De l'eau détectée sur une exoplanète située dans la zone habitable de son étoile
Publié par Redbran le 11/09/2019 à 14:00
Source: Université de Montréal
Depuis la découverte de la première exoplanète dans les années 90, les astronomes n'ont cessé de mettre au jour et d'analyser des planètes situées dans la zone habitable de leurs étoiles, où les conditions peuvent conduire à la formation d'eau (L’eau est un composé chimique ubiquitaire sur la Terre, essentiel pour tous les organismes vivants connus.) liquide (La phase liquide est un état de la matière. Sous cette forme, la matière est facilement déformable mais difficilement compressible.) et à la prolifération de la vie (La vie est le nom donné :).


Représentation artistique de l'exoplanète K2-18b, qui avait été découverte par des chercheurs de l'iREx en 2017. Crédit: Alex Boersma

Selon les résultats de la mission du satellite (Satellite peut faire référence à :) Kepler, qui a révélé près des deux tiers de toutes les exoplanètes connues à ce jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son...), de 5 à 20 % des Terre (La Terre est la troisième planète du Système solaire par ordre de distance croissante au Soleil, et la quatrième par taille et par masse croissantes. C'est la plus grande et la plus massive des...) et des super-Terre (Une super-Terre est une planète extrasolaire plus massive que la Terre, mais théoriquement moins massive qu'une géante gazeuse. Le terme de super-Terre est déterminé uniquement par la masse de la planète,...) sont situées dans la zone habitable (En astronomie, une zone habitable (ZH) est une région de l'espace où les conditions sont favorables à l'apparition de la vie. Il y a deux types de régions qui...) de leurs étoiles. Toutefois, malgré cette abondance, il est extrêmement difficile de sonder les conditions et les propriétés atmosphériques de ces planètes potentiellement habitables. En fait, cela est demeuré quasi impossible... jusqu'à maintenant.

De la vapeur d'eau détectée dans l'atmosphère (Le mot atmosphère peut avoir plusieurs significations :) de l'exoplanète K2-18b


Björn Benneke Crédit: Amélie Philibert
Une nouvelle étude menée par le professeur Björn Benneke, de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche scientifique désigne...) sur les exoplanètes de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux...) de Montréal (Montréal est à la fois région administrative et métropole du Québec[2]. Cette grande agglomération canadienne constitue un centre majeur du commerce, de l'industrie, de la culture, de la finance et des affaires...) (iREx), son étudiante au doctorat (Le doctorat (du latin doctorem, de doctum, supin de docere, enseigner) est généralement le grade universitaire le plus élevé. Le titulaire de ce grade est le docteur. Selon les pays et...) Caroline Piaulet et plusieurs collaborateurs a permis de détecter de la vapeur d'eau et peut-être même des nuages d'eau liquide dans l'atmosphère de l'exoplanète K2-18b. "Il s'agit du plus grand pas effectué à ce jour vers notre objectif ultime de trouver de la vie sur d'autres planètes, de prouver que nous ne sommes pas seuls. Grâce à nos observations (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude appropriés. Le...) et à la modélisation du climat (Le climat correspond à la distribution statistique des conditions atmosphériques dans une région donnée pendant une période de temps donnée. Il se distingue de la météorologie qui désigne...) de la planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de l'Univers et possédant une masse suffisante pour que sa gravité la maintienne en...), nous avons démontré que la vapeur peut se condenser en eau liquide. C'est une première", expose le professeur Benneke.

L'exoplanète K2-18b, qui est environ neuf fois plus massive (Le mot massif peut être employé comme :) que la Terre, se trouve dans la zone habitable de l'étoile (Une étoile est un objet céleste émettant de la lumière de façon autonome, semblable à une énorme boule de plasma comme le Soleil, qui est l'étoile la plus proche de la Terre.) autour (Autour est le nom que la nomenclature aviaire en langue française (mise à jour) donne à 31 espèces d'oiseaux qui, soit appartiennent au genre Accipiter, soit constituent les 5 genres Erythrotriorchis, Kaupifalco,...) de laquelle elle orbite (En mécanique céleste, une orbite est la trajectoire que dessine dans l'espace un corps autour d'un autre corps sous l'effet de la gravitation.). Cet astre, de type M, est plus petit et plus froid (Le froid est la sensation contraire du chaud, associé aux températures basses.) que le Soleil (Le Soleil (Sol en latin, Helios ou Ήλιος en grec) est l'étoile centrale du système solaire. Dans la classification astronomique, c'est une...), mais à cause de sa plus grande proximité, K2-18b reçoit pratiquement la même quantité (La quantité est un terme générique de la métrologie (compte, montant) ; un scalaire, vecteur, nombre d’objets ou d’une autre manière de dénommer la valeur...) totale d'énergie (Dans le sens commun l'énergie désigne tout ce qui permet d'effectuer un travail, fabriquer de la chaleur, de la lumière, de produire un mouvement.) de son étoile que la Terre en reçoit du Soleil.

Les similarités entre l'exoplanète K2-18b et la Terre font dire aux astronomes que l'exoplanète aurait potentiellement un cycle hydrologique permettant à l'eau de se condenser en nuages et à la pluie (La pluie désigne généralement une précipitation d'eau à l'état liquide tombant de nuages vers le sol. Il s'agit d'un hydrométéore...) liquide de tomber. La détection a été rendue possible en combinant huit observations de transit ‒ lorsque l'exoplanète passe devant son étoile ‒ faites par le télescope spatial (Un télescope spatial est un télescope placé au delà de l'atmosphère. Le télescope spatial présente l'avantage par rapport à son homologue terrestre de ne...) Hubble.

Les scientifiques estiment à l'heure (L’heure est une unité de mesure du temps. Le mot désigne aussi la grandeur elle-même, l'instant (l'« heure qu'il est »), y compris en sciences (« heure...) actuelle que l'enveloppe gazeuse épaisse de K2-18b empêcherait probablement l'existence de la vie telle que nous la connaissons à la surface (Une surface désigne généralement la couche superficielle d'un objet. Le terme a plusieurs acceptions, parfois objet géométrique, parfois frontière physique, et est souvent abusivement...) de la planète. Cependant, l'étude montre que même ces planètes de masse (Le terme masse est utilisé pour désigner deux grandeurs attachées à un corps : l'une quantifie l'inertie du corps (la masse inerte) et l'autre la contribution du corps à la force de...) relativement faible et donc plus difficiles à étudier peuvent être explorées par des instruments astronomiques qui ont été conçus au cours des dernières années. En analysant celles qui sont situées dans la zone habitable de leurs étoiles et sur lesquelles sont réunies les conditions propices à la présence d'eau liquide, les astronomes font un pas de plus vers la détection directe de signes de vie au-delà de notre système solaire (Le système solaire est un système planétaire composé d'une étoile, le Soleil et des corps célestes ou objets définis gravitant autour de lui (autrement dit, notre système planétaire) : les...).

À propos de l'étude

L'article "Water vapor on the habitable-zone exoplanet K2-18b", de Björn Benneke et ses collaborateurs, a été publié le 10 septembre 2019 sur astro-ph. Principalement financée par la NASA (La National Aeronautics and Space Administration (« Administration nationale de l'aéronautique et de l'espace ») plus connue sous son...), cette étude est basée en partie sur les observations réalisées au moyen du télescope spatial Hubble (Le télescope spatial Hubble (en anglais, Hubble Space Telescope ou HST) est un télescope en orbite à environ 600 kilomètres d'altitude, il effectue un tour complet de la Terre toutes les 100 minutes. Il est nommé en l'honneur de l'astronome...). Le reste du financement provient du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, du Fonds de recherche du Québec – Nature et technologies et d'autres organismes.
Page générée en 0.342 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique