et la 11 à Toul. Le 3/3 se reconstitue enfin le 1er juin, dans un campement provisoire, sur le parking de la section d'accueil de Toul. Il fonctionne alors en autonomie et participe même à la Journée Portes Ouvertes de Nancy le 8 mai. Le 23 juin, huit Jaguar (Le jaguar (Panthera onca) est un mammifère carnivore de la famille des félidés. C'est l'un des quatre « grands...) leadés par le Cdt Courtet défilent sur la base d'Ochey pour le retour en grande pompe (Une pompe est un dispositif permettant d'aspirer et de refouler un fluide.) du 3/3. Stationnant provisoirement au 1/3, l'escadron réintègre finalement ses locaux rénovés et ses nouveaux abris bétonnés le 27 juin 1977. Les M5F sont progressivement abandonnés au 2/13 de Colmar du 14 janvier au 13 mai 1977 (M5F n°25). En parallèle, l'escadron reçoit son premier Jaguar n°A29 le 25 février et dispose de ses onze monoplaces et quatre biplaces le 26 octobre. Ce nouvel avion à l'allure rustique, semblant avoir été taillé dans la masse va donner un nouvel élan opérationnel au 3/3. Si son aérodynamique (L'aérodynamique est une branche de la dynamique des fluides qui porte sur la compréhension et l'analyse des écoulements d'air, ainsi qu'éventuellement sur leurs effets sur des...) et sa motorisation ne lui confèrent pas des performances extraordinaires, sa robustesse, sa large panoplie d'armements et sa capacité à ravitailler en vol feront de ce bimoteur un chasseur bombardier idéal (En mathématiques, un idéal est une structure algébrique définie dans un anneau. Les idéaux généralisent de façon féconde...) pour les opérations extérieures.

Le 3/3 se singularise donc sur la BA 133, puisqu'il est le seul escadron sur Jaguar, le 1/3 et le 2/3 étant alors sur Mirage IIIE. Pour rester en cohérence avec la mission de l'escadre, la mission principale de l'escadron, l'aide à la pénétration offensive, se double de la lutte antiradar AS 37 Martel. A peine leur nouvel monture domptée, les pilotes se lancent donc dans la spécialisation AS 37. Les mission secondaires ne sont pas pour autant délaissées. L'assaut conventionnel et la couverture basse et moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des membres de l'ensemble s'ils étaient tous...) altitude de jour font l'objet (De manière générale, le mot objet (du latin objectum, 1361) désigne une entité définie dans un espace à trois dimensions, qui a une fonction précise, et...) d'entraînements réguliers, ce qui donne une certaine polyvalence aux "cochers". En effet, les campagnes de tir air-air alternent avec les campagnes air-sol et les nombreux exercices tactiques. L'escadron bouge déjà pas mal : en juin 1978, 26 sorties tactiques sont effectuées à partir du terrain anglais d'Honnington (Buccaneer). Cet échange valide la capacité de l'escadron à opérer à partir d'une base étrangère et se renouvelle pendant deux ans. Il en est de même pour les missions d'attaque de bateaux, l'escadron se déployant alors à Landivisiau.

