Des batteries au sodium à recharge ultra-rapide

Publié par Redbran le 13/05/2019 à 14:00
Source: CNRS INC
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Cellules au format "pile bouton", pour le test de matériaux de batteries sodium-ion (Na-ion), déposées sur du sel (NaCl).
© Cyril FRESILLON/CSE/RS2E/CNRS Photothèque
La start-up Tiamat, issue des recherches menées au sein du Réseau sur le stockage électrochimique de l'énergie (1), porté par le CNRS, développe et industrialise une nouvelle génération de batteries à recharge ultra-rapide, à base de sodium et non plus de lithium. Le CNRS, via sa filiale nationale de valorisation CNRS Innovation, est entré à son capital.

Les batteries au lithium se sont imposées dans de nombreux domaines, des véhicules électriques à l'outillage portatif, en passant par le stockage des énergies renouvelables intermittentes (solaire et éolien). Mais cette technologie présente des limites, notamment en termes de vitesse de recharge et de durée de vie, et le lithium est une ressource rare et localisée dans quelques régions du monde. Plusieurs années de recherche menées dans des laboratoires du Réseau sur le stockage électrochimique de l'énergie, porté par le CNRS, ont abouti à une nouvelle génération de batteries, à base de sodium et non plus de lithium. La start-up Tiamat, fondée en 2017, a pour vocation de développer et produire ces nouvelles batteries. Tiamat a récemment franchi une étape importante en réalisant une levée de fonds de 3,6 millions d'euros, auprès de plusieurs investisseurs. À cet occasion, CNRS Innovation, la filiale nationale de valorisation du CNRS, est entrée au capital de l'entreprise.

Un avantage majeur de la batterie sodium-ion de Tiamat est de se recharger dix fois plus rapidement qu'une batterie au lithium. Elle peut de plus subir un nombre de cycles de recharge dix fois plus important, ce qui prolonge sa durée de vie. Outre la disponibilité du sodium, l'atout de cette technologie est sa puissance, mais elle ne sera pas compétitive en terme de densité d'énergie électrique. Le marché des batteries sodium-ion ne concernera donc pas les voitures électriques mais des applications exigeant une forte puissance et une charge rapide, comme des vélos ou trottinettes électriques, ou bien encore le stockage d'électricité issue de sources renouvelables intermittentes, et les robots industriels.

Grâce à cette levée de fonds, Tiamat accélère la production et la qualification de ses batteries, aujourd'hui réalisées au sein du Hub de l'Energie, à Amiens. La start-up livre ses premiers clients, qui intègrent les batteries Tiamat dans des produits existants, ouvrant la voie à de nouveaux usages. Une phase d'industrialisation est ensuite prévue, avec une première production en série à partir de 2020.

Note:
(1) Le Réseau sur le stockage électrochimique de l'énergie (RS2E) est un réseau de recherche et de transfert technologique français qui se consacre aux différents dispositifs de stockage d'énergie: batteries rechargeables, supercondensateurs et technologies alternatives destinés à de nombreux usages (véhicule électrique, électronique portable, stockage de l'électricité issue de sources renouvelables). RS2E est un réseau du CNRS créé avec le soutien du Ministère de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation. Il est =coordonné par Jean-Marie Tarascon (Collège de France, Paris) et par Patrice Simon (Université Toulouse III - Paul Sabatier, Toulouse), spécialistes reconnus internationalement pour leur expertise dans le domaine du stockage électrochimique de l'énergie.
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