Les fongicides SDHI sont toxiques pour les cellules humaines
Publié par Adrien le 12/11/2019 à 08:00
Source: CNRS
Les mitochondries sont des organelles présentes dans les cellules eucaryotes. Elles contiennent des chaînes respiratoires, cruciales pour la survie des organismes. Sans les mitochondries, impossible d'extraire, en présence d'oxygène (L’oxygène est un élément chimique de la famille des chalcogènes, de symbole O et de numéro atomique 8.), l'énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la lumière, de produire un mouvement.) contenue dans les aliments pour permettre le fonctionnement des cellules. Chez l'être humain, un disfonctionnement d'une enzyme (Une enzyme est une molécule (protéine ou ARN dans le cas des ribozymes) permettant d'abaisser l'énergie d'activation d'une réaction et...) clé de la chaîne (Le mot chaîne peut avoir plusieurs significations :) respiratoire, la succinate déshydrogénase (SDH), est associé à de graves pathologies. De nombreux traitements fongicides employés dans les parcelles agricoles ou sur les terrains de sport, agissent en bloquant l'activité (Le terme d'activité peut désigner une profession.) de la SDH de champignons parasites, et de ce fait empêchent leur développement. Ces composés, inhibiteurs de la SDH, sont appelés SDHI.

Des scientifiques français viennent de mettre en évidence que huit molécules fongicides SDHI commercialisées en France ne se contentent pas d'inhiber l'activité de la SDH des champignons, mais sont aussi capables de bloquer celle du ver (Les vers constituent un groupe très hétérogène d'animaux invertébrés qui partagent une caractéristique commune,...) de terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus...), de l'abeille et de cellules humaines, dans des proportions variables. En effet, l'équipe de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne...) dirigée par Pierre Rustin, directeur de recherche émérite du CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).), a montré que les SDH de 22 espèces différentes étaient très similaires, en particulier dans les zones ciblées par les SDHI. Enfin, les chercheurs et chercheuses ont montré que les conditions des tests réglementaires actuels de toxicité (La toxicité (du grec τοξικότητα toxikótêta) est la mesure de la capacité d’une substance...) masquent un effet très important des SDHI sur des cellules humaines: les fongicides induisent un stress (Le stress (« contrainte » en anglais), ou syndrome général d'adaptation, est l'ensemble des réponses d'un organisme soumis à des contraintes environnementales. Dans le langage courant, on parle de stress...) oxydatif dans ces cellules, menant à leur mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant par exemple la mort des étoiles). Chez les organismes...). Cette étude est publiée dans la revue PLOS ONE le 7 novembre 2019.


A et D: cellule humaines (fibroblastes) témoins cultivés pendant dix jours en présence (A) ou en l'absence (D) de glucose (Le glucose est un aldohexose, principal représentant des oses (sucres). Par convention, il est symbolisé par Glc. Il est directement assimilable par l'organisme.), la glutamine étant l'unique source de carbone (Le carbone est un élément chimique de la famille des cristallogènes, de symbole C, de numéro atomique 6 et de masse atomique 12,0107.) dans cette dernière condition. B et E: cellules cultivées présence de bixafen 1 µM. Sur l'image E, en absence de glucose, on remarque la présence de nombreuses taches blanches qui indiquent la présence de cellules mortes. C: malgré la présence de bixafen 20 µM, aucun signe de souffrance cellulaire n'a été observé en présence de glucose. F: l'absence de glucose a entraîné une mort cellulaire massive (Le mot massif peut être employé comme :), avec une concentration de bixafen aussi faible que 5 µM. Sur chaque figure, la barre noire représente une échelle de 200 µm. © Benit et al./PLOS ONE/CNRS Photothèque

Bibliographie:
Evolutionarily conserved susceptibility of the mitochondrial respiratory chain to SDHI pesticides and its consequence on the impact of SDHIs on human cultured cells. Paule Bénit, Agathe Kahn, Dominique Chrétien, Sylvie Bortoli, Laurence Huc, Manuel Schiff, Anne-Paule Gimenez-Roqueplo, Judith Favier, Pierre Gressens, Malgorzata Rak et Pierre Rustin.
PLOS ONE, le 7 novembre 2019.
DOI: 10.1371/journal.pone.0224132.
Page générée en 0.115 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique