Douleur
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Siège de la douleur

Les douleurs portent des noms différents selon leur siège. Ces noms sont en général en « -algie » :

  • courbature : douleur musculaire suite à un effort
  • céphalée : mal de tête (exemple : la migraine)
  • dorsalgie : douleur (La douleur est la sensation ressentie par un organisme dont le système nerveux détecte un stimulus nociceptif. Habituellement, elle correspond à un...) du dos (En anatomie, chez les animaux vertébrés parmi lesquels les humains, le dos est la partie du corps consistant en les vertèbres et les côtes. Les dorsaux étaient les muscles les plus sollicités par les singes...)
  • lombalgie : douleur du rachis lombaire
  • hépatalgie : douleur au foie (Le foie est un organe abdominal impair et asymétrique, logé chez l'homme dans l'hypocondre droit, la loge sous-phrénique droite, la partie...)
  • névralgie : douleur sur le trajet d'un nerf (En neuroanatomie, au sein du système nerveux , périphérique et central, un nerf désigne un regroupement d'axones, myélinisés ou non, issus de cellules nerveuses ou neurones. La myélinisation est assurée par...) (exemple : la névralgie du trijumeau)
  • rachialgie : douleur au rachis
  • coxalgie  : douleur à la hanche (La hanche ou articulation coxo-fémorale est une articulation (énarthrose) qui permet de joindre la cuisse au bassin. Elle met en jeu deux os : l'os iliaque et le fémur.) mais ce terme est également employé dans un tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) autre sens : tuberculose (La tuberculose est une maladie infectieuse transmissible et non immunisante, avec des signes cliniques variables. Elle est provoquée par une mycobactérie du complexe tuberculosis correspondant...) de la hanche

Réaction à la douleur

La réaction à la douleur est utilisée pour évaluer l'état neurologique d'un patient (Dans le domaine de la médecine, le terme patient désigne couramment une personne recevant une attention médicale ou à qui est prodigué un soin.), et notamment son état de conscience. Il fait partie du bilan des secouristes ainsi que de l'échelle de Glasgow.

Si la victime n'a pas de réaction spontanée, ni au bruit (Dans son sens courant, le mot de bruit se rapproche de la signification principale du mot son. C'est-à-dire vibration de l'air pouvant donner lieu à la création d'une sensation auditive.) ou au toucher (Le toucher, aussi appelé tact ou taction, est l'un des cinq sens de l'homme ou de l'animal, essentiel pour la survie et le développement des êtres vivants, l'exploration,...), on teste sa réaction à la douleur. Il convient d'exercer une stimulation (Une stimulation est un événement physique ou chimique qui active une ou plusieurs cellules réceptrices de l'organisme. La cellule traduit la stimulation par un potentiel d'action, qui est transmis par...) qui ne cause pas de blessure (Une blessure est une lésion, physique ou psychique, faite involontairement ou dans l'intention de nuire.) ni d'aggravation de l'état. Plusieurs méthodes peuvent être employées.

On a longtemps pratiqué un pincement de la peau ; celui-ci doit être évité. Sur une personne consciente, on n'utilise qu'un léger pincement aux extrémités (dos de la main (La main est l’organe préhensile effecteur situé à l’extrémité de l’avant-bras et relié à ce dernier...) ou dessus du pied, face interne (En France, ce nom désigne un médecin, un pharmacien ou un chirurgien-dentiste, à la fois en activité et en formation à l'hôpital ou en cabinet...) du bras) pour vérifier si la personne ressent ce qu'on lui fait, mais pas comme méthode de stimulation d'une personne sans réaction.

  • une pression (La pression est une notion physique fondamentale. On peut la voir comme une force rapportée à la surface sur laquelle elle s'applique.) avec les doigts sur l'arrière de la mâchoire inférieure (nomenclature internationale = mandibule), sous les oreilles,
  • une pression appuyée au niveau sus-orbitaire.

Traitement de la douleur

En France, le traitement de la douleur a longtemps été considéré comme secondaire, pour de nombreuses raisons culturelles :

  • on a longtemps cru que les nourrissons ne souffraient pas, car leur système nerveux (Le système nerveux est un système en réseau formé des organes des sens, des nerfs, de l'encéphale, de la moelle...) n'est pas mature (les neurones sont incomplètement myélinisées) ; par ailleurs, ils n'expriment pas leur douleur de manière spécifique (autre que par des cris et des pleurs, qui sont leur mode de communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique, interpersonnelle, groupale...) que l'animal (communication intra- ou inter- espèces)...) habituel) ;
  • la douleur révèle une affection, l'enlever supprime un élément de diagnostic : ceci n'est valable qu'avant le diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de δια-, dia-, „par, à travers, séparation,...) (il est vrai qu'une autre douleur peut apparaître et être masquée par le traitement antalgique) ; par ailleurs, certains actes diagnostics sont eux-mêmes générateurs de douleur, notamment les actes invasifs comme une ponction osseuse ;
  • le traitement de la douleur aiguë fait appel à des médicaments classés comme stupéfiants, on avait peur que le patient devienne dépendant : ceci est insignifiant dans le cas d'un patient en fin de vie ;
  • certains avancent le poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la Terre sur un corps massique en raison uniquement du voisinage de la Terre. Elle...) de la culture (La Culture est une civilisation pan-galactique inventée par Iain M. Banks au travers de ses romans et nouvelles de science-fiction. Décrite avec beaucoup de précision et de détail, La Culture peut être...) judéo-chrétienne dans laquelle l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme prépubère est appelé un garçon,...) et la femme ont été destinés à souffrir en étant chassés du paradis.

Maintenant, la douleur est considérée comme une affection spécifique, et parfois même comme une urgence (par exemple, colique (La colique est une pathologie de la cavité abdominale. Dans le langage courant, la colique est associée à une douleur abdominale intense résultant de violentes...) néphrétique).

L'OMS définie trois paliers de douleur auxquels elle associe des principes thérapeutiques

Niveau 1 OMS : douleurs faibles ou modérées Antalgiques non morphiniques : paracétamol (Le paracétamol, aussi appelé acétaminophène, est la substance active de nombreuses spécialités médicamenteuses de la classe des antalgiques antipyrétiques non salicylés. Il est indiqué dans le...), aspirine et AINS
Niveau 2 OMS : douleurs modérées Antalgique (Les antalgiques sont des médicaments destinés à réduire la douleur.) dérivé de la morphine : codéine (La codéine (ou méthylmorphine) est l'un des alcaloïdes contenus dans le pavot somnifère (Papaver somniferum). Elle est utilisée comme analgésique à visée antalgique et comme antitussif.) (associée à du paracétamol), tramadol (Le tramadol est un analgésique central ayant une activité proche de celle de la codéine, car il est un analogue de celle-ci. On le classe dans la catégorie des...)
Niveau 3 OMS : douleurs intenses Morphine (La morphine (du grec Μορφεύς, Morphée dieu du sommeil et des rêves) est un alcaloïde de l'opium utilisé comme médicament contre la douleur (analgésique)....)

À noter la classification délicate du néfopam (Acupan) dans les paliers de l'OMS. Il s'agit d'un antalgique non morphinique (=palier 1 de l'OMS) mais de puissance (Le mot puissance est employé dans plusieurs domaines avec une signification particulière :) équivalente à un médicament (Un médicament est une substance ou une composition présentée comme possédant des propriétés curatives, préventives ou administrée...) de palier 2.

Le traitement de la douleur dépend de l'intensité et de son origine, le traitement définitif étant le traitement de la cause, lorsque cela est possible. Il peut faire appel :

  • à un réconfort, au fait de détourner l'attention, au fait d'expliquer ce qui se passe (diminuer l'anxiété) ; cela est particulièrement flagrant avec les enfants ;
  • à une position d'attente : installation du patient dans une position qui minimise la douleur (le patient adopte en général instinctivement cette position) ;
  • au froid (Le froid est la sensation contraire du chaud, associé aux températures basses.) ou au chaud : suivant le type de douleur(mécanique ou inflammatoire), et appliqué localement et avec modération, il calme la douleur ;
  • à la dentisterie : douleurs posturales (muscles, myalgies) induites par une hauteur (La hauteur a plusieurs significations suivant le domaine abordé.) inadaptée des dents naturelles (voir "Science (La science (latin scientia, « connaissance ») est, d'après le dictionnaire Le Robert, « Ce que l'on sait pour l'avoir appris, ce que l'on tient pour vrai au sens large. L'ensemble de...) de l'occlusion dentaire") ;
  • à la kinésithérapie, massage, physiothérapie ;
  • à l'hypnose ;
  • à des anti-inflammatoires ;
  • à des antalgiques ;
  • à des sédatifs ;
  • dans les cas extrêmes à l'anesthésie ;
  • et dans certains cas, on a recours à l'antalgie interventionnelle.

Dans le cas de douleurs intenses, on peut laisser au patient la possibilité de gérer l'antalgie lorsque celle-ci est administrée par perfusion (La perfusion (du latin perfundere) est le processus physiologique qui permet d'alimenter un organe en composés chimiques (nutriments et oxygène)...) de morphine : le patient dispose d'un bouton poussoir qui active l'injection (Le mot injection peut avoir plusieurs significations :) de morphine, la quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre d’objets ou d’une autre manière de dénommer...) injectée étant limitée par un réglage de l'appareil sur prescription médicale. Cette modalité d'analgésie (L'analgésie est l'interruption de la transmission du signal neuronal de douleur depuis la zone lésée, en souffrance, vers le cerveau.) est appelée analgésie contrôlée par le patient (ACP) ou PCA en anglais.

Le traitement de la douleur peut aussi reposer sur des méthodes de traitement physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général et ancien, la physique...): kinésithérapie, ostéopathie (Créée le 22 juin 1874 par le médecin américain Andrew Taylor Still (1828-1917), l'ostéopathie est fondée sur des techniques...), ergothérapie, rééducation sensitive de la douleur, etc.

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