Château de Versailles - Définition et Explications

Source: Wikipédia sous licence CC-BY-SA 3.0.
La liste des auteurs de cet article est disponible ici.

Versailles sous l'Ancien Régime

Les origines du château : Louis XIII

le Vieux Château

Plan d'ensemble du premier château en 1623

En 1623, Louis XIII, père de Louis XIV, fit construire au milieu des forêts et au sommet d’une butte cernée par des marais (En géographie, un marais est un type de formation paysagère, au relief peu accidenté, où le sol est recouvert, en permanence ou par intermittence, d'une couche d'eau...) insalubres, un modeste logis en brique, pierre et ardoise (L'ardoise est une roche métamorphique qui s'est formée dans de fortes conditions de pression et de température. Elle appartient à la famille des schistes dont elle...). S’il constituait son rendez-vous de chasse favori, il ne formait pourtant qu’une construction rustique et purement utilitaire (Le mot utilitaire peut désigner :). La disposition de ses pavillons, et des fossés qui l’entouraient, rappelait encore certaines constructions féodales.

Louis XIII fit bâtir cette nouvelle habitation sur un terrain qu’il acheta à Jean de Soisy, dont la famille en était propriétaire depuis le XIVe siècle. Dans sa petite demeure, Louis XIII recevait de temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) à autre sa mère Marie de Médicis et son épouse Anne d’Autriche. Elles ne faisaient qu’y passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) sans jamais y coucher .

Le premier "château (Un château est à l'origine une construction médiévale destinée à protéger le seigneur et à symboliser son autorité au sein du fief. Les premiers châteaux étaient construits...)" de Versailles s’élevait au fond de l’actuelle cour de marbre (Le marbre est une roche métamorphique dérivée du calcaire, existant dans une grande diversité de coloris, pouvant présenter des veines, ou marbrures (veines et coloris sont dus à des inclusions d'oxydes...). Le corps de logis principal mesurait 24 mètres de long sur six de profondeur et se limitait de chaque côté à deux ailes basses. L’appartement du roi comprenait une petite galerie où était accroché un tableau (Tableau peut avoir plusieurs sens suivant le contexte employé :) représentant le siège de La Rochelle. Puis, venaient quatre pièces dont les murs étaient couverts de tapisseries. La chambre du roi occupait le centre de l’édifice, emplacement qui correspondra par la suite avec celui du lit de Louis XIV.

Le 11 novembre 1630, le cardinal de Richelieu se rendit secrètement à Versailles dans le but de convaincre le roi qu’un complot était fomenté par la reine-mère. Cet évènement sera connu, plus tard, sous le nom de Journée des Dupes. Richelieu resta Premier ministre et la reine-Mère fut exilée.

En effectuant des fouilles dans la cour du Grand Commun, une équipe de l'Inrap a exhumé les vestiges du jeu de paume (La paume de la main désigne l'intérieur de la main, c'est-à-dire la partie qui n'est pas visible lorsque la main est fermée. Celle-ci est...) de Louis XIII, dont il fut un grand amateur au point (Graphie) d'ajouter un court à sa gentilhommière vers 1630. La découverte est unique. Construit par Philibert Le Roy, l'édifice se présente sous la forme d'un grand bâtiment rectangulaire de 33 m par 14 ; avec des murs latéraux de 1,30 m d'épaisseur. La présence de trois galeries indique qu'il s'agit d'un jeu "en dedans". Le sol est revêtu de carreaux en pierre de taille et probablement précédé d'un sol de carreaux en terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des quatre...) cuite. La maison (Une maison est un bâtiment de taille moyenne destiné à l'habitation d'une famille, voire de plusieurs, sans être considérée comme un immeuble collectif.) du paumier (celui qui entretient, gère et anime la salle de jeu) a été aussi retrouvée.

1631-1634 Premier agrandissement

Le 8 avril 1632, Louis XIII rachetait le domaine de Versailles à Jean-François de Gondi, archevêque de Paris (Paris est une ville française, capitale de la France et le chef-lieu de la région d’Île-de-France. Cette ville est construite sur une boucle de la Seine, au centre du bassin parisien, entre les confluents de...), oncle du cardinal de Retz et héritier d’Albert. Voici un extrait de ce dernier contrat de vente :

« Le 8 avril 1632, fut présent l’illustrissime et révérendissime Jean-François de Gondi, archevêque de Paris, seigneur de Versailles, reconnoît avoir vendu, cédé et transporté... à Louis XIII, acceptant pour Sa Majesté, messire Charles de l’Aubespine, garde des sceaux et chancelier des ordres du roi, et messire Antoine Rusé, marquis d’Effiat, surintendant des finances, etc., la terre et seigneurie de Versailles, consistant en vieil château en ruine (Une ruine est le reste d'un édifice dégradé par le temps ou une destruction plus rapide. Elle apparaît souvent dans la peinture occidentale avec pour effet de donner un caractère romantique...) et une ferme de plusieurs édifices ; consistant ladite ferme en terres labourables, en prés, bois, châtaigneraies, étangs et autres dépendances ; haute, moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des membres de l'ensemble s'ils étaient tous...) et basse justice... avec l’annexe de la grange Lessart, appartenances et dépendances d’icelle, sans aucune chose excepter, retenir, ni réserver par ledit sieur archevêque, de ce qu’il a possédé audit lieu de Versailles, et pour d’icelle terre et seigneurie de Versailles, et annexe de la grange Lessart, jouir par Sadite Majesté et ses successeurs rois, comme de choses appartenantes. Cette vente, cession et transport (Le transport est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu à un autre, le plus souvent en utilisant des véhicules et des voies de...) faits, aux charges et devoirs féodaux seulement, moyennant la somme de soixante-mille livres tournois, que ledit sieur archevêque reconnoît avoir reçues de Sadite Majesté, par les mains de..., en pièces de seize sous, de laquelle somme il se tient content, en quitte Sadite Majesté et tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) autre, etc. »

— Architexture françoise, par Blondel, liv. VII, p. 93

Plan d'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un...) du Vieux Château en 1638

Le Roi ne fit l’acquisition de ce château que pour le démolir et ainsi étendre le panorama de la résidence (Le nom de résidence est donné à un ensemble de voies souvent qui forment une boucle ayant la particularité de desservir des mêmes logements appelées également résidence. Ce terme vient du verbe...) royale. D’après la tradition, au sommet du plateau de Versailles, à la place même du château actuel, se dressait un moulin (Un moulin est une machine à moudre les grains de céréale en farine et, par analogie, une machine à broyer, piler, pulvériser diverses substances et à extraire certains produits...) à vent : un meunier régnait où régna Louis XIV. Dans le même temps, le roi acheta de nouveaux terrains et étendit ses terres de chasse. Le pavillon bâti à la hâte sur les terres de Jean de Soisy, devenait étriqué.
Il paraitrait que les dessins originaux du palais et des jardins aient été inspirés de ceux du château des Ducs de Savoye de la Venaria (près de Turin), dont les projets italiens furent volés et portés à Paris une nuit. Le 26 mai débutèrent des travaux d’agrandissement qui furent dirigés par l’ingénieur-architecte Philibert Le Roy.

