Le changement climatique pourrait amplifier la concurrence entre les espèces
Publié par Adrien le 16/10/2019 à 08:00
Source: CNRS INEE
Les espèces n'ont pas beaucoup d'options face au changement climatique: elles peuvent s'adapter de façon génétique aux nouvelles conditions (évolution), ou se déplacer vers des environnements favorables (dispersion). De nouveaux résultats théoriques montrent que ces deux stratégies, l'évolution et la dispersion (La dispersion, en mécanique ondulatoire, est le phénomène affectant une onde dans un milieu dispersif, c'est-à-dire dans lequel les différentes fréquences constituant l'onde ne se...), peuvent interagir de façon négative et mener à une perte de biodiversité (La biodiversité est la diversité naturelle des organismes vivants. Elle s'apprécie en considérant la diversité des écosystèmes, des espèces, des populations et celle des...). Ces résultats, issus d'une collaboration entre des chercheurs de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études supérieures). Aux États-Unis, au...) de Colombie britannique et de l'Institut (Un institut est une organisation permanente créée dans un certain but. C'est habituellement une institution de recherche. Par exemple, le Perimeter Institute for Theoretical Physics est un tel institut.) des Sciences de l'Evolution de Montpellier (ISEM - Université de Montpellier / CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).) / EPHE / IRD), sont publiés dans PNAS en octobre 2019 et ont d'importantes conséquences pour la gestion de la biodiversité.

Lorsque l'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme environnement tend...) change, par exemple suite aux changements globaux, les espèces animales et végétales peuvent persister en se déplaçant à l'aide de la dispersion, c'est-à-dire en déplaçant leur aire de répartition, ou bien en s'adaptant au nouveau contexte (Le contexte d'un évènement inclut les circonstances et conditions qui l'entourent; le contexte d'un mot, d'une phrase ou d'un texte inclut les mots qui...) environnemental à l'aide de l'évolution. Naïvement, nous pourrions donc nous attendre à ce que la dispersion et l'adaptation combinées augmentent la persistance ( Persistance (statistiques) Persistance (informatique) en peinture : La Persistance de la mémoire (1931) en médecine : la persistance...) des espèces.

De nouveaux résultats d'un modèle de simulation dans la revue PNAS montrent que ceci n'est peut-être pas le cas. Des chercheurs de l'Institut des Sciences de l'Evolution de Montpellier (ISEM, CNRS, Université de Montpellier) et de l'Université de Colombie britannique au Canada ont trouvé qu'au lieu de promouvoir la persistance des espèces, et donc une biodiversité plus élevée, la compétition entre espèces implique que la dispersion et l'adaptation interagissent négativement et, ensemble (En théorie des ensembles, un ensemble désigne intuitivement une collection d’objets (les éléments de l'ensemble), « une multitude qui peut être comprise comme un...), réduisent la persistance de la biodiversité. Le mécanisme est simple: tandis que la dispersion et l'adaptation augmentent chacune indépendamment la persistance de la biodiversité, lorsque les espèces dispersent et s'adaptent en même temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.), les espèces qui arrivent à s'adapter plus rapidement que les autres persistent dans leur aire de répartition actuelle, deviennent dominantes, et empêchent les autres espèces de survivre.

Ces résultats soulignent la nécessité de prendre en compte les facteurs écologiques et évolutifs en même temps, sinon nous risquons de sous-estimer l'impact des changements globaux sur la biodiversité. De plus, les résultats ont des implications pour la gestion des populations naturelles et d'éventuels plans de colonisations assistées. Ces résultats soulignent aussi l'importance de maintenir une connectivité élevée pour les espèces dans nos paysages.

Référence:
Thompson, P. L. and Fronhofer E.A. (accepted) The conflict between adaptation and dispersal for maintaining biodiversity in changing environments. PNAS
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