Château fort - Définition et Explications

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Le devenir des anciens châteaux forts en France

Une réflexion a été engagée sur la fonction, l’utilisation ou bien la réutilisation de monuments, particulièrement des ruines de châteaux-forts, qui sont à l’abandon et menacés de disparition. Diverses tendances se sont exprimées dont aucune n’avait malheureusement fait réellement état en préliminaire des vraies questions qui sont les suivantes :

  1. La tâche est très urgente, de nombreux édifices sont menacés de disparition à court ou très moyen terme.
  2. Il s’agit d’une entreprise colossale, car il faut intervenir sur de nombreux sites à la fois, chacun étant un gouffre (Un gouffre désigne généralement, au sens propre, une cavité souvent d'origine karstique dont l'entrée s'ouvre dans le sol (par opposition à une caverne ou une grotte, dont l'entrée s'ouvre dans une paroi).) financier.
  3. Les travaux doivent présenter toutes les garanties scientifiques ; et il faut aussi établir une doctrine d’usage qui doit devenir un cahier des charges (Un cahier des charges est un document visant à définir exhaustivement les spécifications de base d'un produit ou d'un service à réaliser. Outre les spécifications de base, il décrit ses modalités d'exécution. Il définit aussi les...) permettant de renforcer leur valeur documentaire, essentiellement en établissant un corpus de référence et d’authenticité.

Comment sauver rapidement de façon scientifique (Un scientifique est une personne qui se consacre à l'étude d'une science ou des sciences et qui se consacre à l'étude d'un domaine avec la rigueur et les méthodes...) le maximum d’édifices ? Les réflexions des « Entretiens du Patrimoine » qui se sont déroulés à Caen en novembre 1992 sur le thème « Faut-il restaurer les ruines ? » ont permis de clarifier les problèmes et de définir des principes. Les sujets abordés ont fait l’objet d’un débat (Un débat est une discussion (constructive) sur un sujet, précis ou de fond, annoncé à l'avance, à laquelle prennent part des individus ayant des avis, idées, réflexions ou opinions divergentes pour le sujet considéré. Un débat...) entre fonctionnaires et architecte (L'architecte est le professionnel du bâtiment dont la fonction est de concevoir et de diriger la réalisation d'une œuvre d'architecture pour le compte d'un propriétaire qui peut être un particulier, une...), sans a priori (mais sans l’avis des usagers) sur les problèmes des ruines en général : ruine (Une ruine est le reste d'un édifice dégradé par le temps ou une destruction plus rapide. Elle apparaît souvent dans la peinture occidentale avec pour effet de donner un caractère...) romantique - ruine symbolique ; conservation - lisibilité ; restitution - invention ; réutilisation - reconstruction.

Quatre grands principes se sont dégagés des débats : respect des ruines romantiques les plus prestigieuses ; intégrer le « paysage » dans le traitement des ruines, ce qui nécessite une vigilance (Son attention prend un aspect d'intensité pour solliciter l'ensemble de ses capacités de perception et les concentrer sur le déroulement de la...) au titre des abords ; accepter parfois une modification du statut de certaines ruines à travers des utilisations, plus rarement des réutilisations bien organisées, impliquant un programme et une volonté des demandeurs ; informer le public des projets de restauration, l’aspect « communication » étant encore nettement insuffisant. Pour répondre à cette attente, il suffirait dans un premier temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.), dans un souci de transparence (Un matériau ou un objet est qualifié de transparent lorsqu'il se laisse traverser par la lumière. Cette notion dépend de la longueur d'onde de la lumière : ainsi, le verre est transparent dans le visible (on...) des informations, de publier les études préalables et de généraliser l’édition de brochures présentant les travaux de restauration envisagés.

Évolution des forteresses en Occident (Xe-XVIIe siècles)

La physionomie des châteaux forts a changé au cours du Moyen Âge parallèlement à l'évolution des techniques militaires et de siège (poliorcétique). La structure et l'ampleur des châteaux forts dépendent également des régions et du pouvoir de son propriétaire.

On peut distinguer plusieurs étapes, dans l'ordre chronologique :

L'enceinte castrale (Xe-XIIe siècles)

L'enceinte castrale est, avec la motte féodale, le premier château-fort de l'histoire. Il semble même, d'après les recherches archéologiques récentes en Normandie, qu'elle serait antérieure à la motte (avant 1066). La fortification (La fortification (du latin fortis, fort, et facere, faire) est l'art militaire, de renforcer une position ou un lieu contre une attaque.) occupe souvent un éperon ou un promontoire. Une tour-porche en protège l'entrée. Surmontée probablement d'une palissade, l'enceinte est en terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des quatre planètes...), celle retirée du fossé.

Ce château-fort primitif couvrit en fait toute l'Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité occidentale du continent...) occidentale.

Le premier château de Caen (Le château de Caen se trouve au cœur de la ville de Caen. Il fut créé au Moyen Âge par Guillaume le Conquérant vers 1060, puis il connut de nombreux aménagements. Avec 5,5 hectares, c’est...), édifié pour le duc Guillaume (Guillaume est un prénom masculin d'origine germanique. Le nom vient de Wille, volonté et Helm, heaume, casque, protection.) le Conquérant, en constitue le plus bel (Nommé en l’honneur de l'inventeur Alexandre Graham Bell, le bel est unité de mesure logarithmique du rapport entre deux puissances, connue pour exprimer la puissance du son. Grandeur sans dimension en dehors...) exemple normand. L'enceinte enferme 5 ha et épouse un éperon. Avant la fondation du donjon (Le donjon est la tour la plus haute d'un château fort, destinée à servir à la fois de point d'observation, de poste de tir et de dernier refuge...) au XIIe siècle, une grosse porte fortifiée formait son élément défensif le plus important. L'enceinte castrale se trouvait en fait un peu partout dans les campagnes normandes mais dans des tailles beaucoup plus modestes qu'à Caen : Le Plessis-Grimoult (Calvados) fouillé par Elisabeth Zadora-Rio, Mirville (Seine-Maritime) fouillé par Jacques Le Maho, Pont-Saint-Pierre (Eure)… Ce type de fortification semble aussi avoir cohabité avec le type « motte castrale » et perduré jusqu'au XIIe siècle.

La motte castrale (La motte castrale est un ouvrage de défense médiéval ancien, composé d'un rehaussement important de terre rapportée de forme circulaire, la motte. Il existe...) (deuxième moitié du Xe siècle / début du XIe siècle)

Les premières fortifications en bois : motte fortifiée de Dinan (Bretagne), d'après la tapisserie de Bayeux

Présentation

La motte castrale est une butte artificielle sur laquelle est aménagée une tour entourée d’une palissade et d'un large fossé. Les spécialistes les appellent aussi «château (Un château est à l'origine une construction médiévale destinée à protéger le seigneur et à symboliser son autorité au sein du fief. Les premiers châteaux...) à motte et basse-cour».

Les premières mottes sont aménagées à la fin de l’époque carolingienne entre Rhin (Le Rhin (Rhein en allemand, Rijn en néerlandais, Rhenus en latin, Rein en romanche) est un fleuve d'Europe long de 1 230 kilomètres et drainant...), Escaut et Loire. Les mottes apparaissent plus tardivement dans le nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) de l’Europe (XIIe siècle au Danemark) et à l’est de l’Elbe (XIIIe siècle) Certains sires érigeaient ces fortifications sans l'autorisation du prince : ce mouvement d'usurpation qui aboutira aux châtellenies du XIe siècle fut plus précoce dans le sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.) de la France. Dans la deuxième moitié du XIe siècle, le château à motte se multiplie et devient plus complexe en France. Il se diffuse en Allemagne et en Angleterre (L’Angleterre (England en anglais) est l'une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni. Elle est de loin la plus peuplée, avec 50 763 000 habitants (en 2006), qui représentent 83,8% de la...), après la conquête du duc Guillaume de Normandie. Elles se dotent alors d'une enceinte maçonnée au sommet de la motte.