La mission antiradar consiste à détecter l'émission des ondes (Une onde est la propagation d'une perturbation produisant sur son passage une variation réversible de propriétés physiques locales. Elle transporte de l'énergie...) d'un radar (Le radar est un système qui utilise les ondes radio pour détecter et déterminer la distance et/ou la vitesse d'objets tels que les avions, bateaux, ou encore la pluie. Un émetteur envoie des ondes radio, qui...) en fonctionnement et à tirer un missile (Un missile est un projectile autopropulsé et guidé, constitué de :) qui se guide de façon autonome sur cette source. C'est le missile franco-britannique AS 37 MARTEL (Missile AntiRadar et TELévision) qui sera le fer (Le fer est un élément chimique, de symbole Fe et de numéro atomique 26. C'est le métal de transition et le matériau ferromagnétique le plus courant dans la vie quotidienne, sous forme pure ou d'alliages. Le...) de lance français de la lutte antiradar, mission spécifique de la 3e Escadre. En 1974, l'EC 1/3 "Navarre" est le premier escadron de Nancy-Ochey opérationnel sur l'AS 37. Il est rapidement suivi par l'EC 2/3 "Champagne". Quelques années plus tard, alors que l'EC 3/3 "Ardennes" échange ses Mirage 5F contre des Jaguar, il semble opportun d'intégrer l'AS 37 sur Jaguar afin de conformer le 3/3 à la mission de son escadre. Le Cne Escoffier de la 7e Escadre de Chasse de Saint-Dizier vient donc faire cette adaptation pendant plusieurs semaines à Nancy-Ochey sur le Jaguar A29. Elle se conclue le 4 octobre 1978, par le premier tir AS 37 sur Jaguar, qui fait but (tir du Cdt Escoffier devenu enter temps le commandant du 3/3). A partir de ce moment, l'escadron devient le spécialiste sur Jaguar de cette mission dangereuse qui conduit à flirter avec les radars des systèmes de défense antiaériens ennemis.

La configuration de guerre adoptée lors de nombreux déploiements en Afrique consiste en deux canons de 30 mm avec deux fois 150 obus, deux bidons de 1200 l et un AS 37 Martel. Tous les monoplaces (soit du A1 au A160) ont la capacité Martel, alors que tous les Jaguars ne sont pas capables de délivrer l'ensemble des types d'armement (nucléaire à partir du A15, emport de moyens de guerre électronique à partir du A80). Avec le départ du Jaguar en mai 1987, le 3/3 abandonne la mission Martel au profit de l'EC 2/11 "Vosges", alors escadron de guerre électronique offensive. Il renouera par la suite avec la capacité AS 37 sur Mirage IIIE entre 1991 et février 1994.

Le ravitaillement en vol constitue la dernière étape vers une ère nouvelle pour les sangliers. Le 25 janvier 1979, les six premiers pilotes reviennent d'Istres où ils ont acquis les rudiments de cette discipline, clé des portes de l'Afrique. Dès lors, les campagnes de ravitaillement en vol se succèdent. Seule unité de la 3e Escadre équipée d'avions capables de ravitailler en vol, le 3/3 effectue de nombreuses missions de guerre n°2 au-dessus de territoires hostiles en opérations extérieures, rendant particulièrement envieux les deux autres escadrons de Nancy. Le 3/3 participe en effet à toutes les opérations extérieures menées dans le cadre de la FAR, FAE, ou CAFI : Lamantin (Les lamantins sont de gros mammifères herbivores, au corps fuselé, vivant en eaux littorales peu profondes, dans l'embouchure des fleuves et les marais côtiers de la zone tropicale de l'Atlantique. Leur faciès large...) (Mauritanie avec stationnement (Le stationnement tout comme l’arrêt d’un véhicule consiste en une immobilisation de ce dernier.) à Dakar au Sénégal), Tacaud, Murène, Barracuda, Musaraigne (Musaraigne est un nom vernaculaire ambigu en français, pouvant désigner plusieurs espèces différentes de petits mammifères insectivores, généralement gris-brun à museau...) et Epervier (Tchad et République Centrafracaine avec stationnement à N'Djamena au Tchad, à Libreville au Gabon ou à Bangui en Centrafrique). En outre l'escadron poursuit un entraînement opérationnel de qualité en France : il remporte la coupe Comète (En astronomie, une comète est un petit astre brillant constitué de glace et de poussière du système solaire, dont l'orbite a généralement la forme d'une ellipse...) en 1980, effectue deux décollages sur route lors de l'exercice Datex en 1982, participe à TLP en 1981, à Red Flag en 1981, 1982, 1984 et 1987, au Tactical Fighter Meet en 1986, déploie ses quinze Jaguar sur son terrain de desserrement, Châlon-Vatry, en 1980, 1981, 1982 et 1983 et enfin il est jumelé avec le 5e RHC (Régiment d'Hélicoptères de Combat) de Pau-Uzein en 1986. Bref, pendant les années Jaguar, au 3/3 on ne s'ennuie pas... L'escadron fermera même durant l'été 1981, assurant simultanément un détachement au Tchad et un détachement au Gabon !

Les accords de Madrid (Madrid est la capitale de l'Espagne. Ville la plus vaste et la plus peuplée du pays, c'est le chef-lieu de la Communauté autonome de Madrid qui appartient à la province de Madrid. Elle abrite également le siège de l'OMT,...) en novembre 1945 partagent le Sahara Occidental entre le Maroc et la Mauritanie. Toutefois, le Polisario, front de libération du Sahara Occidental ne l'entend pas ainsi et mène des actions de guérilla dans la partie sud en vue d'obtenir l'indépendance. Essentiellement dirigées contre la voie ferrée (Une voie ferrée est un chemin de roulement pour les convois ferroviaires, constitué d'une ou plusieurs files de rails dont l'écartement est maintenu par une fixation sur des traverses, reposant sur du...), axe de transit du phosphate (Un phosphate, en chimie inorganique, est un sel d'acide phosphorique résultant de l'attaque d'une base par de l'acide phosphorique.) mauritanien, elles déstabilisent la région. La France intervient alors en déclenchant l'opération "Lamantin" fin 1977 : deux Breguet Atlantic (Le Bréguet Br-1150 Atlantic est un avion de patrouille maritime, conçu par Bréguet Aviation et produit par la SECBAT, commercialisé depuis 1967 par la société Dassault Aviation. Deux...) de la Marine, une dizaine de Jaguar et deux avions ravitailleurs C135F sont déployés à Dakar au Sénégal afin de mettre un coup d'arrêt aux actions du Polisario. Après plusieurs raids dévastateurs des Jaguar en novembre et décembre 1977, la guérilla n'opère plus au grand jour avec de lourdes colonnes de véhicules armés, mais se contente de coups de main de faible ampleur, justifiant le maintien du dispositif. C'est dans ce contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui l'entourent. Le...) que le personnel du 3/3 vient en renfort des autres unités sur Jaguar pour les relayer sur le théâtre. Le détachement comporte généralement six pilotes et une petite trentaine de mécaniciens. La chaleur (Dans le langage courant, les mots chaleur et température ont souvent un sens équivalent : Quelle chaleur !) au sol est fatigante pour tous et les vols longs sont rendus délicats par les orages, les vents de sable (Le sable, ou arène, est une roche sédimentaire meuble, constituée de petites particules provenant de la désagrégation d'autres roches dont la dimension est comprise entre...) et les oiseaux. Les missions sont alors de deux types : guidage par l'Atlantic et entraînement canon sur le champ (Un champ correspond à une notion d'espace défini:) de tir de Bennichab avec ravitaillement en vol ou reconnaissance à vue dans le sud de la Mauritanie. Ponctuellement le Polisario rompant le cessez-le-feu, comme le 12 juillet 1979avec l'attaque de Tichla, des vols dissuasifs sont déclenchés : une patrouille de quatre Jaguar effectue une reconnaissance photo à très basse altitude le long de la voie ferrée Zouerate-Nouadhibou assistée par un ravitailleur et un Atlantic ainsi que par un hélicoptère (Un hélicoptère est un aéronef à voilure tournante dont le ou les rotors procurent à eux seuls la propulsion et la sustentation pendant toutes les phases du vol.) Puma (Le puma (Puma concolor) appartient à la famille des félidés. Il est également connu dans certaines régions sous le nom de couguar, cougar, lion des montagnes...) en cas d'éjection.

Courant 1979, la France engage sa politique africaine sur la voie de l’intervention en Afrique centrale, notamment au Tchad et en Centrafrique. La décision est rapidement prise d’envoyer des troupes au sol appuyées par des chasseurs Jaguar. Deux opérations imbriquées sont déclenchées en parallèle : l’opération Tacaud au Tchad et Barracuda en Centrafrique. Le 3/3 se voit naturellement sollicité pour participer aux relèves de ces deux opérations en collaboration avec les 7e et 11e escadres.

A chaque détachement, le 3/3 déploie quatre pilotes et 20 à 26 mécaniciens. Sur place ils trouvent quatre Jaguar des 7ème et 11ème escadres, que ce soit à N’Djamena ou à Libreville, les deux terrains de déploiement utilisés dans le cadre de l’opération. Au Tchad, lorsque le 3/3 arrive en 1979, la formation du gouvernement est réalisée et le climat (Le climat correspond à la distribution statistique des conditions atmosphériques dans une région donnée pendant une période de temps donnée. Il se distingue de la...) est plutôt à la détente. Néanmoins, il assure une alerte à 1h de jour. Les missions sont principalement des reconnaissances à vue le long des pistes ou des guidages par un Atlantic avec entraînement au ravitaillement en vol. Il arrive parfois que la désignation d’objectif soit faite par un hélicoptère L19 de l’ALAT en liaison avec l’Atlantic et un Officier de Guidage Terminal (OGT) au sol. Ces missions se concluent ponctuellement par un tir canon réel sur le champ de tir de Massaguet. La météo est bonne, seuls la chaleur et les vents de sable rendent le travail pénible. Aussi, la piscine du camp du Dubut et les séances de cinéma (On nomme cinéma une projection visuelle en mouvement, le plus souvent sonorisée. Le terme désigne indifféremment aujourd'hui une salle de projection ou l'art en lui-même.) au PC Tacaud sont appréciées. L’ambiance « détachement » est excellente, elle soude les hommes autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit constituent les 5 genres...) des soirées brochettes et des méchouis régulièrement organisés. Même la St Eloi n’est pas oubliée ! Enfin, les voyages à Dougia, les missions sur Douala et Abidjan (Abidjan est la capitale économique de la Côte d'Ivoire (dont la capitale administrative est Yamoussoukro) et la ville la plus peuplée de l'Afrique de...) en Côte d’Ivoire et les vols en Puma ou en Atlantic pour les mécaniciens permettent à chacun de se détendre. Au Gabon, le 3/3 assure une alerte à 3h de jour. Sa mission consiste à établir une couverture aérienne sur N’Djamena pour le retrait des troupes françaises les 15 et 16 mai 1980. Par la suite, les vols alternent entre entraînement au tir sur le champ de tir d’Ekwata ou guidage par Atlantic avec ravitaillement au Gabon, sorties photos au Zaïre et missions opérationnelles sur le Tchad. Une mission photo est déclenchée le 6 août 1981 afin de survoler la zone de crash de deux Mirage 5 de l’armée de l’air gabonaise. A Libreville, les plafonds bas sont fréquents le matin dans cette région beaucoup plus humide que le Tchad. Le premier détachement dans le cadre de Tacaud est en astreinte à Libreville même. Par la suite, les détachements s’inscrivent dans le cadre de Murène : le logement à l’Intercontinental Okoume Palace et les locaux en dur établi sur le camp assurent un confort satisfaisant. Les détachements se multipliant, les sorties s’organisent : repas brochettes aux gambas, visite de Lambarène, sorties en brousse avec le 6e BIMA, etc...

Courant 1986, au Tchad, des combats violents opposent l’armée nationale tchadienne d’Hissène Habré soutenue par la France aux forces de Goukouni Oueddeye soutenues par la Libye. Suite au lancement de la construction par le colonel Khadafi d’une base aérienne fortement protégée à Ouadi Doum, au nord du Tchad, la France décide de surveiller les travaux de près et se prépare à agir. L’opération Epervier commence. Après plusieurs missions de reconnaissance et une première attaque de la piste par onze Jaguar du 1/11 “Roussillon” (le 16 février 1986 au petit matin), le 3/3 déploie à Bangui une cellule Martel de quatre Jaguar le 22 février. Le 3/3 tient alors l’alerte permanente Martel à Bangui jusqu’au 13 août 1986, où il est de retour en métropole (Une métropole (du grec mêtêr, mère, et polis, ville) est la ville principale d'une région géographique ou d'un pays, qui à la tête d'une aire urbaine...). Il assure toutefois toujours une astreinte FAR et le samedi 14 novembre 1986, une nouvelle cellule Martel part sur alerte pour Bangui. Pour la première fois, des avions de l’“Ardennes” sont du voyage (le A16 et le A 23). La mission, préparée dans le plus grand secret fin décembre, prévoit l’attaque des trois systèmes sol-air SA 6 “Straight Flush” et du radar de surveillance associé “Flat Face” sur le terrain de Ouadi Doum. Devant théoriquement s’effectuer aux environs de Noël, elle est transmise à la relève du 30 décembre, composée du Cdt Lebourg, second du 3/3, du Cne Saussier, du Ltt Wurtz, du Ltt Guy et de l’Asp Pages. Le 1er janvier, l’alerte passe à 1 h de jour et 2 h de nuit. Ordre puis contrordre de monter les missiles se succèdent le 4 janvier. « Le Détam se déroulait tranquillement lorsque le 5 janvier il fallut monter les BDG. » Le 5 à 18 h 00, Lebourg Saussier et Raffin préparent la mission à N’djamena. De retour vers 20 h 30, ils finissent la préparation à minuit.

« Après une préparation particulièrement minutieuse et une nuit plutôt courte », le 6 janvier 1987 à 6 h 30 du matin, la mission F1177 composée de trois Jaguar décolle de Bangui dans le brouillard, sans le Ltt Wurtz qui rentre au parking suite à une panne du missile. « Après trois ravitaillements en vol et une ballade à 15 Nm de la base libyenne, les radars dormaient ce jour-là… », la patrouille se pose vers 10 h 00 locales à N’djamena. Dans l’après-midi, le Ltt Wurtz rejoint le dispositif alors que la mission est reconduite pour le lendemain. Le 7 janvier vers 11 h 30, alors qu’une patrouille de Mirage F1CR taquine les radars libyens, un Atlantic de la Marine perçoit la mise en fonctionnement du site de Ouadi Doum. La patrouille des quatre Jaguar du 3/3 en alerte, composée du Cdt Lebourg, du Cne Saussier, du Ltt Wurtz et du Ltt Guy décolle immédiatement. Les libyens n’ayant allumé que le radar de surveillance “Flat Face”, seul le Ltt Wurtz équipé du Martel couvrant la bonne bande de fréquence (Une bande de fréquence définit une plage de fréquences qui ont des propriétés similaires :) tire, les trois autres étant équipés de Martel destinés aux systèmes sol-air SA6 “Straight Flush”. « Guitou s’en mêle et s’homologue un Flat Face. » Les missions F1182 et 1183 rentrent à N’Djamena après 2 h 30 et deux ravitaillements. Ce succès est un bel (Nommé en l’honneur de l'inventeur Alexandre Graham Bell, le bel est unité de mesure logarithmique du rapport entre deux puissances, connue pour exprimer la...) aboutissement à la présence permanente des personnels de l’unité en Afrique depuis février 1986. Dans la foulée, tout le détachement Martel quitte Bangui pour s’installer définitivement à N’Djamena. Après une relève, le détachement se pérennisera jusqu’au 13 avril 1987 sans aucune autre mission avec tir réel. Pendant près de 18 mois, le 3/3 a assuré l’alerte Martel avec seulement 12 à 14 pilotes opérationnels, soit trois à quatre détachements de deux mois par pilote. Enfin, les contraintes budgétaires et la réorganisation de l’armée de l’air autour des familles Mirage 2000, Mirage III et Jaguar contraignent l’unité à se séparer avec beaucoup de regrets de ses Jaguar au profit des 7e et 11e escadres. Le 29 mai 1987, l’Adj Martin pose le dernier avion à Toul, tournant définitivement la glorieuse page Jaguar du 3/3. L’ère du Jaguar aura duré d’avril 1977 à mai 1987, période qui a vu l’unité effectuer 35 372 h 45 sur cet appareil.

La pénétration sur Mirage IIIE.

Nancy-Ochey, France, mai 1987 - juin 1994

Le 3/3 passe alors sur Mirage IIIE, homogénéisant ainsi la flotte de Nancy, le 1/3 et le 2/3 volant sur la machine depuis 1965. Inauguré par l’aspirant Fricker, la transformation Mirage IIIE débute dès le mois d’avril 1987 à Colmar. En juin, elle s’intensifie : les pilotes effectuent alors leur lâcher à l’EC 1/13 Artois tandis que les mécaniciens suivent les cours de l’ETIS. Le 1er juillet 1987, le Mirage IIIE n°554 « 3-XA » est le premier avion à rejoindre le 3/3 à Nancy où l’entraînement se poursuit provisoirement au sein des EC 1/3 et 2/3. L’escadron récupère alors progressivement les avions laissés vacants depuis peu par l’EC 1/4 qui passe sur Mirage 2000N. Et c’est finalement le 7 septembre qu’a lieu la réouverture officielle de l’escadron dans ses locaux, par le général Pessidous, commandant la FATAC 1re RA. L’escadron dispose alors de six pilotes transformés et comptabilise déjà 214 sorties à la fin du mois. La zone du 3/3 fait alors l’objet de profondes modifications: des sites de guet et un atelier sont construits en 1988 et les deux premières astroarches (la 6 et la 9) surgissent en 1989, alors qu’est inauguré comme il se doit le nouveau bar mécano !

Au 1er janvier 1988, l’escadron compte 15 avions, 19 pilotes, 2 officiers renseignements, 2 officiers mécanos, environ 90 sous-officiers et 15 appelés. Tous œuvrent pour la nouvelle mission principale du 3/3 : l’assaut conventionnel avec CME (Contre-mesures électroniques) qui est alors réalisée en configuration 1 AS30, 2 bidons de 1 700 l, brouilleur Barax et lance-paillettes Phimat. L’AS 30 est un missile supersonique (Supersonique signifie « supérieur à la vitesse du son ».) téléguidé par le pilote après le tir, soit en maintenant un réticule de visée sur l’objectif, soit en pilotant en manuel le missile à l’aide d’une poignée en cabine (Sur un bateau, une cabine désigne une pièce d'habitation pour une ou plusieurs personnes. Une cabine peut prendre plusieurs aspects : sur un grand navire, elle prend l'apparence d'un...) qui nécessiterait bien la greffe d’une troisième main ! Et le 3/3 attaque fort, puisque dès la première année sur Mirage III E, les sangliers remportent la coupe tactique 1988 (Cdt Dudret et Adc Chenet). A partir de 1991, la mission principale devient l’assaut antiradar AS 37 Martel avec CME, tandis que l’assaut conventionnel AS 30, roquettes, bombes lisses, BAT 120 et caméra (Le terme caméra est issu du latin : chambre, pour chambre photographique. Il désigne un appareil de prise de vues animées, pour le cinéma, la télévision ou la vidéo.) OMERA 60 passe en mission secondaire n°1 et la défense aérienne en tant que couverture du corps de bataille terrestre constitue la mission secondaire n°2. En outre, le 3/3 assure la Permanence Opérationnelle : la première PO est tenue le 6 décembre 1990.

Si “les années Mirage III” (1987-1994) ne voient plus aucun détachement opérationnel, elles sont en revanche riches en échanges à l’étranger. Pratiquement chaque année le 3/3 se rend à Lechfeld près de Munich ou reçoit les Tornado allemands antiradar des Staffel 321 ou 322 du JBG-32. En 1992 et 1993, quatre avions partent en échange à Sidi Slimane pour effectuer des vols mixtes avec leurs homologues marocains.

Et en 1990, le 3/3 entraîne la patrouille de démonstration (En mathématiques, une démonstration permet d'établir une proposition à partir de propositions initiales, ou précédemment démontrées à partir de propositions...) “B” sur Mirage IIIE. Les « Commis Romeo », composés du Cne Connan et du Ltt Armada évoluent à quelques mètres l’un de l’autre au cours de nombreux meetings : Grenoble, Epinal, Colmar, Cognac. Reprise par le 1/3 et le 2/3, elle revient au 3/3 en 1993 avec les « Couteaux Charlie », les Cne Monsterleet et Dupuy qui effectuent leur première exhibition au meeting d’Istres le 16 mai avant de se rendre à Phalsbourg, Finningley, Lièges etc. L’ultime présentation “B” se déroule lors du cinquantenaire de l’escadron, sous l’indicatif « COMMIS TANGO », le 9 octobre 1993, en présence de nombreux invités. Ceux-ci peuvent également admirer à cette occasion le Mirage IIIE n° 491 peint spécialement, un défilé de Mirage III et de Tornados de Lechfeld ainsi qu’une stèle commémorative.

L’année 1994 est marquée par l’adieu au Mirage IIIE. L’escadron abandonne officiellement la mission antiradar Martel, fin février. Puis, il effectue le dernier vol opérationnel sur Mirage IIIE dans l’armée de l’air le 11 mai, au cours d’une cérémonie qui voit défiler les cinq derniers Mirage IIIE du 3/3 (Cdt Laurent, Lcl Rouzaud, Cdt Roth, Cne Jakymiw et Asp Monhée). Enfin, le 3 juin 1994 une cérémonie à Colmar marque le retrait officiel des Mirage IIIE et Mirage 5F de l’armée de l’air. Le 3/3 y défile fièrement au sol et en vol : depuis le 13 mars 1993, l’EC 3/3 “Ardennes” était le dernier escadron de l’armée de l’air à mettre en œuvre le Mirage III E. L’avènement du Mirage 2000 se précise… Lors de la cérémonie officielle d’arrivée du Mirage 2000D sur Nancy le 29 mars 1994, le Cdt Roth défile avec un Mirage IIIE et quatre Mirage 2000D du 1/3. Finalement, c’est le 7 juin que l’escadron de convoyage vient chercher les derniers Mirage IIIE, les appareils n° 491 XL, 527 XJ et 564 XN. Ce chasseur polyvalent disparaît alors définitivement de l’inventaire de la FATAC après 30 ans de carrière. Commémorant l’événement, le Mirage III E n°564 (Cdt Laurent, commandant du 3/3) vole en patrouille avec le Mirage 2000D n°617, premier Mirage 2000D de l’escadron (Cdt Roth, second du 3/3 et Ltt Foubert qui appartient alors encore au 1/3).

La frappe chirurgicale sur Mirage 2000D.

Nancy-Ochey, France, juin 1994 - nos jours

Livrée spéciale à l'occasion des 60 ans du 3/3
Mirage 2000D du 3/3 survolant la ville de Sedan

Comme pour le Mirage III E, le 3/3 est le dernier escadron de Nancy à passer sur Mirage 2000D. L'escadron touche son premier exemplaire, le n°617 fraîchement sorti des usines Dassault, le 30 mai 1994. Le passage sur cette nouvelle monture bourrée d'électronique ne se fait pas sans changement: d'emblée, c'est une véritable révolution qui s'opère dans un contexte de crise sur les Balkans. Tout d'abord, le 3/3 change de dimension (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son...) technologique avec l'adaptation à cet avion ultra (ULTra (pour (en)« Urban Light Transport ») est un système de transport individuel de type Personal Rapid Transit (PRT), autrement dit un moyen de transport...) moderne qui occupe l'ensemble du personnel d'avril à décembre 1994: tout est nouveau, de l'armement guidé laser (Un laser est un appareil émettant de la lumière (rayonnement électromagnétique) amplifiée par émission stimulée. Le terme laser provient de l'acronyme anglo-américain « light amplification...), au système de navigation et d'attaque couplé au GPS, en passant par les commandes de vol électriques. Qui plus est, le système évolue encore du standard R1N1 et R1N1L au standard R1 définitivement atteint en février 1995.

Le 3/3 change également de dimension physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général et ancien, la physique désigne la...): ses locaux et son personnel doivent être redimensionnés à la taille d'un escadron biplace. En effet, en 1995 le 3/3 c'est désormais 15 appareils, environ une quarantaine (La quarantaine (venant de l'italien : quaranta giorni, qui signifie 40 jours, ou bien du français : quarantaine de jours) est le fait de mettre à l'écart des personnes ou des animaux...) de pilotes et navigateurs et 120 mécaniciens. Jusqu'au 23 juillet 1999, date de réception du n°665, son vingtième et dernier appareil, il ne cesse de grossir pour atteindre 25 équipages et 150 mécaniciens environ. D'importants travaux d'agrandissement du hangar (Un hangar est un bâtiment souvent réduit à une couverture et servant à abriter des véhicules, des aéronefs, à stocker des récoltes, des matériaux ou des marchandises. Le mot hangar provient d'un...) mécanicien HM1 et du bâtiment du personnel navigant, la construction de deux hangars de 800m² et 400m² et de dix hangarettes pour avions l'obligent donc à s'exiler au HM13 de l'été 1994 à l'été 1995. Le Lcl Adrien inaugure les locaux agrandis le 19 juin 1995, en présence du commandant de la base, le Col Roche (La roche, du latin populaire rocca, désigne tout matériau constitutif de l'écorce terrestre. Tout matériau entrant dans la composition du sous-sol est formé par un...). Le déménagement (Un déménagement est une action qui consiste à ôter tout ou partie des biens mobiliers contenus dans un local pour les transporter vers un autre. Il peut concerner un logement, des bureaux, un local commercial, une...) occupe ensuite les 29 et 30 juin, avant le retour des avions le 21 août 1995. Enfin, le 3/3 change de dimension opérationnelle: il renoue avec les opérations extérieures grâce à sa capacité de ravitaillement en vol, son système d'auto protection électronique intégré, sa précision, son interopérabilité (L'interopérabilité est la capacité que possède un produit ou un système dont les interfaces sont intégralement connues à fonctionner avec d'autres...) et surtout son concept de répartition des charges de travail à bord entre les deux membres d'équipage. Ainsi, de 1994 à 1996, le personnel du 3/3 est déployé à Cervia en Italie et est engagé sur la Bosnie Herzégovine dans le cadre des opérations "Deny Flight" puis "Deliberate Force". Par la suite, il est engagé sur le Kosovo et la Bosnie-Herzégovine de 1998 à 2002, l'Afghanistan en 2002, la République démocratique du Congo (RDC) en 2003, et enfin à nouveau en Afghanistan en 2005, jusqu'à nos jours.

En 2003, l'escadron fête ses 60 ans. A cette occasion, tous les anciens sont conviés à une cérémonie suivie d'un repas mémorable dans les locaux du 3/3. Une livrée spéciale sera peinte sur le Mirage 20000D 630.

En 2006, un parrainage entre la ville de Sedan dans les Ardennes françaises et l'escadron marque officiellement les liens particuliers unissant l'escadron et sa région homonyme.

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