Charles-de-Gaulle | |
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Noms : | Richelieu (1986) Charles-de-Gaulle (1987) |
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Histoire | |
A servi dans : | Marine nationale française |
Quille posée : | 25 novembre 1987 |
Lancement : | mai 1994 |
Armé : | 18 mai 2001 |
Statut : | En service |
Caractéristiques techniques | |
Type : | Porte-avions |
Longueur : | 261,5 mètres (hors-tout) |
Maître-bau : | 64 m (pont) - 31,5 m (flottaison) |
Tirant d'air : | 75 m |
Déplacement : | 40 500 tonnes pleine charge |
Propulsion : | Deux réacteurs nucléaires à eau pressurisée K15 |
Puissance : | 80 000 ch (56 000 kW) |
Vitesse : | 27 nœuds |
Caractéristiques militaires | |
Armement : | 4x lance-missiles SYLVER (MBDA Aster 15, 8 tubes chacun) ; 2x Sadral (8x Mistral, 6 tubes chacun) ; 8x canons Giat 20F2 20 mm |
Aéronefs : | 40 appareils (Rafale, Super-Étendard, E-2C Hawkeye et hélicoptères SA365 Panther) |
Rayon d'action : | illimité - 45 jours de vivres |
Autres caractéristiques | |
Électronique : | Liaison 16 |
Équipage : | 1 150 marins, 600 aériens |
Chantier : | DCN, Brest |
Le Charles-de-Gaulle est l'unique porte-avions de la Marine nationale française actuellement en service. Il est également le premier navire de surface à propulsion nucléaire français. Il remplace les porte-avions Foch et Clemenceau arrivés en fin de carrière. Il sera très probablement rejoint d'ici la fin des années 2010 par un second porte-avions, le PA 2, qui pourrait éventuellement être créé dans le cadre d'un système de défense européen, par exemple en coopération avec les Britanniques (option remise en cause avec l'élection du nouveau Président Nicolas Sarkozy en 2007 qui préfèrerait qu'il soit construit sans l'aide d'autres puissances) .
Le Charles-de-Gaulle, immatriculé R91, est un bâtiment relativement petit en comparaison des porte-avions américains. Il mesure 261,5 mètres de long, 64,36 m de large, et 75 m de haut. Avec une masse de près de 40 600 tonnes, il peut embarquer environ 1 950 personnes à son bord, avec un supplément de 800 militaires en transport de troupes. La surface du pont d'envol atteint les 12 000 m² et dispose d'une surface de hangar aéronefs de 4 600 m².
Le Charles-de-Gaulle est équipé d'une propulsion nucléaire et peut effectuer 1 000 km par jour sans limitation de durée. Son autonomie en vivres est de 45 jours.
Son parc aérien atteint les 40 aéronefs de type :
La capacité maximale aérienne est de 100 vols par jour pendant 7 jours. Le Charles-de-Gaulle peut catapulter un avion toutes les 30 secondes À noter que la catapulte avant débordant sur la piste oblique, l'appontage et le catapultage simultanés sont impossibles.
Le Charles-de-Gaulle dispose d'un ensemble de capteurs radars de veille à courte et moyenne portée. Ses armes d'autodéfense mettent en oeuvre des contre-mesures électronique, mais aussi des missiles sol-air, en particulier le SAAM (système d'armes antimissiles) constitué de missiles Aster.
Il dispose de la liaison de donnée tactique L16. Il participe au réseau en tant que centre de contrôle et de commandement (C2). Il peut à ce titre prendre le contrôle de chasseur, leurs envoyer ses détections radar et leurs assigner diverses missions.
Le porte-avions Charles-de-Gaulle remplaça le Foch, un porte-avions à propulsion conventionnelle en 2001. Le Clemenceau et le Foch furent armés respectivement en 1961 et 1963 ; le besoin d'un remplacement avait été identifié au milieu des années 1970.
La construction du Charles-de-Gaulle a débuté le 25 novembre 1987.
La structure fut assemblée en avril 1989 aux chantiers navals de la DCN, à Brest. Le porte-avions fut achevé en mai 1994 et, avec 42 500 tonnes, il était le plus grand vaisseau de guerre lancé en Europe de l'Ouest depuis le HMS Ark Royal en 1950.
Le navire fut baptisé Richelieu en 1986, en mémoire du célèbre homme politique français Armand-Jean du Plessis, cardinal et duc de Richelieu (un nom traditionnel pour les navires importants dans la Marine française), mais il a été rebaptisé Charles-de-Gaulle l'année suivante par le Premier ministre de l'époque, Jacques Chirac.
La construction du Charles-de-Gaulle aura coûté 3 milliards d'euro (20 milliards de francs).
En 1993, un groupe d’officiers du MI6 qui s'étaient fait passer pour des ingénieurs fut surpris en train d'inspecter le vaisseau en construction. On pense qu’ils étaient en train d’expertiser les équipements d’écran des réacteurs nucléaires.
Les premiers essais en mer du Charles-de-Gaulle en janvier 1999 permirent d'identifier la nécessité d'allonger la piste d'atterrissage pour permettre l'appontage des E-2C Hawkeye avec des configurations dégradées des brins d'arrêt (en effet, le porte-avions était à l'origine dimensionné pour accueillir le F/A-18 Hornet américain, avion aux caractéristiques différentes du Dassault Rafale Marine finalement retenu). Cette opération fut mal perçue par la population française, alors que les mêmes travaux avaient dû être réalisés sur le Foch et le Clemenceau quand l'avion F-8 Crusader a été mis en service, et alors que les cinq millions de francs pour l'allongement ne représentaient que 0,025 % du budget total du projet Charles-de-Gaulle.
Le 28 février 2000, l'essai d'un réacteur nucléaire provoqua la combustion d'éléments isolants, provoquant l'émission d'une épaisse fumée.
Durant la nuit du 9 au 10 novembre 2000, alors que le porte-avions croisait en Atlantique ouest, vers Norfolk, en Virginie, l'hélice de bâbord se brisa, et le navire dut retourner à Toulon pour remplacer l'élément défectueux. L'enquête qui suivit mit en évidence que les hélices de remplacement comportaient les mêmes défauts de structure : des bulles (soufflures survenant lors du refroidissement du métal coulé dans le moule) près du centre des hélices (réalisées d'une pièce dans un alliage cuivre-aluminium); ce défaut est dû au fournisseur. En attendant une solution définitive, les hélices moins perfectionnées du Foch et du Clemenceau ont été utilisées, ce qui devait limiter la vitesse maximale à 25 nœuds, au lieu des 27 nœuds prévus (cela ne gêne pas les opérations aériennes).
Le 5 mars 2001, le Charles-de-Gaulle reprit la mer avec deux anciennes hélices, et réalisa des pointes de vitesse à 25,2 nœuds en essai. Les hélices spécifiques ne seront indispensables qu'à partir de l'arrivée, prévue en 2008, des Rafale de nouvelle génération, dont l'appontage requiert un porte-avions voguant à 27 nœuds.
Entre juillet et octobre, le Charles-de-Gaulle dut à nouveau être remis en état à cause de bruits atteignant 100 dB à proximité de l'hélice tribord, ce qui rendait la poupe inhabitable.
Le 18 mai 2001, le Charles-de-Gaulle fut officiellement armé.
Le 16 septembre 2001, la presse française rapporta que des niveaux de radioactivité largement anormaux avaient été mesurés à bord du Charles-de-Gaulle. Cet incident est probablement dû à une isolation défaillante (ou à une erreur d'interprétation des médias, provenant de la décision de mettre en conformité la protection radiologique avec les dernières normes en vigueur, ce qui a nécessité des modifications des protections radiologiques).
Alors que les États-Unis préparaient leur riposte au 11 septembre 2001 sous la forme de l'opération Enduring Freedom, les médias français se plaignaient du manque de puissance militaire déployable. À la même époque, la Commission de la Défense rapportait que la maintenance de la flotte était de mauvaise qualité. Dans ce contexte, le Charles-de-Gaulle, alors en réparations, était à nouveau l'objet de critiques. L'ancien président Valéry Giscard d'Estaing parla d'un " demi porte-avions ".
Le 11 octobre 2001, la frégate Cassard, quatre avions AWACS et le Charles-de-Gaulle participèrent à un essai de Liaison 16. Le réseau permis une surveillance en temps réel de l'espace aérien du Sud de l'Angleterre jusqu'à la mer Méditerranée. Les données collectées furent aussi retransmises en temps réel vers le Jean Bart via l'ancien système Liaison 11.
Le 8 novembre 2001, un marin qui réalisait une opération de maintenance de routine d'une vanne liée aux cuves à eaux usées perdit connaissance à cause d'une fuite de gaz toxique. Un officier-marinier tenta spontanément de le secourir et s'évanouit à son tour. Ils furent immédiatement secourus par l'équipe médicale de bord et envoyés à l'hôpital de Toulon. Tous deux ont survécu.
Le 21 novembre 2001, la France décida d'envoyer le Charles-de-Gaulle dans l'océan Indien pour soutenir les opérations de l'OTAN en Afghanistan.
La Task force 473, avec 2 900 hommes sous le commandement du contre-amiral François Cluzel appareilla le 1er décembre. La task force comprenait le porte-avions nucléaire Charles-de-Gaulle, les frégates La Motte-Picquet, Jean de Vienne et Jean Bart, le sous-marin d'attaque nucléaire Rubis, le ravitailleur Meuse et l'aviso Commandant-Ducuing.
La force aérienne comprenait 16 Super-Étendards, un E-2C Hawkeye, deux Rafale et plusieurs hélicoptères.
Le 17 décembre 2001, la task force 473 fut intégrée dans une force internationale, à côté des groupes navals américains du Theodore Roosevelt et John C. Stennis, et du Giuseppe Garibaldi italien. La force incluait plus de cent navires, français, américains, canadiens, britanniques, allemands, italiens, néerlandais, australiens, espagnols et japonais sous un commandement centralisé inter-allié à Bahreïn.
Les Super-Étendard exécutèrent leurs premières missions sur l'Afghanistan le 19 décembre, réalisant des missions de reconnaissance et de bombardement, couvrant plus de 3 000 kilomètres. Au total, ils réalisèrent 140 missions, 12 par jour en moyenne, échappant à cinq missiles Stinger.
Le 18 février 2002, un satellite d'observation Helios repéra des activités anormales près de Gardez. Le lendemain, après que des membres des forces spéciales américaines dans la région aient confirmé ces observations, le Charles-de-Gaulle lança deux Super Etendards de reconnaissance. Le 20, des forces britanniques et américaines entrèrent dans la vallée, et le 2 mars, l'opération Anaconda débuta.
En mars, des Super-Étendard et six Mirage 2000 prirent en charge des attaques aériennes contre des cibles d'Al-Qaida. Quelques cibles proposées par les forces américaines furent refusées, de peur d'atteindre des civils. Pourtant, le président américain George W. Bush se félicita de l'engagement de la France, citant : " notre fidèle alliée, la France, qui a déployé un quart de sa marine de guerre dans l'opération Enduring Freedom"[1]. À cette époque, la force aérienne française avait été portée à 16 Super Etendards, 6 Mirage 2000 D, 5 Rafale, deux ravitailleurs aériens KC-135, et deux AWACS Hawkeye. À partir de février, le Charles-de-Gaulle et le USS John C. Stennis échangèrent quelques avions de façon à resserrer les liens entre alliés.
Le 2 mai, le Charles-de-Gaulle arriva à Singapour pour une escale, et repartit vers Oman le 18. À la même époque, la tension commençait à monter sur la question de l'Irak ; le vice-amiral François Cluzel déclara à la presse : " La France s'oppose à toute action contre l'Irak. Si quelque chose est entrepris, nous ne prendrons probablement pas part à la coalition ".
Le 9 octobre, le CrossMed (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage en Méditerranée) reçut un appel de détresse du Babolin, un huit-mètres dont la coque prenait l'eau. Le Charles-de-Gaulle, en manœuvres dans le secteur, envoya un hélicoptère qui treuilla l'équipage de trois hommes, malgré un vent de 35 nœuds, une mer agitée et une mauvaise visibilité.