Description

La motte à proprement parler et la haute-cour

Les dimensions (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son épaisseur, ou bien son diamètre si...) des mottes varient de 50 à 200 mètres de diamètre (Dans un cercle ou une sphère, le diamètre est un segment de droite passant par le centre et limité par les points du cercle ou de la sphère....) et d'une hauteur (La hauteur a plusieurs significations suivant le domaine abordé.) de 10 à 60 mètres.

L’habitation du seigneur pouvait être au sommet de la motte (dans une tour) ou bien dans la basse-cour. La tour était encerclée par une palissade ou un muret. Dans les premiers temps, la tour était en bois et comportait un ou deux étages où l'on trouvait des réserves et la chambre du châtelain et de sa famille ; entouré d'une palissade aménagée sur une levée de terre et d'un fossé en haut. L'entrée pouvait se faire par pont (Un pont est une construction qui permet de franchir une dépression ou un obstacle (cours d'eau, voie de communication, vallée, etc.) en...) amovible gardé par une porte et une tour en bois.

Basse-cour

La motte castrale est incluse dans un ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un tout », comme...) fortifié plus vaste qui comprend une basse-cour, séparée par un fossé. Cet espace était suffisamment vaste pour accueillir la population réfugiée. Au pied de la butte s'étendait une basse-cour avec des habitations, des écuries, des bâtiments agricoles et parfois le logis seigneurial (Le logis seigneurial, aussi appelé plus communément logis, est, au Moyen Âge de la fin du XIe siècle au milieu du...).

Construction

Le seigneur exigeait de ses paysans qu’ils participent aux travaux car ces derniers savaient construire leur maison : on commençait par tracer le plan au sol, puis on creusait un fossé dont les débris permettaient l’érection d’un rempart (Un rempart est un élément de fortification entourant un bourg, une ville ou une citadelle, apparaissant au XVIe siècle, et qui remplace la muraille. Il est un élément...) de terre. Le monticule en lui-même était élevé par couches successives, par accumulation de matériaux (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets.) apportés par chariots ou à dos (En anatomie, chez les animaux vertébrés parmi lesquels les humains, le dos est la partie du corps consistant en les vertèbres et les...) d’homme dans des hottes. Nul besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins primaires, les...) d’une main (La main est l’organe préhensile effecteur situé à l’extrémité de l’avant-bras et relié à ce dernier par le poignet. C'est un organe destiné à saisir et...) d’œuvre spécialisée pour élever ce genre de défense. Bâties en terre et en bois selon des plans variés, les mottes sont soumises aux intempéries (les palissades pourrissent) et aux incendies. Beaucoup d'entre elles ont disparu. La tapisserie de Bayeux est une source iconographique de première importance pour la connaissance des mottes castrales. Elle peut être complétée par les données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) archéologiques et la reconnaissance aérienne. Ces constructions de bois présentaient l'avantage de pouvoir être rapidement reconstruites, après un incendie par exemple. Elles servaient de refuge aux paysans des alentours, au temps des invasions scandinaves.

Premières forteresses en pierre (XIe siècle)

La fortification en pierre, souvent un donjon entouré de remparts, ne correspond pas à une étape de l'histoire des châteaux-forts. Autrement dit, les châteaux en pierre n'ont pas succédé aux châteaux en terre et bois. Le choix du matériau (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets. C'est donc une matière de base sélectionnée en raison de propriétés particulières et...) dépendait surtout des moyens du commanditaire.

Les premiers grands donjons à base rectangulaire en pierre apparaissent dans la vallée (Une vallée est une dépression géographique généralement de forme allongée et façonnée dans le relief par un cours d'eau (vallée fluviale) ou un glacier (vallée glaciaire). Un espace en...) de la Loire (Langeais, fin du Xe siècle). On attribue traditionnellement un rôle pionnier au comte d'Anjou, Foulque Nerra (987-1040). Les donjons sont adoptés en Normandie puis en Angleterre et en Allemagne au cours du XIe siècle. Celui de Loches mesure 37 mètres de haut.

Dans l'empire, en Italie et en France du sud, de petites tours de trois ou quatre étages pouvaient se dresser seules et servir de refuge ou de poste de guet. Elles n'étaient pas protégées par une muraille (Une muraille est un mur de grande hauteur destiné à protéger un ensemble de bâtiments par leur enceinte.).

L'âge d'or du château

L'apogée (Un apogée (du grec apogeios : loin de la terre ; apo : loin + gê : Terre), dans les domaines de l'astronomie et de l'astronautique, est le point extrême de l'orbite elliptique d'un astre ou d'un...) du château fort (Le château fort est une résidence fortifiée d’un homme et de sa mesnie, c'est-à-dire son entourage.) proprement dit est le XIIe siècle. On le désigne parfois sous l'expression « château roman ». À partir de 1150, les techniques castrales s’adaptent aux progrès de la poliorcétique :

  • Les murailles deviennent plus hautes et plus épaisses (Douvres vers 1180 : jusqu’à 7 mètres d’épaisseur pour le donjon) pour résister aux tirs des armes de sièges (trébuchets, puis mangoneaux). Les châteaux adoptent un plan plus « ramassé », plus « tassé » afin de réduire la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent abusivement confondu avec sa mesure, sa...) à défendre.
  • La courtine (Dans l’architecture militaire médiévale, une courtine est la muraille reliant deux tours ; dans l’architecture militaire bastionnée, c’est le rempart reliant deux bastions.) se dote de tours de flanquement à partir de 1160 ; elles sont d'abord rectangulaires, semi-circulaires et enfin circulaires. Elles sont de plus en plus nombreuses et rapprochées. Les tours circulaires résistent mieux aux mangonneaux et ne laissent aucun angle (En géométrie, la notion générale d'angle se décline en plusieurs concepts apparentés.) de tir mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant par exemple la mort des...). Elles nécessitent moins de pierre pour leur construction. Elles étaient souvent surmontées d'échauguettes ou coiffées de toits coniques. Le donjon voit par conséquent sa fonction de défense se réduire. Mais il demeure le symbole du pouvoir seigneurial. Il disparaît dans certains cas (Carcassonne). Les bâtiments de la basse-cour se regroupent contre la muraille.
  • Le donjon circulaire (comme au Louvre ou au Château de Rouen (Le château de Rouen est construit de 1204 à 1210 à Rouen, capitale du duché de Normandie, par Philippe Auguste, roi de France, à la suite de la conquête en 1204 du duché sur Jean...) construits sous Philippe Auguste), devient la règle générale après 1150. Le seigneur et sa famille ont tendance à habiter dans un Logis seigneurial plus confortable situé contre l'intérieur de l'enceinte.
  • Les meurtrières apparaissent à la fin du XIIe siècle pour faciliter le tir à l'arbalète.
  • Grâce à la fortune des princes, les constructeurs utilisent de plus en plus la pierre. Cependant, le bois est toujours utilisé pour les défenses annexes : barbacanes, lices, bretèches, hourds…

Aménagements du XIIIe siècle

Enfin, le château fort se dote d'une double enceinte au XIIIe siècle : les deux remparts dégagent donc un espace intermédiaire appelé « lices ». Des tourelles sont construites pour ne pas laisser d'angles morts. Un chemin de ronde ainsi qu'un fossé plus large et plus profond sont aménagés. Pour se défendre contre les projectiles incendiaires, les toits sont couverts de plomb (Le plomb est un élément chimique de la famille des cristallogènes, de symbole Pb et de numéro atomique 82. Le mot et le symbole viennent du latin...), les planchers sont remplacés par des voûtes de pierre. Le plan du château plus resserré et géométrique (carré pour le Louvre). Les princes et les rois font entourer leurs villes d'enceintes : Rouen, Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin...), Laon, Aigues-Mortes, Provins, Angers…

La fin des châteaux forts

La Rocca Pia de Tivoli en Italie, forteresse construite sur ordre du pape Pie II de 1458 à 1461.

Certains spécialistes en castellologie (La castellologie est l'étude des châteaux et autres fortifications, cette discipline prend son essor depuis les années 1980. Elle intègre la poliorcétique pour une part, mais s'intéresse également aux techniques de construction et aux...) comme Gérard Denizeau avancent que le XVe siècle signifie la fin des châteaux-forts. En effet, les progrès de l'artillerie rendent désormais les murailles très vulnérables. À partir de 1418, se généralise l'utilisation de boulets en fer (Le fer est un élément chimique, de symbole Fe et de numéro atomique 26. C'est le métal de transition et le matériau ferromagnétique le plus courant dans la vie quotidienne, sous forme...), beaucoup plus destructeurs que les boulets de pierre. Les canons de la fin de la guerre de Cent Ans permettent d'accélérer les sièges en ouvrant des brèches dans la muraille, plus efficacement que la sape ou le bélier (Le bélier est le mâle non châtré de l'espèce Ovis aries réservé pour la reproduction (production d'agneaux). On désigne le mâle et la femelle, sans faire de distinction de sexe, sous le terme...). Cependant la mort du château fort ne fut pas si brusque. Il a continué aux XVe et XVIe siècles à s'adapter à l'évolution de l'armement. À Salses, à la frontière (Une frontière est une ligne imaginaire séparant deux territoires, en particulier deux États souverains. Le rôle que joue une frontière peut...) franco-espagnole, l'ingénieur (« Le métier de base de l'ingénieur consiste à résoudre des problèmes de nature technologique, concrets et souvent complexes, liés à la conception, à la réalisation et à la mise en...) aragonais Ramirez a « enterré » le château pour mieux résister aux tirs rasants. Le rempart atteint 12 m d'épaisseur ! Aux angles, quatre tours circulaires sont percées de canonnières. Car la meilleure façon de résister au canon, c'est d'en avoir soi-même. C'est ce qu'on appelle la défense active.

Plus généralement, les anciens châteaux sont améliorés pour faire face à l'artillerie. Le sommet des tours accueille par exemple des plates-formes sur lesquelles on installe les canons (Fougères). On construit des barbacanes en U ou en proue (La proue est le nom donné à la partie avant d'un bateau ; le terme est aujourd'hui délaissé en faveur d'étrave, qui reste plus technique.) de navire (Un navire est un bateau destiné à la navigation maritime, c'est-à-dire prévu pour naviguer au-delà de la limite où cessent de s'appliquer les règlements techniques de sécurité de...) devant les entrées (Bonaguil, Lassay). On élargit les fossés que l'on défend par un moineau (Loches). Ou encore, on multiplie les tours le long de la courtine. Mieux, on installe de fausses braies (Gisors, Domfront). Le château-fort n'est donc pas fini mais son apogée est bien terminé. Si, en France, il est encore utilisé pendant les guerres de Religion dans la seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du temps. La...) moitié du XVIe siècle, on n'en construit pas de nouveaux. Henri IV confirme leur déclin en ordonnant la destruction ou le démantèlement de nombreuses forteresses pour éviter qu'elles servent (Servent est la contraction du mot serveur et client.) de repère aux ennemis de l'autorité royale (Château de Rouen).

Il semble qu'au XVIIe siècle, la défense du territoire (La notion de territoire a pris une importance croissante en géographie et notamment en géographie humaine et politique, même si ce concept est utilisé par d'autres sciences humaines. Dans le dictionnaire de...) par un réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit rets », c'est-à-dire un petit filet), on appelle...) castral soit révolue. Les villes, notamment les villes-citadelles comme Lille, Besançon ou Neuf-Brisach (Neuf-Brisach (Lat. Brisacum Novum, Allem. Neubreisach) est une commune française, située dans le département du Haut-Rhin et la région Alsace. En 2008, Neuf-Brisach, membre...), sont préférées pour arrêter l'adversaire. Surtout, les souverains comptent davantage sur leur « muraille humaine », c'est-à-dire leur armée en bataille. Les châteaux-forts deviennent obsolètes. Les propriétaires essaient alors d'améliorer leur fonction résidentielle. Les ponts-levis sont remplacés par des ponts en pierre. Les bâtiments à l'intérieur de la cour sont percés de fenêtres à meneaux. Parfois, comme à Lillebonne en 1709, on construit un nouveau bâtiment au goût (Pour la faculté de juger les belles choses, voir Goût (esthétique)) du jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par...).

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