Réservoirs du VIH chez l'homme: un traitement antirétroviral immédiat les rend 100 fois plus petits

Publié par Adrien le 22/03/2020 à 15:30
Source: Université de Montréal
Au cours d'un traitement antirétroviral (TAR), le VIH se cache dans des réservoirs. L'existence de ces sanctuaires viraux explique pourquoi le TAR ne permet pas la guérison. Depuis des années, des équipes scientifiques s'efforcent de déterminer comment se créent et se maintiennent les réservoirs du VIH au cours du traitement.


Crédit: Getty

Grâce à un accès exceptionnel à des échantillons de sang (Le sang est un tissu conjonctif liquide formé de populations cellulaires libres, dont le plasma est la substance fondamentale et est présent chez la plupart des animaux. Un humain...) et à des tissus de biopsies de rectum (Le rectum est le segment terminal du tube digestif, juste avant que celui-ci ne débouche à l'extérieur par le canal anal....) et de ganglions lymphatiques de personnes aux stades les plus précoces d'une infection par le VIH, une équipe internationale de chercheurs du Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique,...) du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (L’Université de Montréal est l'un des quatre établissements d'enseignement supérieur de Montréal au Québec. Elle est l'une des dix grandes universités du Canada (la deuxième en terme du nombre...) (CRCHUM), du programme de recherche de l'armée américaine sur le VIH (États-Unis) et du centre de recherche sur le sida de la Croix-Rouge thaïlandaise montre que les premiers réservoirs créés sont encore "sensibles" au cours de ces stades précoces et que leur taille peut être réduite d'environ 100 fois par le démarrage immédiat d'un traitement antirétroviral.

Dans cette étude publiée dans Science Translational Medicine, les chercheurs ont ciblé des personnes présentant une infection aigüe (stades Fiebig I et II, soit les deux premières semaines), puis les ont immédiatement soumises à un traitement antirétroviral. Pour ce faire, ils se sont appuyés sur la cohorte d'infection aigüe du programme de recherche de l'armée américaine sur le VIH, RV254/SEARCH010, qui a débuté il y a 10 ans en collaboration avec le centre de recherche sur le sida de la Croix-Rouge thaïlandaise.


Nicolas Chomont Crédit: CRCHUM
"Commencer le traitement antirétroviral à ce stade (Un stade (du grec ancien στ?διον stadion, du verbe ?στημι istêmi, « se tenir droit et ferme ») est un équipement sportif.) très précoce conduit à une diminution importante et rapide de la taille des réservoirs viraux par l'élimination de grandes quantités de cellules infectées dans les tissus lymphoïdes et dans les ganglions lymphatiques de l'intestin (L'intestin est la partie du système digestif qui s'étend de la sortie de l'estomac à l'anus. Chez les humains et la plupart des mammifères, il est divisé en deux parties appelées...). Ce sont des sites connus de persistance ( Persistance (statistiques) Persistance (informatique) en peinture : La Persistance de la mémoire (1931) en médecine : la persistance du...) du VIH au cours du traitement", a déclaré Nicolas Chomont, chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les...) au CRCHUM et professeur à l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux...) de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l'industrie, de la...).

"Même si les réservoirs viraux de ces personnes traitées précocement sont extrêmement petits, le virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Les virus existent sous une forme...) est encore présent. Pour le moment, on pourrait dire qu'il n'y a pas d'avantage clinique. Néanmoins, les personnes traitées de façon précoce ont des réservoirs viraux 100 fois plus petits que ceux de notre groupe témoin ayant commencé plus tard le traitement antirétroviral. Donc, on pourrait raisonnablement penser qu'il sera plus facile d'éradiquer ces miniréservoirs.

Une cohorte exemplaire


Louise Leyre
Louise Leyre, première auteure de l'étude et étudiante à la maîtrise (La maîtrise est un grade ou un diplôme universitaire correspondant au grade ou titre de « maître ». Il existe dans plusieurs pays et correspond à différents niveaux selon ceux-ci.) au laboratoire de Nicolas Chomont au moment de la recherche, a analysé le sang et les tissus prélevés sur ces patients aux stades les plus précoces de l'infection par le VIH. Son objectif ? Localiser où les réservoirs du VIH s'installent et persistent au cours du TAR. Des études précédentes chez des primates (Les primates (du latin primas, atis signifiant « celui qui occupe la première place ») constituent un ordre au sein des mammifères placentaires. Ce clade...) ont montré que les réservoirs viraux se trouvent plutôt dans les tissus lymphoïdes.

"C'est la première fois que des chercheurs ont accès au sang et à des tissus de biopsies rectales et de ganglions lymphatiques chez les mêmes patients à ce stade si précoce de l'infection. Nous devons beaucoup à ces volontaires", a mentionné M. Chomont.

Pour cette étude, les chercheurs ont utilisé des échantillons de 170 patients thaïlandais aux prises avec une infection aigüe, d'un âge moyen de 27 ans et qui ont commencé un traitement antirétroviral dans un délai (Un délai est d'après le Wiktionnaire, « un temps accordé pour faire une chose, ou à l’expiration duquel on sera tenu de faire une...) médian de deux jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale) et sa durée...) après le diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de δια-, dia-, „par, à travers, séparation,...). Quatre-vingt-seize pour cent des participants (164) étaient des hommes.

Les chercheurs ont montré que les participants qui entamaient le TAR aux stades les plus précoces de l'infection (stades Fiebig de I à III) ont présenté une diminution considérable de la fréquence (En physique, la fréquence désigne en général la mesure du nombre de fois qu'un phénomène périodique se reproduit par unité de temps. Ainsi lorsqu'on emploie le mot...) des cellules infectées, atteignant des taux presque indétectables dans le corps. Les rares cellules infectées ayant persisté ont été trouvées principalement dans leurs tissus lymphoïdes. L'instauration du TAR à des stades plus tardifs chez des sujets infectés (c'est-à-dire Fiebig IV ou V, ou infection chronique) n'a entraîné qu'une faible baisse de la fréquence des cellules infectées.

Selon l'Organisation (Une organisation est) mondiale de la santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.), approximativement 37,9 millions de personnes vivaient avec le VIH à la fin de 2018. L'essentiel de ce qu'on sait du VIH provient de recherches menées dans des pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²), subdivision de la civitas gallo-romaine. Comme la...) riches où prédomine le sous-type B du VIH. Ce sous-type B, toutefois, ne représente que 12 % des infections par le VIH dans le monde (Le mot monde peut désigner :). Presque 50 % de toutes les personnes vivant avec le VIH ont le sous-type C. La présente étude s'est intéressée au sous-type AE, rencontré en Asie (L'Asie est un des cinq continents ou une partie des supercontinents Eurasie ou Afro-Eurasie de la Terre. Il est le plus grand continent (8,6 % de la surface totale terrestre ou 29,4 % des...) du Sud-Est (Le sud-est est la direction à mi-chemin entre les points cardinaux sud et est. Le sud-est est opposé au nord-ouest.).
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