Plus il fait chaud, plus le pouvoir isolant des forêts augmente
Publié par Adrien le 08/04/2019 à 08:00
Source: CNRS
Grâce à l'étude de données relevées sur une centaine de sites à travers le monde, une équipe de recherche internationale vient de démontrer que la couverture forestière agit comme un isolant thermique à l'échelle globale, en refroidissant le sous-étage forestier quand les températures de l'air (L'air est le mélange de gaz constituant l'atmosphère de la Terre. Il est inodore et incolore. Du fait de la diminution de la pression de l'air avec l'altitude, il est nécessaire de pressuriser les cabines des...) sont élevées. Cet effet tampon est bien connu, mais c'est la première fois qu'il est évalué mondialement, à la fois pour des forêts tempérées, boréales et tropicales. Ainsi, les températures maximales sont en moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des membres de...) 4°C plus basses en forêt (Une forêt ou un massif forestier est une étendue boisée, relativement dense, constituée d'un ou plusieurs peuplements d'arbres et d'espèces associées. Un boisement de faible étendue est...) qu'en dehors, avec des écarts beaucoup plus importants pour les forêts tropicales que pour les autres. Les chercheurs ont également montré que plus les conditions extérieures sont chaudes et plus le pouvoir tampon des forêts augmente.

Sur la base de ce constat, il est possible de proposer des stratégies de gestion permettant d'agir sur le microclimat forestier et ainsi de limiter les effets néfastes du réchauffement climatique (Le réchauffement climatique, également appelé réchauffement planétaire, ou réchauffement global, est un phénomène...) sur la biodiversité (La biodiversité est la diversité naturelle des organismes vivants. Elle s'apprécie en considérant la diversité des écosystèmes, des espèces, des...). Cette étude publiée dans Nature Ecology & Evolution le 1er avril 2019 a été engagée à l'initiative de Pieter De Frenne, de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études...) de Gand, et de Jonathan Lenoir, chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de...) CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).) au laboratoire Écologie et dynamique (Le mot dynamique est souvent employé désigner ou qualifier ce qui est relatif au mouvement. Il peut être employé comme :) des systèmes anthropisés (CNRS / Université de Picardie Jules Verne).


(Gauche) Illustration du tampon microclimatique et du découplage entre microclimat sous couvert forestier et macroclimat hors couvert forestier. (Droite) Coupe verticale d'un couvert forestier (forêt domaniale de Compiègne) réalisée avec un LiDAR (La télédétection par laser ou LIDAR, acronyme de l'expression en langue anglaise « Light Detection and Ranging », désigne une technologie de...). La courbe (En géométrie, le mot courbe, ou ligne courbe désigne certains sous-ensembles du plan, de l'espace usuels. Par exemple, les droites, les segments, les lignes polygonales et les cercles sont des courbes.) la plus basse indique les différences de températures entre couvert et hors couvert: plus le couvert est dense et plus la topographie est confinée, plus le microclimat est frais en été. Le couvert végétal (Les classifications scientifiques classiques regroupent sous le terme végétal ([veʒetal]/[veʒeto]) plusieurs lignées d'organismes vivants qui, selon l'origine étymologique du terme,...) et la topographie jouent un rôle dans le pouvoir isolant (Un isolant est un matériau qui permet d'empêcher les échanges d'énergie entre deux systèmes. On distingue : les isolants électriques, les isolants thermiques, les isolants phoniques et les...) des forêts. (voir: https://doi.org/10.1111/ecog.02788) ©Lenoir et al./ONF/CNRS

Bibliographie:

Global buffering of temperatures under forest canopies. Pieter De Frenne, Florian Zellweger, Francisco Rodríguez-Sánchez, Brett Scheffers, Kristoffer Hylander, Miska Luoto, Mark Vellend, Kris Verheyen and Jonathan Lenoir. Nature Ecology & Evolution, le 1er avril 2019, DOI: 10.1038/s41559-019-0842-1.
Page générée en 0.761 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique