Le terme concaténation est issu du latin cum (avec) et catena (chaîne), il désigne l'action de mettre bout à bout deux chaînes.
En programmation, on appelle la concaténation de deux chaînes de caractères, la chaîne formée de ces deux chaînes mises bout à bout.
Exemple :
Le terme "concaténation" désigne également l'opération de concaténer des chaînes, la concaténation est une figure fondée sur une énumération de termes ordonnés selon une intensité croissante ou décroissante, il s'agit d'une idée d'expansion.
Plus formellement, dans le contexte théorique des langages formels : Si on se donne un ensemble fini Σ, et que l'on appelle
Cette opération est associative et a un élément neutre qui est la séquence vide, donc elle dote
En généralisant, on introduira la terminologie suivante : Si on se donne un monoïde libre, on appelera concaténation (notée souvent par un point
La concaténation est une opération sur les mots, mais peut être étendue aux langages (sous-ensembles du monoïde). Ainsi, si
Cette extension de la concaténation est l'une des trois opérations de base permettant de construire des langages rationnels, c'est-à-dire un des trois opérateurs de base que l'on peut rencontrer dans une expression rationnelle. Les deux autres opérations sont l'union ensembliste et la fermeture de Kleene.
Pratique discursive d'un certain nombre d'auteurs (Martin Heidegger) qui consiste à fabriquer une sorte de néologisme en regroupant trois ou quatre mots et en les séparant par des tirets.
Exemples :
Etre-au-monde, être-auprès-des-choses, être-là, être-dans-le-temps, être-vers-la-mort.
En littérature, une concaténation désigne la disposition dans un même texte de plusieurs anadiploses successives, à la manière des maillons d'une chaîne.
" Comme le champ semé en verdure foisonne,/De verdure se hausse en tuyau verdissant,/Du tuyau se hérisse en épi florissant,/D'épi jaunit en grain, que le chaud assaisonne : " (Joachim du Bellay, Antiquités de Rome, XXX)
La plus célèbre des concaténations en littérature est celle que fait Sganarelle, le valet de Dom Juan, dans la pièce de Molière :
" Sachez, Monsieur, que tant va la cruche à l'eau, qu'enfin elle se brise; et comme dit fort bien cet auteur que je ne connais pas, l'homme est en ce monde ainsi que l'oiseau sur la branche; la branche est attachée à l'arbre; qui s'attache à l'arbre, suit de bons préceptes; les bons préceptes valent mieux que les belles paroles; les belles paroles se trouvent à la cour; à la cour sont les courtisans; les courtisans suivent la mode; la mode vient de la fantaisie; la fantaisie est une faculté de l'âme; l'âme est ce qui nous donne la vie; la vie finit par la mort; la mort nous fait penser au Ciel; le ciel est au-dessus de la terre; la terre n'est point la mer; la mer est sujette aux orages; les orages tourmentent les vaisseaux; les vaisseaux ont besoin d'un bon pilote; un bon pilote a de la prudence; la prudence n'est point dans les jeunes gens; les jeunes gens doivent obéissance aux vieux; les vieux aiment les richesses; les richesses font les riches; les riches ne sont pas pauvres; les pauvres ont de la nécessité; nécessité n'a point de loi; qui n'a point de loi vit en bête brute; et, par conséquent, vous serez damné à tous les diables. " (Acte V, Scène 2)