Un lien entre l'infiltration de neutrophiles dans les poumons des patients et les symptômes de la COVID-19

Publié par Isabelle le 21/04/2020 à 13:00
Source: Université McGill
Un consortium international étudie les cellules immunitaires hyperactives comme cause possible des décès dus à la COVID-19

Dans la bataille urgente pour traiter les patients atteints de COVID-19, un groupe de onze organisations internationales de recherche médicale (La recherche médicale se divise en recherche fondamentale et clinique.) étudie si les cellules immunitaires hyperactives qui produisent des pièges extracellulaires de neutrophiles (dits Neutrophil Extracellular Trapsou NETs) sont à l'origine des cas les plus graves. Le consortium, appelé NETwork, comprend le Laboratoire Cold Spring Harbor, les Feinstein Institutes for Medical Research et l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics...) de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche...) du Centre universitaire de santé (La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d'infirmité.) McGill (IR-CUSM).


© McGill

Un article publié aujourd'hui dans le Journal of Experimental Medicine décrit que les patients atteints d'une infection grave causée par la COVID-19 développent un syndrome (Un syndrome est un ensemble de signes cliniques et de symptômes qu'un patient est susceptible de présenter lors de certaines maladies, ou bien dans des circonstances...) de détresse respiratoire aiguë (SDRA), une inflammation (Une inflammation est une réaction de défense immunitaire stéréotypée du corps à une agression : infection, brûlure, allergie…) pulmonaire (Les pulmonaires sont des plantes de la famille des Boraginacées appartenant au genre Pulmonaria. Elles doivent leur nom au fait que, selon les Romains, leur racine était censée guérir les maladies du poumon...), d'épaisses sécrétions de mucus dans les voies respiratoires, des lésions pulmonaires étendues et des caillots sanguins. Ce stade (Un stade (du grec ancien στ?διον stadion, du verbe ?στημι istêmi, « se tenir droit et ferme ») est un équipement...) avancé de la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.) est difficile à gérer. Dans le pire des cas, les patients ont besoin (Les besoins se situent au niveau de l'interaction entre l'individu et l'environnement. Il est souvent fait un classement des besoins humains en trois grandes catégories : les besoins...) d'une ventilation mécanique (Dans le langage courant, la mécanique est le domaine des machines, moteurs, véhicules, organes (engrenages, poulies, courroies, vilebrequins, arbres de transmission, pistons, ...), bref,...) invasive, et néanmoins, un grand nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de patients meurent. L'équipe de NETwork suggère que la gravité (La gravitation est une des quatre interactions fondamentales de la physique.) de la COVID-19 pourrait résulter de l'hyperactivité des globules blancs appelés neutrophiles. Les neutrophiles, qui font partie du système immunitaire (Le système immunitaire d'un organisme est un ensemble coordonné d'éléments de reconnaissance et de défense qui discrimine le « soi » du « non-soi ». Ce qui est reconnu comme non-soi...) de l'organisme, détectent les bactéries (Les bactéries (Bacteria) sont des organismes vivants unicellulaires procaryotes, caractérisées par une absence de noyau et d'organites. La plupart des...) et peuvent expulser leur ADN pour les attaquer à l'aide d'un réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit...) d'ADN attaché à des enzymes toxiques, appelé NET. Ces NETs peuvent piéger et digérer l'agent pathogène (Le terme pathogène (du grec παθογ?νεια ! « naissance de la douleur ») signifie : qui entraîne une maladie. Les germes pathogènes ou les...) indésirable, mais dans les cas de SDRA, ils endommagent les poumons et d'autres organes.

"Étant donné les similitudes évidentes entre la présentation clinique de la COVID-19 grave et d'autres maladies connues provoquées par les NETs, telles que le SDRA, nous proposons que l'excès de NETs puisse jouer un rôle majeur dans la maladie", a déclaré Betsy Barnes, PhD, auteure principale et co-correspondante de l'article et professeure aux Feinstein Institutes. "Au fur (Fur est une petite île danoise dans le Limfjord. Fur compte environ 900 hab. . L'île couvre une superficie de 22 km². Elle est située dans la Municipalité de Skive.) et à mesure que des échantillons de patients seront disponibles, il sera important de déterminer si la présence de NETs est associée à la gravité de la maladie et/ou à des caractéristiques cliniques particulières de la COVID-19".

"Les NETs ont été identifiés en 2004, mais de nombreux scientifiques n'en ont jamais entendu parler. La plupart des chercheurs du groupe NETwork ont travaillé sur des NETs présents dans d'autres maladies, et quand nous avons commencé à entendre parler des symptômes des patients atteints de COVID-19, cela nous a semblé familier," a déclaré Mikala Egeblad, biologiste (Sur les autres projets Wikimédia :) du cancer (Le cancer est une maladie caractérisée par une prolifération cellulaire anormalement importante au sein d'un tissu normal de l'organisme, de telle manière...) au Laboratoire Cold Spring Harbor, auteure co-correspondante de l'article qui a réuni le groupe de recherche du NETwork autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit constituent les 5 genres Erythrotriorchis,...) de la COVID-19.

Jonathan Spicer, MD PhD, clinicien-chercheur à l'IR-CUSM et professeur adjoint de chirurgie (La chirurgie est une technique médicale consistant en une intervention physique sur les tissus, notamment par incision et suture. Un médecin spécialisé dans...) à l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa...) McGill, est un chirurgien thoracique qui a été témoin des effets dévastateurs de la COVID-19 au chevet (En architecture religieuse, le chevet (du latin caput, « tête ») désigne généralement l'extrémité d'une église, parce que, dans les édifices de croix...) des patients. "Nous voyons chez ces patients des lésions pulmonaires graves connues sous le nom de SDRA, un autre problème sérieux causé par un excès de NETs et observé dans les cas sévères de grippe (La grippe (ou influenza) est une maladie infectieuse fréquente et contagieuse causée par trois virus à ARN de la famille des Orthomyxoviridae (Myxovirus influenzae A, B et C), touchant...), a-t-il déclaré. Leurs voies respiratoires sont souvent obstruées par un mucus épais et, contrairement à ce que l'on observe pour la plupart des infections pulmonaires graves, ces patients ont tendance à former de petits caillots dans tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) leur corps à un rythme beaucoup plus élevé que la normale. Des NETs ont également été trouvés dans le sang (Le sang est un tissu conjonctif liquide formé de populations cellulaires libres, dont le plasma est la substance fondamentale et est présent chez la plupart des animaux. Un humain adulte est doté d’environ 5 litres de sang.) de patients atteints de septicémie (Une septicémie ou sepsis (du grec Σήψις, putréfaction) est une infection générale grave de l'organisme par des germes pathogènes. Ce...) ou de cancer, où ils peuvent faciliter la formation de tels caillots".


© McGill

Les chercheurs des onze institutions membres du groupe NETwork poursuivent actuellement des études pour savoir si les NETs sont une caractéristique commune des cas de COVID-19. Si leurs conclusions montrent que les excès de NETs provoquent les symptômes graves de la COVID-19, alors une nouvelle piste thérapeutique (La thérapeutique (du grec therapeuein, soigner) est la partie de la médecine qui étudie et applique le traitement des maladies.) pourrait être envisagée pour aider les patients atteints de COVID-19. Les traitements actuels utilisés pour d'autres maladies causées par les NETs ou les neutrophiles- comme la fibrose kystique, la goutte et la polyarthrite rhumatoïde- pourraient atténuer l'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) des NETs chez les patients atteints de COVID-19, réduisant ainsi le besoin de recourir à une ventilation mécanique invasive.

Les instituts de recherche suivants font partie du groupe NETwork: le Laboratoire de Cold Spring Harbor, les Feinstein Institutes for Medical Research, le Centre universitaire de santé McGill, le Weill Cornell Medicine, la Donald and Barbara Zucker School of Medicine at Hofstra/Northwell, le Centre hospitalier universitaire (Un centre hospitalier universitaire (CHU) est un hôpital lié à une université, soit que l'hôpital soit un service de l'université, soit que l'hôpital soit une entité distincte liée...) de Nancy, l'Université du Michigan, l'Université de Californie (L'université de Californie est une université américaine, fondée en 1868, dont le siège se trouve à Berkeley (Californie), comprenant dix campus situés dans l'État...) à San Francisco, l'Université du Texas, le MD Anderson Cancer Center, l'École de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain...) de l'Université de l'Utah et Northwell Health.
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