Les façades est du château de Louis XIII autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit...) de la "Cour de Marbre"

Les travaux furent achevés en 1634 et Louis XIII prit possession de ses nouveaux appartements.

À partir de 1636, le roi multiplia ses séjours et profita du confort de sa nouvelle maison ainsi que de l’agrément de ses jardins. Le nouveau château reçut sa première décoration florale ; les jardins furent agencés "à la française" par Boyceau et Menours, décorés d’arabesques et d’entrelacs.

En 1643, sentant sa mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant par exemple la mort des étoiles). Chez...) approcher, Louis XIII déclara : « Si Dieu me rend la santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.), sitôt mon dauphin (Dauphin /do.'fɛ̃/ est un nom vernaculaire ambigu désignant en français certains mammifères marins et fluviaux appartenant à l'ordre des cétacés. Le terme dauphin dérive...) en âge de monter à cheval (Le cheval (Equus ferus caballus ou equus caballus) est un grand mammifère herbivore et ongulé appartenant à l'une des sept espèces de la famille des...) et en âge de majorité je le mettrai à ma place, et me retirerai à Versailles avec quatre de nos pères pour m’entretenir de choses divines ». Le 14 mai, il rendit l’âme laissant le royaume à son fils, trop jeune pour gouverner. Versailles cesse alors d'être une résidence royale pendant presque dix-huit ans.

Louis XIV

Façade ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le couchant (ou...) vue (La vue est le sens qui permet d'observer et d'analyser l'environnement par la réception et l'interprétation des rayonnements lumineux.) du jardin

Au début de son règne, Louis XIV ne trouva aucune maison royale qui le satisfasse pleinement. Il habita Paris : le Palais-Royal (Le Palais-Royal est à l’origine un palais historique auquel a été adjoint un ensemble urbain, dans le premier arrondissement de Paris, au nord du palais du Louvre. Sa cour d’honneur accueille Les Deux Plateaux,...), le Louvre, les Tuileries (Les Tuileries étaient naguère un quartier de Paris, situé entre le palais du Louvre, la rue de Rivoli, la place de la Concorde et la Seine. Il doit son nom au fait que son emplacement...), il essaya de se fixer à Vincennes, et à Saint-Germain-en-Laye (au Château-Neuf et enfin au Château-Vieux), puis séjourna à Fontainebleau. Le roi compara les avantages et les inconvénients de ses châteaux, et pour pallier leurs incommodités, y entreprit d’importants travaux, mais dans aucun ne se sentit à l’aise.

En 1651, le Roi effectua sa première visite à Versailles. C’est alors que se produisit le coup de foudre (La foudre est un phénomène naturel de décharge électrostatique disruptive qui se produit lorsque de l'électricité statique...). Le château de Versailles (Le château de Versailles fut la résidence des rois de France Louis XIV, Louis XV et Louis XVI. Résidence royale, ce monument compte parmi les plus remarquables de France et du monde tant par sa beauté que par les...) est né d’une méfiance de la part du jeune Louis XIV envers la capitale (Une capitale (du latin caput, capitis, tête) est une ville où siègent les pouvoirs, ou une ville ayant une prééminence dans un domaine social,...) et sa population jugée difficilement contrôlable depuis l’épisode de la Fronde. Dans un premier temps, la demeure constitue seulement un refuge pour les amours du souverain. Il y emmène sa maîtresse Louise de La Vallière.

Le 25 octobre 1660, Louis XIV conduit à Versailles sa jeune épouse, la reine Marie-Thérèse.

1661-1668 : premières extensions

Le château après le premier agrandissement en 1668.
Plan d'ensemble du château en 1668 : deux ailes furent ajoutées

L'année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) suivante, après la mort du cardinal de Mazarin, le roi prit personnellement le pouvoir. De nouveaux travaux d’agrandissement débutèrent. De 1661 à 1662, le roi y consacra un million (Un million (1 000 000) est l'entier naturel qui suit neuf cent quatre-vingt-dix-neuf mille neuf cent quatre-vingt-dix-neuf (999 999) et qui précède un million un (1 000 001). Il vaut un millier de milliers.) cent mille livres. La résolution de Louis XIV d’ériger, en lieu et à la place du pavillon de chasse de son père, l'un des plus merveilleux palais de l’Europe déclencha des critiques sournoises parmi les courtisans. Il reste cependant des témoignages de ces secrètes oppositions; le lieu parut surtout mal choisi. « Versailles, lieu ingrat » dit Saint-Simon, « triste, sans vue, sans bois, sans eaux, sans terre, parce que tout est sable (Le sable, ou arène, est une roche sédimentaire meuble, constituée de petites particules provenant de la désagrégation d'autres roches dont la dimension est...) mouvant et marécage, sans air (L'air est le mélange de gaz constituant l'atmosphère de la Terre. Il est inodore et incolore. Du fait de la diminution de la pression de l'air avec...), par conséquent qui n’est pas bon. » Louis Le Vau (Louis Le Vau (il conviendrait d'orthographier son nom Le Veau, comme celui de son père) est un architecte français né à Paris en 1612 et mort dans cette même ville en 1670.), l’architecte du Château de Vaux-le-Vicomte (Le château de Vaux-le-Vicomte, situé sur le territoire de la commune française de Maincy (Seine-et-Marne), à 50 km au sud est de Paris près de Melun est un château du...), fut chargé de reconstruire les communs, Charles Errard et Noël Coypel commencèrent les travaux de décoration des appartements, tandis que Le Nôtre créa l’orangerie et la ménagerie (Une ménagerie est un établissement historique pour maintenir et présenter des animaux sauvages et exotiques, en captivité sous garde humaine, et donc un prédécesseur du jardin...). À cette époque, Versailles n’était qu’une résidence d’agrément, où des fêtes étaient données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement,...) dans les jardins, le Louvre demeurant officiellement le palais royal. Dans une lettre restée célèbre, Colbert se plaignit d’ailleurs que Louis XIV délaissât le Louvre :

« Pendant le temps que [Votre Majesté] a dépensé de si grandes sommes en cette maison, elle a négligé le Louvre, qui est assurément le plus superbe palais qu’il y ait au monde (Le mot monde peut désigner :). (…) Ô quelle pitié (…) que le plus grand roi fût mesuré à l’aune de Versailles ! »

Au mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) de mai 1664, les premières festivités furent données au château. Placées sous le thème « Les Plaisirs de l’Isle Enchantée », elles se déroulèrent sur une huitaine de jours et s'inspiraient de deux poèmes épiques du XVIe siècle : Roland furieux de l’Arioste et La Jérusalem délivrée (La Gerusalemme liberata, 1580) du Tasse. Molière présentera les Lettres françaises en créant la Princesse d'Élide et les trois premiers actes du Tartuffe. Le roi avait secrètement offert cette fête à Mademoiselle de La Vallière.

Entre 1664 et 1666, Louis XIV fit aménager Versailles de façon à pouvoir y passer plusieurs jours avec son Conseil. Il décida de conserver le château initial bâti par Louis XIII, plus pour des raisons financières que sentimentales. Le Vau tripla la superficie (L'aire ou la superficie est une mesure d'une surface. Par métonymie, on désigne souvent cette mesure par le terme « surface » lui-même (par exemple, on parle de la « surface d'un appartement »...) du château, qui fut décoré avec beaucoup de luxe, en reprenant notamment le thème du soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique, c'est une étoile de type naine jaune, et composée...), omniprésent à Versailles. Les jardins, particulièrement appréciés par Louis XIV, virent leur superficie à nouveau accrue, et furent ornés de sculptures de Girardon et de Le Hongre.

En 1665, les premières statues sont installées dans le jardin et la grotte de Téthys construite. La première orangerie, la ménagerie et la grotte de Téthys ne résistèrent pas à l’épreuve du temps. Seuls le groupe d’« Apollon servi par les nymphes » et « Les chevaux du Soleil », (sculptés par Girardon, Regnaudin, Marsy et Tuby) rappellent la grotte de Téthys.

Deux ans plus tard, le creusement du Grand canal commença. Le Nôtre conçoit l’élargissement de l’allée centrale et prend en charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un paiement ou un bénéfice...) les jardins et les aménagements extérieurs. Il collabore avec les Francine, fils d’ingénieurs italiens, pour la construction des installations hydrauliques.

Parterres du Midi, jardins de Versailles (Les jardins du château de Versailles furent développés avec l’évolution du château. Au cours de l’Ancien Régime, le domaine de Versailles était constitué...)

La deuxième fête aura lieu le 18 juillet 1668 ; elle permettra de faire connaître le nom de Versailles. Connue sous le terme de « Grand Divertissement Royal de Versailles », elle sera marquée par la création de Georges Dandin, de Molière, et des Fêtes de l’Amour et du Hasard, de Lully. Au cours des fêtes de 1664 et 1668, les courtisans mesurèrent l’incommodité du petit château car beaucoup ne trouvèrent pas de toit (Le toit est la structure couvrant la partie supérieure d'un édifice, permettant principalement de protéger son intérieur contre les intempéries et l'humidité.) pour dormir. Le Roi, désireux d’agrandir celui-ci, confia cette tâche à Le Vau qui présenta plusieurs projets. Le premier prévoyait la destruction du château primitif et son remplacement par un palais à l’Italienne. Le deuxième projet (Un projet est un engagement irréversible de résultat incertain, non reproductible a priori à l’identique, nécessitant le concours et...) proposait d’agrandir le château, côté jardin, par une enveloppe de pierre. Sur les conseils de Colbert, le Roi opta pour la seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de mesure du...) solution.

1668-1670 Le Château Neuf

Plan d'ensemble du château en 1674 : construction de l'enveloppe englobant le vieux château au nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.) et au sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.).

De 1668 à 1670, Le Vau entreprit la construction de l’Enveloppe. Cette Enveloppe consistait en un second bâtiment qui encerclait le premier château. De part et d’autre de l’ancien château, le Grand Appartement du Roi, au Nord, et de la Reine, au sud, furent placés symétriquement. Une vaste terrasse, face aux jardins, s’étendait entre les deux. Momentanément conservé, le château de brique et de pierre s’embellissait. Les façades s’ornaient de colonnes de marbre de Rance, de balcons en fer (Le fer est un élément chimique, de symbole Fe et de numéro atomique 26. C'est le métal de transition et le matériau...) forgé et doré, de bustes posés sur des balustrades. Les toits portaient des ornements et la cour fut dallée de marbre. Du côté ville (Une ville est une unité urbaine (un « établissement humain » pour l'ONU) étendue et fortement peuplée (dont les habitations doivent être à moins de 200 m chacune, par opposition aux...), le bâtiment des communs fut surélevé et relié au château Louis XIII par une suite de pavillons pour former la Cour Royale que ferme une grille ( Un grille-pain est un petit appareil électroménager. Une grille écran est un élément du tube de télévision. Une grille d'arrêt est un élément du tube de télévision. ...) dorée, et qui fut le modèle de nombreuses cours d'honneur en Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme l’extrémité...). Les extrémités des anciens communs reçurent un péristyle (Un péristyle (du grec περ?στυλον peristulon) est une galerie de colonnes faisant le tour d'un édifice à l'intérieur de son mur...) de colonnes surmonté de statues. Les nouvelles constructions triplaient la superficie du château.

À la mort de Louis Le Vau, le 11 octobre 1670, les travaux se poursuivirent sous la conduite de François d'Orbay désigné par Colbert. Le souhait de Louis XIV se réalisa, le château de Louis XIII restait intact du côté ville, mais disparaissait du côté jardin, caché par les nouveaux bâtiments. Désormais on distinguera le « Château Vieux » de Louis XIII du « Château Neuf » élevé par son fils. Le « Château neuf » était un bâtiment de conception italienne (Italienne est le nom communément utilisé pour le cordage servant a manœuvrer un enrouleur. Il s'enroule sur un tambour quand on déroule la voile,...) tout en pierre. Les longues façades furent ponctuées par des avant-corps et divisés dans la hauteur (La hauteur a plusieurs significations suivant le domaine abordé.). La façade ouest fut occupée, au premier étage, par une grande terrasse calée par le pavillon du roi (au nord) et le pavillon de la reine (au sud). Tout comme les architectes de Chambord, le Vau puisa son inspiration dans les modèles italiens, mais les volumes, les proportions et l’ornementation en firent une œuvre de l’esprit français.

  • Le rez-de-chaussée, constitué par un soubassement souligné par les lignes horizontales des refends, s’éclaire par des fenêtres cintrées sur les parterres.
  • L’étage fut pourvu de colonnes ioniques, de niches et de hautes fenêtres rectangulaires (cintrées par Mansart en 1669). Cet étage reçut un décor sculpté : statues placées dans les niches, et bas-reliefs rectangulaires surmontant les fenêtres (ils disparaîtront en 1679).
  • Le second étage, ou attique, reçut une décoration d’ordre corinthien et fut surmonté d’une balustrade (Une balustrade, dans le domaine des éléments d'architecture, est une rangée de balustres fixés entre un socle, et une tablette formant appui, et constituant un garde-corps ajouré, à vocation de sécurité et participant au style...) sur laquelle reposaient des trophées et des pots (POTS est un sigle anglais qui signifie Plain Old Telephone System que l'on peut traduire en français par le bon vieux téléphone. Dans certains pays on parle...) à feu (Le feu est la production d'une flamme par une réaction chimique exothermique d'oxydation appelée combustion.).
Le Grand Trianon, dans le parc (Un Parc est un terrain naturel enclos,[1] formé de bois ou de prairies, dans lequel ont été tracées des allées et chemins destinés à la chasse, à la promenade ou à l’agrément. Il se distingue du Jardin public par le...) de Versailles

Le Trianon de porcelaine est construit en 1670. C'est au cours de cette période que les courtisans firent bâtir leurs hôtels à proximité de la résidence préférée du roi. Entre 1670 et 1671, quatorze grands hôtels particuliers (Luxembourg, Noailles, Guise ou encore Bouillon et Gesvres) sont construits dans la nouvelle ville de Versailles.

Petit Trianon

Louis XIV rêvait de construire un palais qui marquerait son époque. Les palais du Louvre et des Tuileries étaient limités par l’œuvre de ses prédécesseurs. La création de Versailles répond à un souhait politique et économique. Dirigeant personnellement les affaires du royaume et centralisant l’administration, le Roi souhaitait regrouper auprès de lui les ministres et leurs services. Il laissa ainsi paraître son intention de fixer sa résidence à Versailles. Mansart dut élaborer des projets pour l’installation de la Cour. Le palais s’étendra aux dimensions (Dans le sens commun, la notion de dimension renvoie à la taille ; les dimensions d'une pièce sont sa longueur, sa largeur et sa profondeur/son épaisseur, ou bien son diamètre si c'est une pièce de...) que nous lui connaissons. Le château a été perçu comme un symbole du centralisme.

1678-1686 : la galerie des Glaces

Entre 1678 et 1684, la galerie des Glaces, symbole de la puissance (Le mot puissance est employé dans plusieurs domaines avec une signification particulière :) du monarque absolu fut élevée sur l’ancienne terrasse du château neuf. La maçonnerie (La maçonnerie est l'art de bâtir une construction par l'assemblage de matériaux élémentaires, liés de manière non réversible. C'est l'art du...) sera terminée en 1684. La décoration fut confiée à l’équipe de Charles Le Brun. Depuis longtemps le roi rêvait de construire à Versailles une de ces grandes galeries alors très à la mode. Louis XIV avait sans doute apprécié les longues galeries des Tuileries, du Louvre et de Fontainebleau : lieux de passage et moyens de communication (La communication concerne aussi bien l'homme (communication intra-psychique, interpersonnelle, groupale...) que l'animal (communication intra- ou inter- espèces) ou la machine (télécommunications, nouvelles technologies...),...) entre les appartements, elles se prêtaient par leurs surfaces aux grandes décorations. Le Roi avait fait installer la galerie d’Apollon au Louvre, et dans le palais qu’il avait élevé à Clagny, pour Madame de Montespan, la galerie de Mansart avait ébloui tous les visiteurs.

À Versailles, en fermant la terrasse de Le Vau par une longue façade dont les lignes architecturales reprennent celles du château neuf, Mansart construira la galerie des Glaces.
La grande galerie, limitée au nord par le salon de La Guerre et au sud par le salon de la Paix, s’étend sur 73 m de longueur (La longueur d’un objet est la distance entre ses deux extrémités les plus éloignées. Lorsque l’objet est filiforme ou en forme de lacet, sa longueur est celle de l’objet complètement...); elle occupe toute la façade ouest du Château neuf et elle servira de passage entre les appartements du Roi et ceux de la Reine. La création de la galerie des Glaces va avoir une grande conséquence : l’appartement du roi est déporté dans le château vieux ; l’appartement du Soleil deviendra le « Grand Appartement » et sera utilisé pour les réceptions.

Bassin d’Apollon, jardins du château de Versailles
En 1678 
  • Pose des premières pierres de l’aile du Midi destinées à loger les courtisans. Mansart prévoyait la construction de deux immenses bâtiments, encadrant le château de Le Vau au nord et au sud, et en retrait par rapport à celui-ci.
  • La façade sur les jardins est remaniée.
  • Un très grand miroir (Un miroir est un objet possédant une surface suffisamment polie pour qu'une image s'y forme par réflexion et conçu à cet effet. C'est souvent une couche métallique fine,...) au cadre en bronze (Le bronze est le nom générique des alliages de cuivre et d'étain. Le terme airain désigne aussi le bronze, mais est plutôt employé en poésie et dans les textes littéraires, ainsi qu'en...) doré ciselé par Cucci fut placé dans la chambre des bains.
  • Deux cuves allongées, en marbre blanc (Le blanc est la couleur d'un corps chauffé à environ 5 000 °C (voir l'article Corps noir). C'est la sensation visuelle obtenue avec un spectre...) enrichi de bronzes dorés furent ajoutées dans le cabinet des bains.
  • Début des travaux de la pièce d’eau des Suisses et du bassin de Neptune, ainsi que les terrassements nécessaires au doublement du parterre du Midi et à la construction de la Nouvelle Orangerie.
Orangerie, parc du château de Versailles
En 1679 
  • La galerie des Glaces, le salon de la Guerre et de la Paix remplacent la terrasse et les cabinets du Roi et de la Reine.
  • Le bâtiment central, du côté de la Cour de marbre, est surmonté d’un étage. Une horloge encadrée de statues de Mars par Marsy et d’Hercule par Girardon ornent la nouvelle façade.
  • Orbay commença la construction d’un second escalier (L’escalier est une construction architecturale constituée d'une suite régulière de marches, les degrés, permettant d'accéder à un étage, de passer d'un...) destiné à faire pendant à l’escalier des Ambassadeurs : L’escalier de la Reine. De l’escalier des Ambassadeurs, seules nous sont restées les deux portes qui ouvraient dans le Grand Appartement, le buste de Louis XIV et le Silène antique. Une réplique de cet escalier a été réalisée au château de Herrenchiemsee par Louis II de Bavière.
  • Dès l’achèvement des ailes des Ministres, on entreprit la construction des Grandes et des Petites Écuries. Les travaux se poursuivirent dans les jardins qui s’enrichissaient de statues et de nouveaux bosquets.
Pièce d'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) des Suisses
En 1681 
  • Charles Le Brun acheva la décoration des Grands Appartements.
  • La machine de Marly commença à pomper l’eau de la Seine.
  • Les perspectives furent élargies.
  • Excavation du Grand Canal et de la pièce d’eau des Suisses.
  • Multiplication (La multiplication est l'une des quatre opérations de l'arithmétique élémentaire avec l'addition, la soustraction et la division .) des bosquets ainsi que des fontaines dans les jardins au prix de longs travaux d’adduction d’eau. C’est ainsi que naissaient les jardins à la française. Les plus grands sculpteurs du temps décorèrent ces espaces avec des statues de marbre et de bronze.
Galerie des Glaces, Grands Appartements.
galerie des Glaces:les miroirs.

En 1682, Louis XIV n’a plus la patience d’attendre la fin des travaux. La cour pressentit les projets du roi et feignit d’y croire. Pourtant, le 6 mai le roi quitte Saint-Cloud et s’installe définitivement à Versailles. Versailles devint officiellement la résidence du roi de France. Un contemporain décrivit les conditions dans lesquelles se déroula l’installation : « Le sixième de mai le Roi quitta Saint-Cloud pour venir s’installer à Versailles, où il souhaitait être depuis longtemps, quoiqu’il fut rempli de maçons, dans le dessein d’y demeurer jusqu’après les couches de Madame la Dauphine, qui fut obligée de changer d’appartement le second jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure...) qu’elle fut arrivée, parce que le bruit (Dans son sens courant, le mot de bruit se rapproche de la signification principale du mot son. C'est-à-dire vibration de l'air pouvant donner lieu à la création d'une sensation auditive.) l’empêchait de dormir. » Le roi s’installa dans une demeure en chantier où les travaux de décoration allaient bon train (Un train est un véhicule guidé circulant sur des rails. Un train est composé de plusieurs voitures (pour transporter des personnes) et/ou de plusieurs...). La Galerie des Glaces était encombrée par les échafaudages de Charles Le Brun, et pour la traverser, il fallait emprunter un passage pratiqué entre les poutrelles.
L’inauguration de l’aile du Midi a lieu.
L’un des grands problèmes de Versailles sera toujours le logement des courtisans. Si Versailles est le symbole de la puissance de Louis XIV, il ne faut pas perdre de vue que ce n’est qu’à 44 ans qu’il s’y établit définitivement.

Versailles vit ainsi l’apogée de la société de cour. En y fixant les courtisans, Louis XIV transforma une noblesse belliqueuse et potentiellement rebelle en un groupe soutenant l’État, en la personne du roi. Le roi qui, dans son enfance, avait connu avec la Fronde les dangers d’un soulèvement de la noblesse, souhaitait protéger la personne royale et le gouvernement. Il s’appliqua à réduire la puissance et la fierté des nobles. Les moyens qu’il employa furent :

  • d’attirer les grands seigneurs à sa cour en leur distribuant ou en leur laissant espérer des honneurs, des titres, des pensions.
  • d’offrir aux plus importants des logements au château.
  • d’inspirer à ses courtisans le respect et élever une barrière à leur promiscuité.
  • de faire des courtisans des spectateurs assidus de sa grandeur.

Le roi établit des règles d’étiquette rigoureuses et complexes, qui transformaient tous ses actes, même les plus quotidiens, en un cérémonial quasi sacré.
Le roi et la reine avaient leur Grand et leur Petit Lever, leur Grand et leur Petit Coucher. Certaines personnes y étaient admises. Aux plus favorisés revenait l’honneur d’entourer le roi, derrière la balustrade qui isolait le lit du reste de la pièce, et de lui prêter rituellement assistance en lui présentant un vêtement. Toutes les circonstances de la vie (La vie est le nom donné :) étaient ainsi réglées, depuis la naissance des princes, qui avait lieu en public (ce qui évitait toute contestation de légitimité), jusqu’aux obsèques du roi régies par des coutumes immuables. Les rapports du roi avec les personnes admises à l’approcher connaissaient les mêmes solennités, qu’il s’agisse des réceptions d’ambassadeurs, des présentations de gentilshommes et de dames titrées ou de la réception des vœux et des félicitations.
Pour rompre avec ce protocole, Louis XIV institua les « Jours d’Appartement » où trois fois par semaine, de 19 à 22 heures (L'heure est une unité de mesure  :), les courtisans étaient admis dans le Grand Appartement. Dans différents salons étaient répartis des buffets, des tables de jeu, on pouvait écouter de la musique ou danser. Le roi s’y promenait sans que les seigneurs et les dames dussent se déranger de leur jeu pour le saluer. C’était un grand honneur, envié et disputé, que d’y être admis. C’est dans le même esprit que Louis XIV voulut se réserver, en faisant aménager les Petits appartements, une vie plus intime dans la seule compagnie de ses familiers, tels ses compagnons de chasse qu’il retenait souvent à dîner.
Pour l’Europe, Versailles fut un témoignage de la puissance de la France et de Louis XIV.

Entre 1685 et 1689, une véritable fièvre (La fièvre est l'élévation de la température corporelle chez un être à sang chaud par dérèglement du...) constructrice donna naissance :

  • à l’orangerie qui remplaça celle de Le Vau. Elle fournissait 3000 arbustes et 150 000 plantes florales chaque année.
  • aux écuries,
  • au Grand Commun,
  • à l’aile nord des courtisans.

La construction des ailes Nord et du Midi prolongea le développement des façades de Mansart. Vus des jardins, les trois bâtiments distincts composaient un ensemble harmonieux. La façade se développait sur une longueur de 670 mètres. Les deux nouveaux bâtiments accueillaient les Princes et les courtisans, les écuries, les carrosses, les services généraux et le logement des domestiques. La grotte de Téthys fut détruite.

Deux ans après l’installation de la Cour, 22 000 à 30 000 ouvriers (selon la disponibilité (La disponibilité d'un équipement ou d'un système est une mesure de performance qu'on obtient en divisant la durée durant laquelle ledit équipement ou système est opérationnel...) des régiments) et 6000 chevaux s’affairaient sur les différents chantiers de Versailles. On érigea une colline afin de porter les 680 mètres de longueur du château. Une forêt (Une forêt ou un massif forestier est une étendue boisée, relativement dense, constituée d'un ou plusieurs peuplements d'arbres et d'espèces associées. Un boisement de faible...) entière fut plantée. Jules Hardouin-Mansart (Jules Hardouin-Mansart né le 16 avril 1646 à Paris et mort le 11 mai 1708 à Marly-le-Roi fut un architecte français. Il fut Premier architecte du Roi Louis XIV.) coordonnait l’immense chantier. La facture totale s’élèvera à environ 80 millions de livres. En cas d’accident de travail, des dédommagements suivants furent prévus :

  • 30 à 40 livres pour un bras ou une jambe cassé,
  • 60 livres pour un œil crevé,
  • 40 à 100 livres pour la veuve en cas de mortalité.

Le village (Un village est, à la campagne ou à la montagne, un ensemble d'habitations, de bâtiments à usages divers, de fermes... de proportion...) de Versailles se transforma en véritable ville qui se construisait dans l’axe du château et des jardins. Les 5000 courtisans érigeaient en ville des hôtels où furent logés leurs serviteurs et leurs équipages. Des tavernes et des auberges contribuaient à l’animation de la ville dont la population, qui ne cessait de croître, atteindra 70 000 habitants à la veille de la révolution.

En 1686, Le Brun achève la décoration de la galerie des Glaces. Les ambassadeurs du roi de Siam sont reçus à Versailles.

Le roi, qui se lasse du Trianon de porcelaine, fait ériger en 1687 par Hardouin-Mansart, sur le même emplacement, un petit palais (Le Petit Palais est un monument historique de Paris, aujourd'hui utilisé comme musée des beaux-arts, qui fut construit à l'occasion de l'Exposition universelle de 1900 par l'architecte Charles...) de marbre et de porphyre avec jardins, le Grand Trianon ; Louis XIV surveilla de si près les travaux qu’il semblait le véritable architecte (L'architecte est le professionnel du bâtiment dont la fonction est de concevoir et de diriger la réalisation d'une œuvre d'architecture pour le compte d'un propriétaire qui peut être un particulier, une...) du lieu.

En 1689, dans le nouveau Versailles, l’accès aux appartements de la Reine se faisait par l’escalier de marbre, appelé l’escalier de la Reine. Le palier s’ouvrait dans les deux salles des Gardes du Corps, ensuite venaient l’Antichambre, le Grand Cabinet et la Chambre qui donnait dans le salon de la Paix. Cet ensemble se développait sur la façade sud de l’enveloppe de Le Vau.
Les nouveaux appartements du roi se développaient autour de la Cour de Marbre. L’appartement officiel dit « Appartement du Roi » occupait les ailes sud et ouest du château de Louis XIII et l’« Appartement Intérieur » était installé dans l’aile nord. L’appartement du Roi se composait de sept pièces, la septième formant (Dans l'intonation, les changements de fréquence fondamentale sont perçus comme des variations de hauteur : plus la fréquence est élevée, plus la hauteur perçue est haute et inversement. Chaque voyelle...) la jonction (La Jonction est un quartier de la ville de Genève (Suisse), son nom familier est "la Jonquille") avec l’Appartement Intérieur. Au centre du château fut installé le salon du Roi (future chambre de Louis XIV), l’appartement se terminait par le cabinet du Conseil et le cabinet des Termes ou des Perruques (deux pièces situées à l’emplacement de l’actuel salon du Conseil).

1683-1686 L’appartement des collections

En 1683, dans un appartement, interdit à toute personne non autorisée, les architectes et les décorateurs aménagèrent des salons et des cabinets destinés à recevoir des chefs d’œuvres et les collections du roi. Dans le Salon ovale (Dans le sens étymologique, un ovale est une forme d'œuf. En mathématiques, et plus particulièrement en géométrie, le terme « ovale » désigne une courbe plane fermée qui a deux axes de...), le Cabinet aux tableaux, le Cabinet aux coquilles on exposa toutes sortes d’objets d’art et de riches curiosités; les murs portaient des tableaux de la collection royale. Ces pièces faisaient partie de l’appartement des Collectionneurs qui se terminait par le cabinet des Médailles. D’après la description de Mademoiselle de Scudéry, ce dernier était éclairé par des lustres de cristal (Cristal est un terme usuel pour désigner un solide aux formes régulières, bien que cet usage diffère quelque peu de la définition scientifique de...) de roche (La roche, du latin populaire rocca, désigne tout matériau constitutif de l'écorce terrestre. Tout matériau entrant dans la composition du sous-sol...) et on pouvait y admirer :

  • des vases de grande taille garnis d’or et de diamants,
  • des bustes et des figures antiques,
  • une Nef (La nef est la partie d'une église allant du portail à la croisée du transept et qui est comprise entre les deux murs latéraux. La nef comprend le vaisseau central et les...) d’or garnie de diamants et de rubis (Le rubis est la variété rouge de la famille minérale corindon. Sa couleur est causée principalement par la présence d'oxyde de chrome (les...) (c’est la grande Nef de Louis XIV qu’on voit peinte au plafond (Par extension, un plafond représente le maximum de quelque chose :) du salon de l’Abondance),
  • des porcelaines de Chine et du Japon,
  • des vases d’agate, d’émeraude, de turquoise, de jade (Le jade est une pierre gemme très dure et tenace employée en ornementation et en joaillerie.), de girasol, de jaspe d’Allemagne et d’Orient, de pierre d’étoile, de cornaline, de crisolite,
  • des figures grotesques de perles, d’émeraude, de rubis et d’agate,
  • une grande quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre d’objets ou d’une autre manière de dénommer la valeur...) de vases de conques de perles,
  • des tableaux, des miroirs,
  • des statues d’animaux antiques,
  • un grand vase de jaspe dont la figure est une espèce (Dans les sciences du vivant, l’espèce (du latin species, « type » ou « apparence ») est le taxon de base de la systématique. L'espèce est...) d’ovale irrégulier qui servit au baptême de Charles Quint.

Une partie de ces trésors fut transportée, par ordre de Louis XV, au cabinet des Médailles de la Bibliothèque de Paris, le reste fut dispersé pendant la Révolution. La galerie d’Apollon, au Louvre, a recueilli quelques très belles pièces des collections de Louis XIV : vases en cristal de roche ou en matières précieuses (jaspe, cornaline, etc.) ainsi que de petits groupes de bronze.

L’année 1683 fut endeuillée par la mort de la reine Marie-Thérèse et par celle de Colbert. La surintendance des Bâtiments passera entre les mains de Louvois qui n’aime pas Le Brun et qui introduira Mignard à Versailles.

En 1684, l’appartement des collectionneurs s’agrandit par l’annexion de l’ancien appartement de Montespan, transformé en une petite galerie que décora Mignard qui trouva dans cette galerie l’occasion de rivaliser avec Le Brun. Mignard peignit le plafond en s’inspirant du thème d’Apollon et de Minerve, il décora également les plafonds des deux petits salons de la galerie. Le sol était un parquet de bois précieux, les murs étaient tendus d’étoffes somptueuses. C’est dans cette pièce que Louis XIV exposa les pièces maîtresses de sa collection de tableaux. Comme cette collection de chefs d’œuvre était considérable, on accrochait les tableaux par roulement ( En mécanique, le roulement, et plus précisément le roulement sans glissement, est le mouvement d'un corps qui reste en contact avec une surface...). Dans ce cadre précieux, le roi s’attardait à contempler la Joconde.

1701 Les Nouveaux Appartements du Roi

1700, le duc d’Anjou, petit fils de Louis XIV, est proclamé roi d’Espagne et il prend le nom de Philippe V d’Espagne.

1701, transformation des appartements du Roi. La chambre du Roi se place au centre du château. L’Antichambre des Bassan et la Chambre (de 1689) furent réunis pour former la Chambre à l’œil-de-bœuf. Ces pièces furent magnifiquement meublées et tendues d’étoffes très riches, les plafonds non peints formèrent de vastes calottes blanches.

1698-1710 La chapelle (Une chapelle est un lieu de culte chrétien qui peut, selon le cas, constituer un édifice distinct ou être intégré dans un autre bâtiment.)

Louis XV

Plan d'ensemble du château en 1750

En 1715, le nouveau roi n’étant qu'un enfant, son tuteur Philippe d’Orléans (dit le Régent, cousin germain éloigné au 2e degré (Le mot degré a plusieurs significations, il est notamment employé dans les domaines suivants :) de Louis XV) quitta Versailles le 9 septembre et s’installa dans sa résidence parisienne du Palais-Royal et la Cour aux Tuileries. Durant cette Régence, le duc de Noailles proposa de raser le château.

1717, Pierre le Grand, tsar de Russie, visita Versailles et résida au Grand Trianon.

1722, âgé de 12 ans Louis XV se réinstalla à Versailles dans les appartements Louis XIV.

Le nouveau souverain se montra soucieux de faire respecter les traditions de Versailles. L’ère des grandes constructions était révolue et le château ne retrouva plus le lustre des années Louis XIV —  Louis XV n’appréciait pas particulièrement Versailles. Quand il s’y trouvait, il se réfugiait souvent dans les Petits Appartements dans les attiques, au-dessus de ses Grands Appartements. Mais la plupart du temps, il séjourna au Trianon, à Marly, à Compiègne ou à Fontainebleau, ou encore dans de petites résidences à proximité de Paris.

Château de Versailles, côté jardin

Les premières transformations consistaient en :

  • la démolition de l’appartement des Bains et l’escalier des Ambassadeurs,
  • les constructions du salon d’Hercule (au plafond de F. Lemoyne), de l’Opéra et du Petit Trianon,
  • la transformation des appartements du Roi, de la Reine et des princes de la famille royale progressivement transformés pour s’adapter aux goûts de l’époque et rendus plus confortables. Ange-Jacques Gabriel (Ange-Jacques Gabriel est un architecte français (Premier architecte du Roi) né à Paris le 23 octobre 1698 et mort le 4 janvier 1782.) prendra en charge ces modifications.

La nouvelle administration des Bâtiments, à la tête de laquelle se trouvait depuis 1708 le duc d’Antin, entama la décoration de la grande salle (salon d’Hercule) sous la responsabilité de Robert de Cotte (Robert de Cotte était un architecte français né en 1656 et mort le 15 juillet 1735. Il fut l'un des grands architectes français dans la lignée des Mansart (il...) qui dirigea les travaux suivant les projets élaborés dans les dernières années du règne de Louis XIV. Ce salon achevait le Grand Appartement de Le Brun et l’esprit de grandeur rejoignait celui du siècle (Un siècle est maintenant une période de cent années. Le mot vient du latin saeculum, i, qui signifiait race, génération. Il a ensuite indiqué la durée d'une génération humaine et faisait 33 ans 4 mois...) précédent. Les parois furent recouvertes de marbres choisis par Louis XIV de son vivant et décorées par deux œuvres de Véronèse. La nouveauté résidait dans le plafond compartimenté d’aucun cadre sculpté. François Lemoyne saisit l’occasion de rivaliser avec Véronèse en peignant : « L’Apothéose d’Hercule ». Le salon d’Hercule reliait les appartements du Roi au vestibule de la chapelle. Plus tard, Gabriel envisagea de remplacer l’escalier des Ambassadeurs par un nouvel escalier qui déboucherait dans cette salle.

1729, début des travaux de renouvellement du décor de la chambre de la Reine. Robert de Cotte fournit les dessins des nouvelles boiseries.

1735, achèvement des travaux de renouvellement du décor de la chambre de la Reine par Gabriel père et fils

1736, inauguration du salon d’Hercule.

1738 à 1760, les pièces de l’appartement de collectionneurs de Louis XIV furent constamment remaniées. Les travaux commencèrent en 1738 par la création de la chambre à coucher privée du Roi, et se stabilisèrent vers 1760.

1741, Philibert Orry, qui avait remplacé le duc d’Antin, fit procéder à l’achèvement du Bassin de Neptune ;

1742, Louis XV accorde audience à Saïd Méhemet Pacha, ambassadeur extraordinaire du Grand Seigneur.

1745, à la tête de l’Administration des Bâtiments du Roi, Charles François Paul Le Normant de Tournehem succéda à Philibert Orry, grâce à l’influence de sa pupille (Dans l'œil, la pupille est le trou situé au milieu de l'iris. Il nous apparaît noir étant donné que la majorité de la lumière entrant à l'intérieur de l'œil est absorbée par...) – peut-être même sa fille naturelle – Madame de Pompadour.

Plan du château de Versailles et des jardins dressé en 1746, par l’abbé Delagrive, géographe de la Ville de Paris

1750, Louis XV introduisit un nouveau type de pièces dans les appartements royaux : la salle à manger des retours de chasse.

1751, décès de Tournehem qui fut remplacé par le marquis de Marigny, frère de Madame de Pompadour. Sous ses directives vont se révéler : l’architecte Ange-Jacques Gabriel, et deux sculpteurs de boiseries, Verbeckt et Rousseau. C’est l’appartement de Marie Leczinska qui fournit à Gabriel et à Verbeckt l’occasion de travailler ensemble.

1752, destruction de l’escalier des Ambassadeurs, de la Petite Galerie et du cabinet des Médailles. Ces témoins glorieux du règne de Louis XIV furent détruits pour la création d’un appartement destiné à l’aînée des Filles de France : Madame Adélaïde.

1755, la seconde transformation consistait à réunir l’ancien cabinet du Roi (ou du Conseil) avec le cabinet des Thermes (ou des Perruques) pour former le grand salon du Conseil. Jules Antoine Rousseau sculpta les boiseries dorées. Gabriel réutilisa une partie des anciens panneaux pour décorer les murs. Au second étage se développaient les cabinets intérieurs du roi. Dans cette partie du château aucune dorure ne colorait les boiseries. Des couleurs vives et variées égayaient les statues, peintes selon les techniques élaborées par Martin, l’inventeur du fameux « vernis Martin ». L’élément essentiel de cet appartement était une petite galerie éclairée sur la cour de Marbre. Des tableaux de Boucher, Carle Van Loo, Lancret, Pater et Parrocel étaient accrochés sur les boiseries colorées.

Pendant toute sa carrière Gabriel fit face à des problèmes de logement. La reine mit au monde huit princesses :

  • Marie-Louise de France ("Madame Troisième") et Madame Thérèse moururent très jeune,
  • Madame Henriette fut emportée par la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) en 1752.
  • Madame Elisabeth devint duchesse-infante de Parme.
  • Madame Louise prit le voile et se retira au Carmel de Saint-Denis.
  • Mesdames Adélaïde, Victoire et Sophie y ont vécu longtemps avant de le quitter pour le château de Bellevue, ancienne demeure de la marquise de Pompadour, que leur donna Louis XVI à son avènement.

Pour loger toutes ces princesses, dans des appartements qui conviennent à leur rang ( Mathématiques En algèbre linéaire, le rang d'une famille de vecteurs est la dimension du sous-espace vectoriel engendré par cette famille. Le théorème du rang lie le rang et la dimension du...), Gabriel effectua de multiples travaux. Au fil des années "Mesdames" changèrent d’appartements, passant de l’Aile du Midi à l’Aile du Nord, et au rez-de-chaussée du Corps Central (et même au premier étage comme nous l’avons noté pour Adélaïde). Ces déménagements successifs aboutirent à la disparition complète de l’appartement des bains, de l’Escalier des Ambassadeurs, et au cloisonnement de la Galerie Basse. Ces appartements furent détruits par Louis Philippe, quelques splendides boiseries ont échappé à ce saccage et nous témoignent du luxe qui régnait chez Mesdames.

Selon la tradition établie sous Louis XIV, le dauphin et son épouse prirent possessions des deux appartements du rez-de-chaussée situés sous l’appartement de la Reine et, en retour d’équerre, sous une partie de la galerie des Glaces. De merveilleuses décorations furent alors créées. Le XIXe siècle ravagea cet ensemble. Seul fut conservé la chambre du Dauphin et la bibliothèque.

1757, le 5 janvier, attentat de Damiens contre le roi.

1761 à 1768 Ange-Jacques construit le Petit Trianon

1769, la princesse Adélaïde déménagea et son appartement fut réuni à celui de Louis XV. Les deux pièces importantes de l’appartement intérieur étaient la nouvelle chambre du roi et son cabinet intérieur (cette dernière formant la plaque tournante entre les anciens salons et les « Salles Neuves » de l’appartement d’Adélaïde.

Dans la seconde partie du règne de Louis XV des projets de reconstruction des façades en regard de la ville vont prendre corps. On reprochait aux murs de Le Vau leurs matériaux (Un matériau est une matière d'origine naturelle ou artificielle que l'homme façonne pour en faire des objets.) et leur disposition.

1770, le 16 mai, mariage du dauphin (futur Louis XVI) avec Marie-Antoinette de Lorraine, archiduchesse d’Autriche, célébré dans la chapelle royale. Dans un même temps aura lieu l’inauguration de l’Opéra Royal à l’occasion du festin royal, elle marque le sommet de l’art de Gabriel.

1771 Gabriel présenta au roi son « Grand Projet » de reconstruction de toutes les façades côté ville. Seule l’aile droite, qui menaçait ruine, fut édifiée. Avec son pavillon à colonnes, les règles de l’architecture classique furent respectées. Le roi donna son agrément à ce projet. Comme l’argent manquait dans les caisses royales, Madame du Barry se chargea de réunir les fonds à cette opération.

1772, Les travaux du « Grand Projet » débutèrent et ne furent jamais achevés mais donnèrent naissance à l’Aile Louis XV. À l’intérieur de l’aile, les travaux du grand escalier dit Grand Degré débutent, mais ne seront achevés qu’en 1785. À la fin de l’Ancien Régime, le palais sera la résidence royale la plus luxueuse de toute l’Europe.

Pendant que Gabriel poursuivait son œuvre la vie de la cour continuait, toujours brillante et luxueuse, émaillée de bals et de fêtes. La distraction favorite de ce siècle fut le théâtre. On appréciait Voltaire pour ses tragédies et sa prose. Madame de Pompadour donnera une grande impulsion à ce mouvement.

Louis XV fut responsable de la destruction d’ensembles splendides du temps de Louis XIV, mais il avait su créer à l’intérieur du palais de magnifiques décorations. Les jardins et en particulier Trianon s’étaient enrichis du Pavillon Français et du Petit Trianon.

1729-1736 le salon d’Hercule

La décoration de ce nouveau salon débuta, dès 1712. Il se trouve à l'emplacement de l'ancienne chapelle, détruite en 1710. Le chantier est placé sous la direction de Robert de Cotte, le décorateur de la nouvelle chapelle royale. Cependant la mort du roi Louis XIV, en 1715 interrompt le chantier. Celui-ci ne reprit qu'après le retour de Louis XV au château, en 1729. Le plafond de la pièce fut décoré entre 1733 et 1736 par François Lemoyne. Il y représente l'Apothéose d'Hercule. Sur le mur (Un mur est une structure solide qui sépare ou délimite deux espaces.) du fond est exposée une immense toile de Véronèse offerte par la République de Venise au roi Louis XIV en 1664, Le Repas chez Simon. L'aménagement de la pièce fut terminé en 1736. Mais l'inauguration n'eut lieu que le 26 janvier 1739, par un « bal paré » donné à l'occasion du mariage de la fille aînée de Louis XV avec l'Infant d'Espagne. Le salon d'Hercule servit de cadre à d'exceptionnels « grands couverts » (en 1769, pour le mariage du duc de Chartres ou en 1782 pour la naissance du Dauphin) ou à des audiences extraordinaires (avec le sultan du Mysore, en 1788).

1758-1770 L'Opéra royal

Louis XVI

Sous Louis XVI, la vie de cour à Versailles continua à décliner, en devenant une coquille vide (Le vide est ordinairement défini comme l'absence de matière dans une zone spatiale.) de sens (SENS (Strategies for Engineered Negligible Senescence) est un projet scientifique qui a pour but l'extension radicale de l'espérance de vie humaine. Par une évolution progressive...), et fuie par les courtisans aussi bien que par la famille royale. De plus, le château se révéla un gouffre (Un gouffre désigne généralement, au sens propre, une cavité souvent d'origine karstique dont l'entrée s'ouvre dans le sol (par opposition à une caverne ou une...) financier. L’absence de commodités (salle de bains, chauffage) dans les appartements rendit de plus en plus sensible la nécessité d’une rénovation profonde des bâtiments. Mais le manque d’argent fit remettre le projet jusqu’à la Révolution française. Marie-Antoinette imposa d'importantes dépenses pour l'aménagement du Petit Trianon, ce qui contribua grandement à la rendre impopulaire. On ne s'y réunit plus que pour de grandes circonstances, comme le 15 août, fête de l'Assomption, commémorée par une grande procession à laquelle doivent assister tous les courtisans. Celle-ci rappelle la consécration de la France à Marie, décrétée par Louis XIII. C'est au cours de la cérémonie du 15 août 1785 que le roi fait arrêter, dans la Galerie des glaces pleine de monde, son grand aumônier, le prince-cardinal Louis de Rohan, compromis dans l'affaire dite du Collier de la reine.

La bibliothèque de Louis XVI

À son avènement en 1774, Louis XVI veut faire concevoir pour lui une pièce dédiée à sa détente. Le choix se porte sur une bibliothèque. Elle est commencée dès le début de son règne. Le décor, dessiné par Jacques-Ange Gabriel, est sculpté par Jules Antoine Rousseau. Jean-Henri Riesener sculpte une grande table à plateau monoxyle (Le terme est composé à partir de mono- et du grec xylon, qui signifie « bois ». Il se rapporte à un objet taillé dans une seule pièce de bois.) pour permettre à Louis XVI d'exposer ses biscuits de Sèvres. Deux globes, un terrestre et un céleste, complètent ce décor en 1777. C'est dans cette bibliothèque que Louis XVI décide de l'arrestation de son grand aumônier le 15 août 1785, après avoir été mal conseillé par le baron de Breteuil et son Garde des Sceaux Armand Thomas Hue de Miromesnil.

1783 Le cabinet doré

Cette pièce fut créé pour abriter une partie des collections de Louis XIV. Sous Louis XV, elle prit diverses affectations. Ainsi, elle servit au roi de pièce d'exposition pour son service de vaisselle d'or, d'où l'un de ses noms cabinet de la Vaisselle d'or. Elle fut ensuite rattachée aux appartements de Madame Adélaïde, fille de Louis XV. Cette pièce devient dès lors son cabinet de musique où Adélaïde reçut des leçons de Harpes de Beaumarchais. Mozart y aurait joué pour la famille royale, en 1763. Sous Louis XVI, cette pièce redevient une pièce d'exposition. En 1788, Louis XVI y expose l'un de ses achats personnel, le cabinet des papillons.

Page générée en 0.010 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique