Cancer de la vessie - Définition et Explications

Source: Wikipédia sous licence CC-BY-SA 3.0.
La liste des auteurs de cet article est disponible ici.

Introduction

La paroi interne de la vessie est tapissée de cellules transitionnelles qui sont à l'origine de la plupart des cancers de la vessie. L'évolution et la prise en charge dépend beaucoup du caractère invasif de la tumeur (Le terme tumeur (du latin tumere, enfler) désigne, en médecine, une augmentation de volume d'un tissu, clairement délimitée sans précision de cause.). On distingue le cancer (Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement importante au sein d'un tissu normal de l'organisme, de telle manière que la survie de ce dernier est menacée. Ces cellules...) superficiel de la vessie (La vessie est l'organe du système urinaire dont la fonction est de recevoir l'urine terminale produite par les reins puis de la conserver avant son évacuation au cours de la miction. L'urine arrive...) du cancer invasif. Si le cancer superficiel reste de bon pronostic, le cancer invasif de la vessie est beaucoup plus grave et nécessite des traitements agressifs.

Épidémiologie

Incidence

Le cancer de la vessie (La paroi interne de la vessie est tapissée de cellules transitionnelles qui sont à l'origine de la plupart des cancers de la vessie. L'évolution et la prise en charge dépend beaucoup...) est une tumeur fréquente. En 2000, 10700 nouveaux cas ont été diagnostiqués en France, parmi lesquels un tiers des cancers de la vessie sont liés au tabagisme (Le tabagisme est le fait de consommer du tabac, produit manufacturé élaboré à partir de feuilles séchées de plantes...). L'incidence de ce cancer occupe en France le sixième rang ( Mathématiques En algèbre linéaire, le rang d'une famille de vecteurs est la dimension du sous-espace vectoriel engendré par cette famille. Le théorème du rang lie le rang et la dimension du...) par sa fréquence (En physique, la fréquence désigne en général la mesure du nombre de fois qu'un phénomène périodique se reproduit par unité de temps. Ainsi lorsqu'on emploie le mot...) parmi les cancers.

Mortalité

Il représente 3,5 % des décès par cancer.

Population touchée

L'âge moyen est de 65 ans. Il touche 4 hommes pour 1 femme, mais ce taux évolue au fur (Fur est une petite île danoise dans le Limfjord. Fur compte environ 900 hab. . L'île couvre une superficie de 22 km². Elle est située dans la...) et à mesure que l'impact du tabagisme chez la femme se fait sentir.

Facteurs de risque

Les facteurs favorisants les plus importants sont le tabac et certains carcinogènes chimiques. A ce titre le cancer de la vessie peut être considéré comme une maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) professionnelle.

Les principales substances industrielles en cause sont :

  • les amines aromatiques ;
  • leurs dérivés hydroxylés halogénés et sulfonés. (tableau français n°15 des maladies professionnelles) ;
  • les dérivés de l'aniline ;
  • certains hydrocarbures polycycliques ;
  • les dérivés industriels du tryptophane ;
  • l'arsenic (L’arsenic est un élément chimique de la famille des pnictogènes, de symbole As et de numéro atomique 33, présentant des propriétés intermédiaires entre celles...).

Par ailleurs on retrouve à l'origine du cancer de la vessie certains médicaments (phénacétine, cyclophosphamide) ou un irradiation (En physique nucléaire, l'irradiation désigne l'action d'exposer (volontairement ou accidentellement) un organisme, une substance, d'un corps à un...) pelvienne. Les lésions de bilharziose (Seconde endémie parasitaire mondiale après le paludisme, la bilharziose ou schistosomiase est une maladie chronique et débilitante dont la prévalence atteint les 180 millions d’individus. Le...) urinaire peuvent dégénérer en lésions malignes de type cancer épidermoïde de la vessie, cette parasitose se retrouvant principalement en Égypte et en Afrique (D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique est un continent couvrant 6 % de la surface terrestre et 20,3 % de la surface des terres...) de l'Ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le couchant (ou ponant).).

Il existe également une nephropathie tubulo-intertitielle endémique dans la région des Balkans, qui peut se complique en cancer urothéliale. Cette maladie résulte d'une intoxication alimentaire (Une toxi-infection alimentaire (en langage courant, une intoxication alimentaire) est une maladie, souvent infectieuse et accidentelle, contractée suite à l'ingestion de...) par une mycotoxine, l'ochratoxine A, produite par un champignon des céréales.

Plusieurs mutations sur certains gènes augmentent le risque de cancer de la vessie, notamment sur le gène (Un gène est une séquence d'acide désoxyribonucléique (ADN) qui spécifie la synthèse d'une chaîne de polypeptide ou d'un acide ribonucléique (ARN) fonctionnel. On peut également...) p63, le gène codant pour le récepteur du facteur de croissance épidermique, ainsi que d'autres gènes.

Le pronostic

Les facteurs pronostiques sont :

  • le stade (Un stade (du grec ancien στ?διον stadion, du verbe ?στημι istêmi, « se tenir droit et ferme ») est un équipement sportif.) TNM ;
  • le grade (Le mot grade a plusieurs significations :) histologique ;
  • la présence ou non d'une hydronéphrose ;
  • la qualité de la résection transurétrale pour les patients traités par association radio-chimiothérapie.

La survie à 5 ans des formes localisées à la vessie est de 60 % quel que soit T. Elle est indépendante du type de traitement local . La survie à 5 ans des formes avec extension ganglionnaire pelvienne est de 5 à 25 % selon l'importance de l'atteinte ganglionnaire. La survie à 5 ans est de 10 à 15% chez les patients traités par chimiothérapie (La chimiothérapie est l'usage de certaines substances chimiques pour traiter une maladie. C'est une technique de traitement à part entière au même titre que la chirurgie. La...). La plupart des décès sont observés dans les 2 ans suivant le diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de δια-, dia-, „par, à travers, séparation, distinction“ et γν?ση, gnósi,...).

Les formes métastatiques ont un très mauvais pronostic, avec une durée de survie proche de un an.

Diagnostic

Symptômes

Les éléments cliniques évoquant une tumeur cancéreuse de la vessie sont peu spécifiques. On note en premier lieu l'hématurie micro ou macroscopique, la dysurie, les signes d'infection urinaire à urine (L'urine est un liquide biologique composé des déchets de l'organisme. L'urine est secrétée par les reins par filtration du sang, puis par...) claire, les infections urinaires récidivantes. L'altération de l'état général et les douleurs marquent souvent un stade avancé de la maladie.

Les symptômes cliniques nécessitent une confirmation avec réalisation

  • d'une bandelette urinaire retrouvant l'hématurie,
  • d'un examen cytologique des urines confirmant parfois la présence d'hématies et de cellules anormales mais cet examen a une faible sensibilité,
  • la cystoscopie permet de visualiser les lésions vésicales et effectuer dans le même temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) des biopsies pour études anatomopathologiques des lésions et confirmation du diagnostic. c'est un examen essentiel.
  • les examens d'imageries tel le scanner (Un scanneur, ou numériseur à balayage est l'équivalent du terme anglais scanner, qui vient du verbe anglais to scan, signifiant « balayer » dans le...) et l'IRM du bassin sont utile au bilan d'extension. Dans ce dernier examen, l'injection (Le mot injection peut avoir plusieurs significations :) de ferumoxtran-10 permettrait de détecter les métastases ganglionnaires, même de petites tailles, avec une très bonne sensibilité et spécificité.

Bilan d'extension

Le cancer de la vessie se développe à partir de la muqueuse (Les muqueuses (du latin mucus) sont des minces couches de tissus d'origine ectodermique constituées de cellules épithéliales, et de tissu conjonctif sous-jacent qui se nomme chorion qui...) interne (En France, ce nom désigne un médecin, un pharmacien ou un chirurgien-dentiste, à la fois en activité et en formation à l'hôpital ou en cabinet pendant une...) de la vessie. En absence de traitement, la maladie s'étend au-delà de la muqueuse à travers la paroi de la vessie, dissémine au travers des vaisseaux lymphatiques vers les ganglions du petit bassin (En anatomie humaine, le pelvis (pelvis minor) ou petit bassin (du latin pelvis -is, f: bassin, chaudron) désigne le cadre osseux, sensiblement hémisphérique, de la forme et de la taille d'un petit bol, situé à la...), et au travers des veines dans l'ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble),...) de l'organisme. Le bilan d'extension permet de connaitre le stade exacte de la maladie, d'appliquer le traitement le mieux adapté et d'estimer le pronostic de la maladie.

Anatomopathologie

Il existe différents type anatomo-pathologiques de tumeur maligne (Une tumeur maligne est une tumeur capable d'envahir et de détruire les structures qui lui sont adjacentes et qui peut s'étendre à distance...) de la vessie. Le terme cancer de la vessie correspond au carcinome de la vessie. Il en existe trois formes :

  • le carcinome transitionnel est la forme le plus fréquente. Il représente 90 % des cancers de la vessie.
  • le carcinome épidermoïde est plus rare, il correspond à 7 % des cancers.
  • l'adénocarcinome est plus rare, environ 1 %.

Les lésions non carcinomateuses correspondent aux lymphomes, sarcomes et tumeus neuro-endocrines de la vessie dont le traitement diffère des carcinomes.

Classification

Le grade G1 G2 G3

La classification TNM-UICC 2002

T (Tumeur)

  • Tx Tumeur primitive ne pouvant être classée
  • T0 Tumeur ne pouvant être classée
  • Ta carcinome papillaire superficiel (respectant la membrane basale)
  • Tis carcinome in situ (plan, respectant la membrane basale)
  • T1 Tumeur envahissant le tissu conjonctif sous-épithélial
  • T2 Tumeur envahissant le muscle (Les muscles sont une forme contractile des tissus des animaux. Ils forment l'un des quatre types majeurs de tissus, les autres étant le tissu épithélial, le tissu conjonctif, le tissu nerveux. Ce tissu forme, avec le tissu nerveux,...) (ou détrusor)
    • T2a Musculeuse superficielle
    • T2b Musculeuse profonde
  • T3 Tumeur envahissant le tissu péri vésical (graisse)
    • T3a Atteinte microscopique
    • T3b Atteinte macroscopique
  • T4 Invasion des viscères adjacents
    • T4a Prostate (La prostate est une large glande de l'appareil génital masculin. Sa fonction principale est de sécréter et de stocker le liquide séminal, l'un...) ou utérus (L'utérus est un organe participant aux fonctions reproductrices chez les mammifères dont la femme. C'est une poche dont l'intérieur très vascularisé, ouverte vers le col utérin à l'extérieur, et qui du...) ou vagin
    • T4b Paroi pelvienne ou paroi abdominale

N (Adénopathies régionales)

  • Nx Absence de renseignements suffisants
  • N1 Envahissement d'un seul ganglion pelvien <2 cm de plus grand diamètre
  • N2 Envahissement d'un seul ganglion > 2 cm mais <5 cm ou plusieurs ganglions <5 cm
  • N3 Envahissement d'un ganglion > 5 cm

M (Métastases à distance)

  • M0 Pas de métastase à distance
  • M1 Présence de métastases à distance

Classification des tumeurs superficielles de la vessie

Le comité de Cancérologie (L'oncologie ou carcinologie ou cancérologie est la spécialité médicale d'étude, de diagnostic et de traitement des cancers. Un médecin qui pratique cette...) de l'Association Française d'Urologie a défini une classification des tumeurs superficielle de la vessie. Cette classification permet de distinguer trois stades pour lesquels le risque de rechute à 5 ans et de décès à 10 ans se distinguent nettement.

RISQUE EVOLUTIF CANCER SUPERFICIEL DE LA VESSIE RISQUE DE PROGRESSION A 5 ANS RISQUE DE DECES PAR TUMEUR A 10 ANS
Groupe 1 :

risque faible

pTa G1 unique

pTa G1-G2 non récidivant à trois mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.)

7.1 % 4.3 %
Groupe 2:

risque intermédiaire

pTa G2 multifocal

pTa multirécidivant pTa G3, pT1 G2 unique

17.4 % 12.8 %
Groupe 3 :

risque élevé

pT1 G3

pTis diffus pT1 multifocal pT1 récidivant à moins de 6 mois

41.6 % 36.1 %
Page générée en 0.008 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique