Le confinement dû au Covid-19 révèle l'impact de l'homme sur la faune

Publié par Adrien le 24/06/2020 à 09:00
Source: CNRS INEE
Une équipe internationale de scientifiques étudie comment les animaux réagissent à la réduction de l'activité humaine pendant la pandémie de Covid-19. Dans un article publié le 22 juin 2020 dans Nature Ecology & Evolution, les scientifiques en charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui donne lieu à un...) de cette nouvelle initiative mondiale, "Initiative bio-logging COVID-19", expliquent comment la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche...), pendant cette crise sanitaire (Les crises sanitaires sont des pandémies importantes, qui touchent entre une dizaine de personnes (cas des crises très médiatisées qui touchent les pays...) dévastatrice, peut inspirer des stratégies innovantes pour partager l'espace sur cette planète (Une planète est un corps céleste orbitant autour du Soleil ou d'une autre étoile de l'Univers et possédant une masse suffisante pour que sa...) de plus en plus encombrée par les activités humaines, avec des bénéfices pour la faune et les humains.

De nombreux pays (Pays vient du latin pagus qui désignait une subdivision territoriale et tribale d'étendue restreinte (de l'ordre de quelques centaines de km²),...) du monde (Le mot monde peut désigner :) ont été mis en confinement pour contrôler la propagation de Covid-19. Cette période de mobilité humaine exceptionnellement réduite, provoquée par les circonstances les plus tragiques, que les auteurs de l'article ont baptisée "anthropause", peut fournir des informations précieuses sur les interactions entre l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par...) et la vie (La vie est le nom donné :) sauvage.


Héron garde boeuf,"Bubulcus ibis", qui trône sur une décharge.
© Fabrice MONNA/Biogéosciences-Dijon/CNRS Photothèque

Au cours des derniers mois (Le mois (Du lat. mensis «mois», et anciennement au plur. «menstrues») est une période de temps arbitraire.), d'innombrables messages ont été publiés sur les médias sociaux (L'expression « médias sociaux » recouvre les différentes activités qui intègrent la technologie, l'interaction sociale, et la création...) pour signaler des rencontres inhabituelles avec des animaux sauvages. Des observations (L’observation est l’action de suivi attentif des phénomènes, sans volonté de les modifier, à l’aide de moyens d’enquête et d’étude appropriés. Le plaisir procuré explique...) anecdotiques, en particulier dans les zones métropolitaines, suggèrent que la nature a réagi au verrouillage. Non seulement il semble y avoir plus d'animaux que d'habitude, mais il y a aussi des visiteurs surprenants: des pumas ont été aperçus rôdant dans les rues du centre-ville (Le centre-ville est le cœur de la ville. Il est également appelé hypercentre dans le cas des grandes agglomérations. C'est le lieu des manifestations culturelles et sportives, des...) de Santiago du Chili, et des dauphins sont récemment apparus dans des eaux inhabituellement calmes du port de Trieste (Trieste (anciennement Tergeste en latin), est une ville d'Italie, d'environ 205 000 habitants (les Triestins), située au pied des Alpes dinariques sur la mer Adriatique au bord du golfe de Trieste et de la baie de...), en Italie.

Pour d'autres espèces, la pandémie (Une pandémie (du grec ancien πᾶν / pãn (tous) et δῆμος / dễmos (peuple)) est une...) peut avoir créé de nouveaux défis. Par exemple, certains animaux vivant en milieu urbain, comme les mouettes, les rats ou les singes, peuvent avoir du mal à joindre les deux bouts sans avoir accès à la nourriture humaine. Dans les régions plus éloignées, une présence humaine réduite peut potentiellement mettre en danger des espèces en voie de disparition, comme les rhinocéros ou les rapaces, en augmentant le risque de braconnage ou de persécution.

Les auteurs soulignent que la priorité de la société doit être de s'attaquer à l'immense tragédie humaine et aux difficultés causées par Covid-19. Mais ils affirment que nous ne pouvons pas nous permettre de manquer l'occasion de déterminer, pour la première fois à une échelle véritablement mondiale, dans quelle mesure la mobilité humaine moderne affecte la faune sauvage.

Pour relever ce défi, les chercheurs ont récemment créé l'"Initiative bio-logging COVID-19". Ce consortium international étudiera les mouvements, le comportement et le niveau de stress (Le stress (« contrainte » en anglais), ou syndrome général d'adaptation, est l'ensemble des réponses d'un organisme soumis...) des animaux, avant, pendant et après le confinement de Covid-19, en utilisant des données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) recueillies à l'aide d'ingénieux dispositifs électroniques fixés aux animaux, appelés "bio-loggers".

L'auteur principal de l'article, le professeur Christian Rutz, biologiste (Sur les autres projets Wikimédia :) à l'université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux...) de St Andrews, au Royaume-Uni, et président de l'International Bio-Logging Society, explique: "Partout dans le monde, les biologistes de terrain ont équipé les animaux de dispositifs de pistage (Chez le chien, le pistage est l'action qui consiste à trouver et à suivre une suite de traces olfactives au sol (la piste) sur ordre d'une personne qui suit la progression du chien (le conducteur). Le chien...) miniatures. Ces bio-loggers constituent une mine d'or d'informations sur les mouvements et le comportement des animaux, que nous pouvons désormais exploiter pour améliorer notre compréhension des interactions entre l'homme et la vie sauvage, au bénéfice de tous".

L'équipe intégrera les résultats obtenus sur une grande variété d'animaux, notamment des poissons (Les Poissons sont une constellation du zodiaque traversée par le Soleil du 12 mars au 18 avril. Dans l'ordre du zodiaque, elle se situe entre le Verseau à...), des oiseaux et des mammifères, afin de dresser un tableau (Tableau peut avoir plusieurs sens suivant le contexte employé :) global des effets du verrouillage.

Le Dr Francesca Cagnacci, chercheur (Un chercheur (fem. chercheuse) désigne une personne dont le métier consiste à faire de la recherche. Il est difficile de bien cerner le métier de chercheur tant les domaines de recherche sont diversifiés et impliquent...) principal à la Fondation Edmund Mach à Trente, en Italie, et chercheur principal du réseau (Un réseau informatique est un ensemble d'équipements reliés entre eux pour échanger des informations. Par analogie avec un filet (un réseau est un « petit rets », c'est-à-dire un...) de recherche Euromammifères, déclare: "La communauté internationale de la recherche a répondu rapidement à notre récent appel à collaboration, en proposant plus de 200 ensembles de données à analyser. Nous sommes très reconnaissants de ce soutien".

Alors, qu'est-ce que les scientifiques espèrent apprendre ? Le Dr Matthias-Claudio Loretto, boursier Marie Skłodowska-Curie à l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) Max Planck (Max Planck (né Max Karl Ernst Ludwig Planck le 23 avril 1858 à Kiel, Allemagne - 4 octobre 1947 à Göttingen, Allemagne) est un physicien allemand. Il est lauréat...) du comportement animal (Un animal (du latin animus, esprit, ou principe vital) est, selon la classification classique, un être vivant hétérotrophe, c’est-à-dire...) de Radolfzell, en Allemagne, explique qu'il sera possible de répondre à des questions jusqu'ici insolubles: "Nous serons en mesure de déterminer si les mouvements des animaux dans les paysages modernes sont principalement affectés par les structures construites ou par la présence de l'homme".

Selon le professeur Martin Wikelski, directeur de l'Institut Max Planck du comportement animal à Radolfzell, en Allemagne, ces connaissances inspireront à leur tour des propositions innovantes pour améliorer la coexistence entre l'homme et la faune. "Personne ne demande que les humains restent enfermés en permanence. Mais nous pourrions découvrir que des changements relativement mineurs de nos modes de vie et de nos réseaux de transport (Le transport est le fait de porter quelque chose, ou quelqu'un, d'un lieu à un autre, le plus souvent en utilisant des véhicules et des voies...) peuvent potentiellement avoir des avantages importants pour les écosystèmes et les humains".

La recherche mondiale coordonnée sur la faune sauvage en cette période de crise offrira aux humains des possibilités imprévues de forger une coexistence mutuellement bénéfique avec d'autres espèces, et de redécouvrir l'importance d'un environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme environnement tend actuellement à...) sain pour notre propre bien-être (Le bien-être ou bienêtre est un état qui touche à la santé, au plaisir, à la réalisation de soi, à l'harmonie avec soi et les autres....).

Référence:
Rutz, C., Loretto, M., Bates, A.E. et al. COVID-19 lockdown allows researchers to quantify the effects of human activity on wildlife. Nat Ecol Evol (2020). https://doi.org/10.1038/s41559-020-1237-z.
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