Ralentir la progression de la sclérose en plaques
Publié par Adrien le 14/11/2019 à 08:00
Source: Université de Montréal
Des millions de personnes sont touchées par la sclérose en plaques, une maladie dont les causes demeurent inconnues. Actuellement, elles n'ont aucun espoir de guérison. Dans une étude publiée dans Science Translational Medicine, des chercheurs du Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique...) du Centre hospitalier de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux...) de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l'industrie, de la culture, de la finance et des...) (CRCHUM) lèvent le voile sur une molécule (Une molécule est un assemblage chimique électriquement neutre d'au moins deux atomes, qui peut exister à l'état libre, et qui représente la plus petite quantité de matière possédant les...) baptisée ALCAM qui, une fois bloquée, freine la progression de la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.). Les résultats de leurs travaux, menés in vitro (In vitro (en latin : « dans le verre ») signifie un test en tube, ou, plus généralement, en dehors de l'organisme vivant...) chez l'humain et in vivo (In vivo (en latin : « au sein du vivant ») est une expression latine qualifiant des recherches ou des examens pratiqués sur un organisme vivant, par opposition à in vitro ou ex vivo. Les essais cliniques...) chez la souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus, connue aussi comme animal de compagnie ou de laboratoire, mais aussi de nombreuses...), pourraient permettre la mise au point (Graphie) d'une nouvelle génération de thérapies pour traiter cette maladie auto-immune (Les maladies auto-immunes sont dues à une hyperactivité du système immunitaire à l'encontre de substances ou de tissus qui sont normalement...).


La barrière hématoencéphalique protégeant notre cerveau des agressions devient perméable chez les personnes atteintes de sclérose (La sclérose est une lésion élémentaire en pathologie dermatologique. Elle correspond à la rigidification anormale de la peau. Elle...) en plaques, permettant à un grand nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de lymphocytes de s'y infiltrer et d'en détériorer les tissus. Crédit: Getty

En temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) normal, la barrière hématoencéphalique protège notre cerveau des agressions. Elle empêche, par exemple, des cellules du système immunitaire (Le système immunitaire d'un organisme est un ensemble coordonné d'éléments de reconnaissance et de défense qui discrimine le...) comme les lymphocytes d'envahir notre système nerveux (Le système nerveux est un système en réseau formé des organes des sens, des nerfs, de l'encéphale, de la moelle épinière, etc. Il coordonne les mouvements...) central. Toutefois, chez les personnes atteintes de sclérose en plaques, cette frontière (Une frontière est une ligne imaginaire séparant deux territoires, en particulier deux États souverains. Le rôle que joue une frontière peut fortement varier suivant les régions et les...) est perméable. Un grand nombre de lymphocytes parviennent à s'infiltrer dans le cerveau et en détériorent les tissus (destruction de la gaine de myéline (La myéline est une substance constituée principalement de lipides (sphingomyéline) dont les couches alternent avec des couches de protides, elles forment la substance blanche du cerveau et de la moelle épinière.La myéline,une...) protégeant les neurones et assurant la transmission de l'influx nerveux).

"Dans notre étude, nous montrons pour la première fois qu'une molécule nommée ALCAM [pour activated leukocyte cell adhesion molecule], exprimée par les lymphocytes B, contrôle (Le mot contrôle peut avoir plusieurs sens. Il peut être employé comme synonyme d'examen, de vérification et de maîtrise.) leur entrée dans le cerveau par le biais des vaisseaux sanguins. Elle permet leur migration de l'autre côté de la barrière hématoencéphalique chez la souris et chez l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par...). En bloquant cette molécule sur des souris, nous avons pu diminuer l'entrée des lymphocytes B dans leur cerveau et ainsi freiner la progression de la maladie", mentionne le Dr Alexandre Prat, chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche sont...) au CRCHUM, professeur à l'Université de Montréal et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur la sclérose en plaques.

Des médicaments ralentissent l'évolution de la maladie


Alexandre Prat Crédit: Bonesso-Dumas
Les lymphocytes B sont responsables de la phase (Le mot phase peut avoir plusieurs significations, il employé dans plusieurs domaines et principalement en physique :) progressive de la sclérose en plaques. Certains médicaments, communément appelés antilymphocytes B, ralentissent son évolution et diminuent le handicap (On nomme handicap la limitation des possibilités d'interaction d'un individu avec son environnement, causée par une déficience qui...) qui en résulte.

"La molécule ALCAM s'exprime de façon plus importante sur les lymphocytes B des personnes atteintes de sclérose en plaques. En ciblant spécifiquement cette molécule, nous pourrons désormais explorer d'autres voies thérapeutiques pour traiter la maladie", explique le Dr Prat.

La sclérose en plaques peut provoquer des symptômes tels que fatigue extrême, manque de coordination, problèmes de vision, troubles cognitifs et changements d'humeur. Un Canadien sur 385 en souffre. Au Québec, cela représente plus de 20 000 personnes. Soixante pour cent des adultes touchés sont âgés de 20 à 49 ans et les femmes sont trois fois plus susceptibles que les hommes de recevoir un diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de δια-, dia-, „par, à travers, séparation, distinction“ et...) de sclérose en plaques.
Page générée en 0.284 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique