La co-infection VIH/tuberculose à pleins tubes
Publié par Adrien le 27/03/2019 à 08:00
Source: CNRS
1,2 million d'individus dans le monde sont co-infectés par Mycobacterium tuberculosis, la bactérie responsable de la tuberculose, et le virus du Sida (VIH-1). Cette association est meurtrière: elle complique le diagnostic et le traitement des patients, et augmente la pathogénicité de ces deux agents infectieux. Une collaboration internationale, menée par des chercheurs du CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).) et de l'Inserm, a mis en évidence que dans un contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les...) tuberculeux, le VIH-1 passe d'une cellule à l'autre grâce à des nanotubes formés entre les macrophages, ce qui augmente très fortement la proportion de cellules infectées. Ces résultats sont publiés le 26 mars 2019 dans la revue Cell Reports.


Nanotubes entre deux macrophages humains infectés par le VIH-1 dans un environnement tuberculeux © Shanti Souriant & Renaud Poincloux, IPBS, CNRS/Université Toulouse III-Paul Sabatier

Des chercheurs de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le...) de pharmacologie et de biologie (La biologie, appelée couramment la « bio », est la science du vivant. Prise au sens large de science du vivant, elle recouvre une partie des sciences naturelles et de l'histoire...) structurale (CNRS/Université Toulouse III - Paul Sabatier) et du Laboratoire international associé IM-TB/VIH établi entre le CNRS et le Conicet (Argentine), en collaboration avec le Centre de physiopathologie de Toulouse Purpan (CNRS/Inserm/Université Toulouse III - Paul Sabatier), ont montré que les macrophages, cellules hôtes pour la tuberculose (La tuberculose est une maladie infectieuse transmissible et non immunisante, avec des signes cliniques variables. Elle est provoquée par une mycobactérie du complexe tuberculosis...) et pour le VIH-1, forment entre eux des nanotubes lorsqu'ils sont exposés à l'interleukine-10 (IL-10), une molécule (Une molécule est un assemblage chimique électriquement neutre d'au moins deux atomes, qui peut exister à l'état libre, et qui représente la plus petite quantité de matière...) sécrétée en cas de tuberculose. L'abondance dans les poumons de ces macrophages particuliers, appelés M(IL-10), est corrélée avec la gravité (La gravitation est une des quatre interactions fondamentales de la physique.) de la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.). Les nanotubes sont empruntés par les particules virales du Sida, comme des tunnels, pour infecter les cellules voisines et s'y multiplier. En inhibant leur formation par différentes approches, les scientifiques ont réussi à réduire le transfert du virus (Un virus est une entité biologique qui nécessite une cellule hôte, dont il utilise les constituants pour se multiplier. Les virus existent sous une forme extracellulaire ou intracellulaire. Sous la forme...) entre les macrophages, entraînant ainsi une diminution de la production de VIH-1.

En cas de tuberculose sévère, la formation de nanotubes entre les macrophages est amplifiée, facilitant par conséquent la dissémination du virus du Sida et augmentant ainsi la production virale. La présence de ces macrophages particuliers pouvant être quantifiée, le diagnostic (Le diagnostic (du grec δι?γνωση, diágnosi, à partir de δια-, dia-, „par, à travers, séparation, distinction“ et γν?ση, gnósi,...) et le suivi de la tuberculose chez les patients co-infectés pourra être facilité. Ces travaux ouvrent ainsi la voie à de nouvelles approches thérapeutiques visant à contrôler l'augmentation de la charge (La charge utile (payload en anglais ; la charge payante) représente ce qui est effectivement transporté par un moyen de transport donné, et qui...) virale en cas de tuberculose.

Bibliographie

Tuberculosis exacerbates HIV-1 infection through IL-10/STAT3-dependent tunneling nanotube formation in macrophages. Souriant S, Balboa L, Dupont (DuPont, de son nom complet E.I. du Pont de Nemours et compagnie, est une entreprise américaine, fondée en juillet 1802 à Wilmington, dans le Delaware, par...) M, Pingris K, Kviatcovsky D, Cougoule C, Lastrucci C, Bah A, Gasser R, Poincloux R, Raynaud-Messina B, Al Saati T, Inwentarz S, Poggi S, Moraña EJ, Gonzalez-Montaner P, Corti M, Lagane B, Vergne I, Allers C, Kaushal D, Kuroda MJ, Sasiain MDC, Neyrolles O, Maridonneau-Parini I, Lugo-Villarino G, Vérollet C. Cell Reports, le 26 mars 2019. DOI: 10.1016/j.celrep.2019.02.091. https://www.cell.com/current-biology/fulltext/S0960-9822(19)30262-3.
Page générée en 0.737 seconde(s) - site hébergé chez Amen
Ce site fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le numéro de dossier 1037632
Ce site est édité par Techno-Science.net - A propos - Informations légales
Partenaire: HD-Numérique