Transit de Vénus
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Transit de Vénus de 2004.
Transit de Vénus (On appelle transit de Vénus le passage de la planète Vénus exactement entre la Terre et le Soleil, occultant une petite partie du disque solaire. Pendant...) de 2004.

On appelle transit de Vénus le passage de la planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de l'Univers et possédant une masse suffisante pour...) Vénus exactement entre la Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse...) et le Soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique, c'est une...), occultant une petite partie du disque (Le mot disque est employé, aussi bien en géométrie que dans la vie courante, pour désigner une forme ronde et régulière, à l'image d'un palet — discus en latin.) solaire. Pendant le transit, Vénus peut être observée depuis la Terre sous la forme d'un petit disque noir ce déplaçant devant le Soleil. La durée de tels transits est en général de quelques heures (celui de 2004 dura 6 heures). Un transit est similaire à une éclipse (Une éclipse correspond à l'occultation d'une source de lumière par un objet physique. En astronomie, une éclipse se produit lorsqu'un objet (comme une...) solaire par la Lune (La Lune est l'unique satellite naturel de la Terre et le cinquième plus grand satellite du système solaire avec un diamètre de 3 474 km. La distance moyenne séparant la Terre de...), mais bien que Vénus fasse presque quatre fois la taille de la Lune, elle apparaît bien plus petite du fait de la distance plus importante qui la sépare de la Terre. Avant l'ère spatiale, l'observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude appropriés. Le plaisir procuré explique la très grande...) de transits de Vénus servit aux scientifiques pour calculer la distance Terre-Soleil par la méthode des parallaxes.

Les transits de Vénus font partie des phénomènes astronomiques prévisibles les moins fréquents et se produisent actuellement suivant une séquence qui se répète tous les 243 ans, avec des paires de transits espacés de 8 ans suivis de longs intervalles de 121,5 et 105,5 ans. Avant 2004, la paire (On dit qu'un ensemble E est une paire lorsqu'il est formé de deux éléments distincts a et b, et il s'écrit alors :) de transit précédente date de décembre 1874 et décembre 1882. Le premier de la paire de transits du début du XXIe siècle a eu lieu le 8 juin 2004 (voir Transit de Vénus de 2004) et le suivant aura lieu le 6 juin 2012 (voir Transit de Vénus de 2012). Après 2012, les prochains transits auront lieu en 2117 et 2125[1].

Un transit de Vénus peut être observé en toute sécurité avec les mêmes précautions que pour l'observation (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude appropriés. Le plaisir procuré explique la très grande participation des...) des phases partielles d'une éclipse solaire. Fixer le disque solaire sans protection entraîne rapidement des dégâts oculaires sérieux et parfois des lésions permanentes[2].

Conjonctions

Schémas de conjonctions avec Vénus avec ou sans transit selon si la conjonction survient à la ligne des nœuds
Schémas de conjonctions avec Vénus avec ou sans transit selon si la conjonction survient à la ligne des nœuds

Normalement, quand Vénus et la Terre sont en conjonction, elles ne sont pas alignées avec le Soleil. L'orbite (En mécanique céleste, une orbite est la trajectoire que dessine dans l'espace un corps autour d'un autre corps sous l'effet de la...) de Vénus est inclinée de 3,4° par rapport à celle de la Terre et passe donc en dessous (ou au dessus) du Soleil dans le ciel (Le ciel est l'atmosphère de la Terre telle qu'elle est vue depuis le sol de la planète.)[3]. Observée depuis la Terre, Vénus en conjonction inférieure peut être écartée jusqu'à 9,6° du Soleil bien que l'inclinaison (En mécanique céleste, l'inclinaison est un élément orbital d'un corps en orbite autour d'un autre. Il décrit l'angle entre le plan de l'orbite et le plan de référence (généralement le plan de...) ne soit que de 3,4°. Comme le diamètre (Dans un cercle ou une sphère, le diamètre est un segment de droite passant par le centre et limité par les points du cercle ou de la sphère. Le...) angulaire du Soleil est d'environ 1/2 degré (Le mot degré a plusieurs significations, il est notamment employé dans les domaines suivants :), Vénus passe alors au dessus ou en dessous du Soleil à plus de 18 diamètres solaires[3]. Le transit advient quand les deux planètes sont en conjonction au moment (ou presque au moment) où elles croisent la ligne d'intersection de leurs plans orbitaux.

Les transits se répètent suivant une séquence de 243 ans avec une paire de transits séparés de 8 ans suivis d'un intervalle de 121,5 ans, une autre paire de transits séparés de 8 ans et un intervalle de 105,5 ans. Cette période de 243 ans provient du fait que 243 années sidérales (365,25636 jours, un peu plus que l'année (Une année est une unité de temps exprimant la durée entre deux occurrences d'un évènement lié à la révolution de la Terre autour du Soleil.) tropique) fait 88757,3 jours et 395 années sidérales de Vénus (224,701 jours) fait 88757,9 jours. Ainsi, après cette période, Vénus et la Terre sont revenues quasiment aux mêmes positions sur leur orbite. Cette période correspond à 152 périodes synodiques de Vénus[4].

La séquence 105,5 / 8 / 121,5 / 8 n'est pas la seule possible dans la période de 243 ans à cause du léger décalage entre la conjonction et le passage à la ligne des nœuds. Avant 1518, il n'y avait que trois transits tous les 243 ans suivant la séquence 8 / 113,5 / 121,5, et les huits transits précédant celui de l'an 546 étaient espacés de 121,5 ans. La séquence actuelle continuera jusqu'en 2846 et sera alors remplacée par la séquence 105,5 / 129,5 / 8. Ainsi, la période de 243 ans est relativement stable mais le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de transits et leur espacement pendant cette période change au cours des âges[4][5].

Histoire ancienne

Dans l'antiquité, les astronomes grecs, égyptiens, babyloniens et chinois connaissaient Vénus et notaient ses mouvements. Les Grecs anciens pensaient que les apparitions matinales et vespérales de Vénus correspondaient à deux objets différents, Hesperus l'étoile (Une étoile est un objet céleste émettant de la lumière de façon autonome, semblable à une énorme boule de plasma comme le Soleil, qui est l'étoile la plus proche de la Terre.) du soir et Phosphorus l'étoile du matin[6]. On attribue à Pythagore la découverte qu'il s'agissait de la même planète. Au IVe siècle av. J.-C., Héraclide du Pont (Un pont est une construction qui permet de franchir une dépression ou un obstacle (cours d'eau, voie de communication, vallée, etc.) en passant par-dessus cette séparation. Le franchissement supporte le passage...) émis l'hypothèse que Vénus et Mercure orbitaient autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre...) du Soleil et non de la Terre. Aucun élément ne permet d'affirmer que ces cultures connaissaient les transits[7].

Vénus était importante pour les civilisations précolombiennes, en particulier pour les Mayas qui la nommaient Chak ek, " la grande étoile "[6] et lui accordaient peut-être plus d'importance qu'au Soleil ; ils identifiaient Vénus au dieu Kukulkan (équivalent maya de Quetzalcoatl) et basaient leur calendrier (Un calendrier est un système de repérage des dates en fonction du temps. Ces systèmes ont été inventés par les hommes pour mesurer, diviser et...) essentiellement sur les cycles de Vénus. Dans le Codex de Dresde, les Mayas tracèrent le cycle complet de Vénus, mais malgré leur connaissance précise de ses mouvements, ils ne mentionnent pas le transit[8].

Observations modernes

Mesure des heures de transit de Vénus pour déterminer la parallaxe solaire
Mesure des heures de transit de Vénus pour déterminer la parallaxe (La parallaxe est l'incidence du changement de position de l'observateur sur l'observation d'un objet.) solaire

En dépit de sa rareté, l'intérêt de l'observation d'un transit de Vénus est qu'il permet de calculer la taille du système solaire (Le système solaire est un système planétaire composé d'une étoile, le Soleil et des corps célestes ou objets définis gravitant autour de lui (autrement dit,...) en employant la méthode des parallaxes. La technique consiste à mesurer la légère différence de l'heure (L'heure est une unité de mesure  :) de début (ou de fin) du transit observé depuis des points très éloignés de la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent...) terrestre. L'écart entre les lieux d'observation permet de calculer la distance Soleil-Vénus par triangulation (En géométrie et trigonométrie, la triangulation est une technique permettant de déterminer la position d'un point en mesurant les...)[9].

Bien qu'au XVIIe siècle les astronomes savaient calculer les distances relatives de chaque planète par rapport au Soleil en terme de distance Terre-Soleil (c'est-à-dire en unité astronomique), cette unité de base n'avait jamais été précisément mesurée.

Johannes Kepler fut le premier à prédire un transit de Vénus pour 1631, mais il ne fut pas observé car la prédiction de Kepler n'était pas assez précise pour déterminer que le transit ne serait pas visible depuis la plupart de l'Europe (L’Europe est une région terrestre qui peut être considérée comme un continent à part entière, mais aussi comme...)[10].

Jeremiah Horrocks faisant la première observation du transit de Vénus en 1639
Jeremiah Horrocks faisant la première observation du transit de Vénus en 1639

La première observation d'un transit de Vénus fut faite par Jeremiah Horrocks depuis son domicile de Much Hoole près de Preston en Angleterre (L’Angleterre (England en anglais) est l'une des quatre nations constitutives du Royaume-Uni. Elle est de loin la plus peuplée, avec...), le 4 décembre 1639 (le 24 novembre selon le calendrier julien (Le calendrier julien a été choisi par Jules César en 46 av. J.-C., en qualité de pontifex maximus, ce qui lui donnait la responsabilité de fixer le début de chaque année. Ce calendrier fut utilisé...) alors en vigueur dans ce pays). Son ami William Crabtree observa le transit depuis Salford près de Manchester. Kepler avait prédit les transits de 1631 et 1761 et un frôlement en 1639. Horrocks corrigea les paramètres orbitaux de Vénus établis par Kepler et remarqua que les transits de Vénus auraient lieu par paire séparée de 8 ans et put ainsi prédire celui de 1639. Bien qu'il ne fut pas certain de l'heure (L’heure est une unité de mesure du temps. Le mot désigne aussi la grandeur elle-même, l'instant (l'« heure qu'il...) exacte, il calcula que le transit commencerait approximativement à 15h. Horrocks focalisa l'image du Soleil sur un morceau de carton à l'aide d'un simple télescope (Un télescope, (du grec tele signifiant « loin » et skopein signifiant « regarder, voir »), est un instrument d'optique permettant d'augmenter la...) pour l'observer en toute sécurité. Après avoir attendu toute la journée, il eut la chance de voir le transit alors que les nuages qui masquaient le Soleil se dégagèrent à 15h15, juste une heure avant le coucher de Soleil (Le coucher de soleil est le moment auquel le Soleil disparaît derrière l'horizon, dans la direction de l'Ouest. Il s'agit d'un phénomène...). Ses mesures lui permirent de faire des estimations soutenables aussi bien sur la taille de Vénus que sur la distance Terre-Soleil. Son estimation de la distance Terre-Soleil fut de 95,6 Gm (59,4 milliards de milles, soit 0,639 ua) - à peu près les deux tiers de la distance réelle, mais la mesure la plus précise de l'époque. Cependant, les observations de Horrocks ne furent pas publiées avant 1661, bien après sa mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant par exemple la mort des étoiles). Chez les organismes...)[11].

Le transit de Vénus de 1882
Le transit de Vénus de 1882

En s'appuyant sur l'observation du transit de Vénus de 1761 depuis l'observatoire de Saint-Pétersbourg, Mikhaïl Lomonossov prédit l'existence d'une atmosphère (Le mot atmosphère peut avoir plusieurs significations :) sur cette planète. Lomonossov détecta la réfraction (En physique des ondes — notamment en optique, acoustique et sismologie — le phénomène de réfraction est la déviation d'une onde lorsque la vitesse de celle-ci change entre deux...) des rayons solaires et en déduisit que seule la présence d'une atmosphère pouvait expliquer l'apparition d'un anneau de lumière (La lumière est l'ensemble des ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde de 380nm (violet) à 780nm (rouge). La lumière est intimement liée à la...) autour de la partie de Vénus qui n'était pas encore en contact avec le disque solaire au début du transit[12].

La paire de transits de 1761 et 1769 fut utilisée pour calculer précisément la valeur de l'unité astronomique (L’unité astronomique (symbole ua) correspond approximativement à la longueur du demi-grand axe de l’orbite terrestre. Historiquement, les mesures astronomiques se résumaient à...) par la méthode des parallaxes décrite par James Gregory dans Optica Promota en 1663. Suivant la proposition faite par Edmond Halley (alors décédé depuis près de vingt ans)[9], de nombreuses expéditions furent organisées vers divers endroits du monde (Le mot monde peut désigner :) pour observer ces transits ; préfigurant les futures collaborations scientifiques internationales. Dans la tentative d'observer le premier transit, des scientifiques et explorateurs britanniques, autrichiens et français partirent vers des destinations telles que la Sibérie, la Norvège, Terre-Neuve (Terre-Neuve (en anglais: Newfoundland, en micmac: Ktaqamk) est une grande île au large de la côte atlantique de l'Amérique du Nord. Elle fait partie de la province canadienne de Terre-Neuve-et-Labrador ; la capitale de la...) et Madagascar (Madagascar (Madagasikara en malgache), ou la République de Madagascar (Repoblikan'i Madagasikara en malgache) pour les usages officiels, est un État...)[13]. La plupart réussirent à observer au moins une partie du transit, mais le meilleur résultat fut obtenu par Jeremiah Dixon et Charles Mason au Cap de Bonne-Espérance[14]. Pour le transit de 1769, les scientifiques allèrent dans la baie d'Hudson, en Basse-Californie (alors gouvernée par l'Espagne) et en Norvège en plus du premier voyage (Un voyage est un déplacement effectué vers un point plus ou moins éloigné dans un but personnel (tourisme) ou professionnel (affaires). Le voyage s'est...) du capitaine Cook destiné à mener cette observation depuis Tahiti (Tahiti est une île de la Polynésie française (collectivité d’outre-mer) située dans le sud de l’Océan Pacifique. Elle fait partie du groupe des...)[15]. L'astronome (Un astronome est un scientifique spécialisé dans l'étude de l'astronomie.) tchèque Christian Mayer fut invité par Catherine II de Russie pour observer le transit depuis Saint-Pétersbourg, mais ses observations furent surtout gênées par les nuages[16]. L'infortuné Guillaume Le Gentil (Guillaume Joseph Hyacinthe Jean-Baptiste Le Gentil de la Galaisière (Coutances, 12 septembre 1725 — 22 octobre 1792) était un astronome français.) passa huit ans à voyager pour tenter d'observer les deux transits ; son échec lui fit perdre femme et possessions et il fut même déclaré mort (son histoire devint la trame (Le mot trame peut désigner :) de la pièce Le Transit de Vénus de Maureen Hunter)[13].

Le phénomène de la goutte noire observé pendant le transit de 2004
Le phénomène de la goutte noire observé pendant le transit de 2004

Malheureusement, il fut impossible de dater précisément le début ou la fin du transit à cause du " phénomène de la goutte noire ". Cet effet fut longtemps attribué à l'épaisse couche atmosphérique de Vénus, et était alors considéré comme la première preuve de l'existence de cette atmosphère. Cependant, les études récentes ont démontré que cet effet était une déformation de l'image causée par les turbulences atmosphériques terrestres ou les imperfections des appareils optiques[17][18].

En 1771, en recoupant les données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) des transits de 1761 et 1769, l'astronome français Jérôme Lalande établit la valeur de l'unité astronomique à 153 millions de kilomètres (Le mètre (symbole m, du grec metron, mesure) est l'unité de base de longueur du Système international. Il est défini comme la distance parcourue par la lumière dans le vide en 1/299 792 458 seconde.) (±1 million). La précision fut moins bonne qu'escompté à cause du phénomène de la goutte noire, mais constituait une amélioration considérable par rapport aux calculs de Horrocks[13]. L'observation des transits de 1874 et 1882 permit d'affiner ce résultat. L'astronome américain Simon Newcomb recoupa les données des quatre derniers transits et en déduisit une valeur de 149,9 ±0.31 Gm. Les techniques modernes utilisant des sondes spatiales et la télémétrie radar (Le radar est un système qui utilise les ondes radio pour détecter et déterminer la distance et/ou la vitesse d'objets tels que les avions, bateaux, ou encore la...) ont permis de calculer la valeur de l'unité astronomique avec une précision de 30 m et rendent obsolète la méthode des parallaxes dans ce cadre[13][18].

Le transit de 2004 suscita néanmoins l'intérêt des scientifiques qui mesurèrent les caractéristiques de la diminution de luminosité (La luminosité désigne la caractéristique de ce qui émet ou réfléchit la lumière.) du Soleil occulté par Vénus, afin d'améliorer les techniques qu'ils comptent mettre en œuvre dans la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) d'exoplanètes[18][19]. Les méthodes de détection originelles se concentrent sur les exoplanètes très massives (plus semblables à Jupiter qu'à la Terre), dont la gravité (La gravitation est une des quatre interactions fondamentales de la physique.) est suffisante pour faire osciller son étoile de façon mesurable au niveau de son mouvement propre (En astronomie, on appelle mouvement propre le mouvement apparent des étoiles sur la sphère céleste. Il fut découvert en 1718 par Edmund Halley lorsqu'il remarqua que les...), de sa vitesse (On distingue :) radiale ou de l'effet Doppler-Fizeau (L'effet Doppler-Fizeau est le décalage entre la fréquence de l'onde émise et de l'onde reçue lorsque l'émetteur et le récepteur sont en mouvement l'un par rapport à l'autre ; il apparaît aussi lorsque...). Mesurer la baisse d'intensité lumineuse au cours d'un transit est potentiellement plus sensible et permettrait de détecter des planètes plus petites[18]. Cependant, ces mesures requièrent une précision extrême, par exemple, le transit de Vénus provoque une diminution d'intensité du rayonnement solaire (En plus des rayons cosmiques (particules animées d'une vitesse et d'une énergie extrêmement élevées), le Soleil rayonne des ondes...) que d'à peine 0,001 magnitude, et l'effet du transit des petites exoplanètes devrait être aussi faible[20].

Transits passés et futurs

Les transits se déroulent actuellement en juin ou décembre (voir la table). Ces dates dérivent lentement vers l'avant; avant 1631 ils se passaient en mai et novembre[4]. Les transits arrivent en général par paire espacés de huit ans car la durée de huit années terrestres correspond quasiment avec 13 années de Vénus, ce qui ramène les planètes dans les mêmes positions relatives au bout de cette période. Cette coïncidence peut donc entraîner des transits par paire mais n'est pas assez précise pour engendrer des triplets car Vénus prend 22 heures d'avance à chaque transit[4]. Le dernier transit qui n'est pas arrivé par paire remonte à 1153, le prochain sera en 3089. Le transit de 2854 (le second de la paire précédente 2846 / 2854), apparaîtra " raté " s'il est observé depuis le centre de la face éclairée de la Terre, et sera partiellement visible depuis une partie de l'hémisphère Sud (L'hémisphère sud ou hémisphère austral est la moitié du globe terrestre qui s'étend entre l'équateur et le pôle Sud. En astronomie, ce terme désigne...)[21].

Transits de Vénus passés
Transits de Vénus
Date du milieu
du transit
Heure (UTC) Notes Tracé
(HM Nautical
Almanac Office)
Début Milieu Fin
7 décembre 1631 03:51 05:19 06:47 Prédit par Kepler (lien)
4 décembre 1639 14:57 18:25 21:54 Premier transit observé par Horrocks et Crabtree (lien)
6 juin 1761 02:02 05:19 08:37 Lomonossov observe l'atmosphère de Vénus (lien)
3 juin 1769 19:15 22:25 01:35 Expédition du capitaine Cook à Tahiti (lien)
9 décembre 1874 01:49 04:07 06:26 Expédition de Pietro Tacchini à Muddapur, en Inde. (lien)
6 décembre 1882 13:57 17:06 20:15 John Philip Sousa compose la marche (La marche (le pléonasme marche à pied est également souvent utilisé) est un mode de locomotion naturel. Il consiste en un déplacement en appui alternatif...) Le Transit de Vénus à cette occasion[18]. (lien)
8 juin 2004 05:13 08:20 11:26 Transit largement diffusé en vidéo (La vidéo regroupe l'ensemble des techniques, technologie, permettant l'enregistrement ainsi que la restitution d'images animées, accompagnées ou non de son,...) par divers médias (On nomme média un moyen impersonnel de diffusion d'informations (comme la presse, la radio, la télévision), utilisé pour communiquer. Les médias permettent de diffuser une information vers un...). (lien)
Transits futurs de Vénus
Transits de Vénus
Date du milieu
du transit
Heure (UTC) Notes Tracé
(HM Nautical
Almanac Office)
Début Milieu Fin
6 juin 2012 22:09 01:29 04:49 Entièrement visible depuis Hawaii, l'Australie (L’Australie (officiellement Commonwealth d’Australie) est un pays de l’hémisphère Sud dont la superficie couvre la plus grande partie de l'Océanie. En plus de l’île-continent du...), le Pacifique et l'Asie (L'Asie est un des cinq continents ou une partie des supercontinents Eurasie ou Afro-Eurasie de la Terre. Il est le plus grand continent (8,6 % de la...) orientale.
Début du transit visible en Amérique (L’Amérique est un continent séparé, à l'ouest, de l'Asie et l'Océanie par le détroit de Béring et l'océan...) du Nord (Le nord est un point cardinal, opposé au sud.).
(lien)
11 décembre 2117 23:58 02:48 05:38 Entièrement visible depuis la Chine orientale, le Japon, Taïwan (Taïwan ou Taiwan (en sinogrammes traditionnels 臺灣 et plus souvent en sinogrammes traditionnels 台灣 ; en sinogrammes simplifiés 台湾 ; en pinyin Táiwān) est...), l'Indonésie (L'Indonésie, officiellement la République d'Indonésie (en indonésien Republik Indonesia), est un pays transcontinental d'Asie du Sud-Est et d'Océanie. Avec plus de 17 500 îles, il s'agit du plus grand archipel au...) et l'Australie.
Partiellement visible depuis la côte ouest (L’ouest est un point cardinal, opposé à l'est. C'est la direction vers laquelle se couche le Soleil à l'équinoxe, le couchant (ou ponant).) des États-Unis, l'Inde, la plupart de l'Afrique (D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique est un continent couvrant 6 % de la surface terrestre et 20,3 % de la...) et le Moyen-Orient.
(lien)
8 décembre 2125 13:15 16:01 18:48 Entièrement visible depuis l'Amérique du Sud (Le sud est un point cardinal, opposé au nord.) et l'Est des États-Unis.
Partiellement visible depuis l'ouest des États-Unis, l'Europe et l'Afrique.
(lien)
11 juin 2247 08:42 11:33 14:25 Entièrement visible depuis l'Afrique, l'Europe et le Moyen-Orient.
Partiellement visible depuis l'Asie orientale, l'Indonésie et les Amériques.
(lien)
9 juin 2255 01:08 04:38 08:08 Entièrement visible depuis la Russie, l'Inde, la Chine et l'Australie occidentale.
Partiellement visible depuis l'Afrique, l'Europe et l'ouest des États-Unis.
(lien)
13 décembre 2360 22:32 01:44 04:56 Entièrement visible depuis l'Australie et la plupart de l'Indonésie.
Partiellement visible depuis l'Asie, l'Afrique et la partie ouest des Amériques.
(lien)
10 décembre 2368 12:29 14:45 17:01 Entièrement visible depuis l'Amérique du Sud, l'Afrique occidentale et la côte est des États-Unis.
Partiellement visible depuis l'Europe, l'ouest des États-Unis et le Moyen-Orient.
(lien)
12 juin 2490 11:39 14:17 16:55 Entièrement visible depuis la plupart des Amériques, l'Afrique occidentale et l'Europe.
Partiellement visible depuis l'Afrique orientale, le Moyen-Orient et l'Asie.
(lien)
10 juin 2498 03:48 07:25 11:02 Entièrement visible depuis la plupart de l'Europe, l'Asie le Moyen-Orient et l'Afrique orientale.
Partiellement visible depuis l'est des Amériques, l'Indonésie et l'Australie.
(lien)

Frôlements et transits simultanés

Parfois, Vénus ne fait que frôler le disque solaire durant un transit. Dans ce cas, il est possible que certaines régions de la Terre ne voient qu'un transit partiel (Le mot partiel peut être employé comme :) (pas de second ni de troisième contact) tandis que ce transit est vu complet depuis d'autres régions. Le dernier transit de ce type date du 6 décembre 1631 et le prochain arrivera le 13 décembre 2611[4]. De même, il est possible que le transit soit partiellement visible depuis certaines régions tandis qu'il sera vu raté depuis d'autres. La dernière occurence d'un tel cas remonte au 19 novembre 541 av. J.C. et la prochaine est pour le 14 décembre 2854[4].

L'occurence simultanée d'un transit de Mercure (Le transit de Mercure se produit lorsque la planète Mercure se situe entre la Terre et le Soleil. Elle est alors visible sous la forme d'un petit point noir traversant le disque solaire.) et d'un transit de Vénus est possible mais dans un futur (Futurs est une collection de science-fiction des Éditions de l'Aurore.) très lointain. Le prochain arrivera le 26 juillet 69163 puis en 224508[22][23]. L'occurence simultanée d'une éclipse solaire avec un transit de Vénus est possible mais très rare, la prochaine éclipse simultanée avec un transit de Vénus arrivera le 5 avril 15232[22]. Le lendemain du transit du 3 juin 1769, il y a eu une éclipse totale de Soleil visible depuis l'Amérique du Nord, l'Europe et le nord de l'Asie[24].

Observation

Les lunettes d'observation d'éclipses peuvent servir à observer les transits
Les lunettes d'observation d'éclipses peuvent servir à observer les transits

Le moyen d'observation le plus sûr est de projeter l'image du Soleil à l'aide d'un télescope, de jumelles (On désigne par le terme jumelles un dispositif optique binoculaire grossissant destiné à l'observation d'objets à distance, constitué de deux lunettes symétriques montées en parallèle.) ou d'un carton percé d'un trou. Mais le phénomène peut aussi être regardé directement grâce à des filtres appropriés tels qu'un filtre (Un filtre est un système servant à séparer des éléments dans un flux.) solaire d'astronomie (L’astronomie est la science de l’observation des astres, cherchant à expliquer leur origine, leur évolution, leurs propriétés physiques et chimiques. Elle ne doit pas être...) revêtu d'une couche de chrome (Le chrome est un élément chimique de symbole Cr et de numéro atomique 24.), des lunettes d'observation d'eclipse solaire ou des lunettes de soudure d'indice 14.

L'ancienne méthode consistant à utiliser un négatif photo noir & blanc (Le blanc est la couleur d'un corps chauffé à environ 5 000 °C (voir l'article Corps noir). C'est la sensation visuelle obtenue...) exposé n'est plus considérée comme sûre : les petites imperfections ou perforations du film laissent passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) les UV nocifs. De même, un négatif couleur (La couleur est la perception subjective qu'a l'œil d'une ou plusieurs fréquences d'ondes lumineuses, avec une (ou des) amplitude(s) donnée(s).) ne contient pas d'argent (L’argent ou argent métal est un élément chimique de symbole Ag — du latin Argentum — et de numéro atomique 47.) et est donc transparents aux rayons infrarouges qui peuvent brûler la rétine (La rétine est l'organe sensible de la vision. D'origine diencéphalique, elle est une mince membrane pluri-stratifiée d'environ 0,5 mm d'épaisseur couvrant environ 75 % de la face interne...). Regarder directement le Soleil sans protection peut provoquer une perte temporaire ou permanente des fonctions visuelles en endommageant ou détruisant les cellules rétiniennes[2][25].

Pour l'astronome amateur, il y a quatre moments intéressants durant un transit, quand la circonférence de Vénus est tangente à celle du disque solaire :

  • 1er contact : Vénus complétement hors du disque solaire et se dirigeant vers lui
  • 2e contact : Vénus dans le disque solaire et se dirigeant vers l'intérieur
  • 3e contact : Vénus dans le disque solaire et se dirigeant vers l'extérieur
  • 4e contact : Vénus complétement hors du disque solaire et s'éloignant de lui[2]

Un cinquième point (Graphie) remarquable concernant les transits les plus longs est le moment où Vénus est au milieu de son chemin à travers le disque solaire, indiquant ainsi que la moitié de la durée du transit est écoulée[2].

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