Maladie coronarienne: il n'est jamais trop tard pour changer ses habitudes de vie
Publié par Adrien le 19/03/2019 à 08:00
Source: Jean Hamann - Université Laval
Un programme de modification des habitudes de vie améliore significativement la condition des personnes ayant une maladie coronarienne

Les personnes atteintes d'une maladie coronarienne peuvent-elles espérer une amélioration de leur condition si elles modifient leurs habitudes de vie (La vie est le nom donné :) ? Sans l'ombre (Une ombre est une zone sombre créée par l'interposition d'un objet opaque (ou seulement partiellement opaque) entre une source de lumière et la surface sur laquelle se...) d'un doute, suggère une étude qui vient de paraître dans la revue Metabolic Syndrome and Related Disorders. Cette étude, réalisée par une équipe de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux...) Laval, montre qu'une intervention d'une durée d'un an ciblant l'alimentation et l'activité physique (L'activité physique regroupe à la fois l'exercice physique de la vie quotidienne, maison, jardinage, commissions, travail, marche usage des escaliers déplacements transports, l'activité physique de...) permet d'atténuer certains facteurs de risques de complications cardiaques et d'améliorer la capacité cardiorespiratoire des participants.

Les chercheurs de la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps...) et de la Faculté de pharmacie (La pharmacie (du grec φάρμακον/pharmakôn signifiant drogue, venin ou poison) est la science s'intéressant à la conception, au mode d'action, à la préparation et...) rattachés au Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances...) de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) universitaire en cardiologie (La cardiologie est la spécialité médicale qui étudie le cœur et ses maladies. Le médecin qui s’en occupe...) et en pneumologie (En médecine, la pneumologie est la branche qui s'occupe de maladies des poumons et du tractus respiratoire. Elle est, en général, considérée comme une branche de la médecine interne, bien...) de Québec ont testé cette intervention auprès de 53 sujets. Ces hommes, âgés de 42 à 76 ans, souffraient d'une maladie coronarienne (La diminution effective, localisée ou généralisée du débit sanguin coronarien et ses conséquences sont liées à l’ischémie (souffrance du muscle cardiaque).) qui avait nécessité un pontage (Le pontage est une technique chirurgicale datant des années 1960 permettant de contourner les régions sténosées des artères. C'est une opération à faible...). Ils avaient aussi une dysfonction diastolique du ventricule gauche, une condition qui augmente le risque de complications cardiovasculaires. "Plusieurs d'entre eux affichaient un surpoids (Le surpoids est l'état d'une personne présentant une corpulence considérée comme légèrement plus importante que la normale ou la moyenne dans une...) ou souffraient de diabète (Le diabète présente plusieurs formes, qui ont toutes en commun des urines abondantes (polyurie). Le mot « diabète » vient du grec ancien dia-baïno, qui signifie...) ou de prédiabète. Ils étaient donc très malades au départ", résume la cardiologue Marie-Eve Piché, première auteure de l'étude.

Quelques semaines après leur pontage, tous les participants ont rencontré individuellement une nutritionniste et un kinésiologue pour recevoir des conseils personnalisés sur l'alimentation et l'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général et...). Ces rencontres ont eu lieu toutes les deux semaines pendant les quatre premiers mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.) du programme, puis une fois par mois par la suite.

Côté alimentation, l'objectif du programme consistait à améliorer la qualité globale des habitudes des participants en réduisant notamment les acides gras saturés ainsi que les aliments ou breuvages contenant du sucre (Ce que l'on nomme habituellement le sucre est, dès 1406, une "substance de saveur douce extraite de la canne à sucre" (Chrétien de Troyes, Le Chevalier au lion). Il est majoritairement formé d'un composé...) ou du sel ajouté. Chez les sujets avec surpoids, la diète proposée créait un déficit énergétique d'environ 500 calories par jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale) et...).

Côté exercice, le programme encourageait les participants à faire au moins 150 minutes ( Forme première d'un document : Droit : une minute est l'original d'un acte. Cartographie géologique ; la minute de terrain est la carte originale, au crayon, levée sur le terrain. Unités...) d'activité aérobique par semaine. À cela s'ajoutaient des exercices de résistance effectués sur appareils en gymnase. Des études ont montré que ce type d'exercices procure des bienfaits aux personnes ayant des problèmes de régulation (Le terme de régulation renvoie dans son sens concret à une discipline technique, qui se rattache au plan scientifique à l'automatique.) du glucose (Le glucose est un aldohexose, principal représentant des oses (sucres). Par convention, il est symbolisé par Glc. Il est directement assimilable par l'organisme.) sanguin.

Bilan de l'intervention ? Premier constat, le programme a eu peu d'incidence sur le poids (Le poids est la force de pesanteur, d'origine gravitationnelle et inertielle, exercée par la Terre sur un corps massique en raison uniquement du voisinage de la Terre. Elle est...): en moyenne (La moyenne est une mesure statistique caractérisant les éléments d'un ensemble de quantités : elle exprime la grandeur qu'auraient chacun des membres de l'ensemble s'ils étaient tous identiques sans...), les sujets ont perdu 1,4 kg en 12 mois. "La réponse était très variable (En mathématiques et en logique, une variable est représentée par un symbole. Elle est utilisée pour marquer un rôle dans une formule, un prédicat ou un...) d'une personne à l'autre, mais le but premier de l'intervention n'était pas une perte de poids", rappelle la professeure Piché.

Par contre, certains dépôts de gras très néfastes pour la santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) ont considérablement fondu. C'est le cas du gras viscéral abdominal (-9%), du gras présent dans l'enveloppe du coeur (-31%) et du gras déposé sur le coeur (-13%). Par ailleurs, la protéine (Une protéine est une macromolécule biologique composée par une ou plusieurs chaîne(s) d'acides aminés liés entre eux par des liaisons peptidiques. En général, on parle de protéine...) C réactive, un indicateur d'inflammation (Une inflammation est une réaction de défense immunitaire stéréotypée du corps à une agression : infection, brûlure, allergie…), a diminué de 40%. "Il s'agit d'une réponse très positive qui suggère que l'inflammation systémique (La systémique - du grec « systema », « ensemble organisé » - est une méthode scientifique qui applique la théorie systémique comme...) diminue", explique Marie-Eve Piché.

Les chercheurs ont observé que la diminution du gras cardiaque et du gras viscéral abdominal était plus grande chez les sujets prédiabétiques ou diabétiques. "C'est très encourageant étant donné que, au départ, ces personnes sont plus à risque de récidive de problèmes cardiaques", commente la cardiologue.

Autres points positifs, les participants ont augmenté leur capacité cardiorespiratoire de 13% et, chez les participants prédiabétiques ou diabétiques, la fonction diastolique du ventricule gauche s'est améliorée de 53%. Encore là, ces embellies sont porteuses de bonnes nouvelles étant donné qu'elles sont associées à une baisse du risque de complications et de mortalité cardiovasculaires.

"Il est toujours préférable d'adopter de bonnes habitudes de vie pour prévenir les maladies coronariennes, mais il n'est jamais trop tard pour mieux s'alimenter et pour être plus actif, conclut Marie-Eve Piché. Peu importe la condition dans laquelle nos sujets se trouvaient au début de l'étude, l'intervention leur a procuré des bienfaits qui ont amélioré leur capacité physique et qui ont diminué les risques de récidive de problèmes cardiaques."

Les auteurs de l'étude parue dans Metabolic Syndrome and Related Disorders sont Marie-Eve Piché, Paul Poirier, André Marette, Patrick Mathieu, Valérie Lévesque, Karine Bibeau, Éric Larose et Jean-Pierre Després.
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