Les babouins "papas poules"

Publié par Michel le 02/06/2008 à 00:00
Source: CNRS
Illustrations: Wikipedia
En restant aux côtés de leurs petits, les pères babouins leur permettraient d'arriver plus vite à la maturité sexuelle. C'est une des étonnantes conclusions d'une étude menée au CNRS sur la paternité chez les primates.


Un Babouin jaune d'Afrique (D’une superficie de 30 221 532 km2 en incluant les îles, l’Afrique est un continent couvrant 6 % de la surface terrestre et...) de l'Est

Si seulement 10 % des mammifères mâles prodiguent des soins paternels, les babouins jaunes du Kenya sont de cette catégorie. Et cela confère à leur progéniture des avantages considérables, notamment en termes de reproduction. C'est en tout (Le tout compris comme ensemble de ce qui existe est souvent interprété comme le monde ou l'univers.) cas ce qu'affirme Marie Charpentier (Le charpentier est un professionnel du bâtiment qui réalise et pose des assemblages participant à la constitution de l'immeuble dont les composantes sont la charpente et l'ossature générale.) du Centre d'écologie fonctionnelle (En mathématiques, le terme fonctionnelle se réfère à certaines fonctions. Initialement, le terme désignait les fonctions qui en prennent d'autres en argument. Aujourd'hui, le terme a été étendu, et...) et évolutive (CEFE) de Montpellier dans un article paru dans Pnas de février 2008: "Il semble en effet que l'âge de maturité sexuelle baisse avec l'augmentation du temps (Le temps est un concept développé par l'être humain pour appréhender le changement dans le monde.) de présence du père babouin".

Pour parvenir à cette conclusion, la chercheuse a analysé plus de trente ans de données (Dans les technologies de l'information (TI), une donnée est une description élémentaire, souvent codée, d'une chose, d'une transaction d'affaire, d'un événement, etc.) collectées par le Amboseli Baboon Research Project, initié dans les années 1970 par Jeanne et Stuart Altmann, un couple de primatologues. Son principe: une équipe composée d'une dizaine de personnes assure un suivi en continu des populations de babouins du parc (Un Parc est un terrain naturel enclos,[1] formé de bois ou de prairies, dans lequel ont été tracées des allées et chemins destinés à la chasse, à la promenade ou à l’agrément. Il se distingue du Jardin...) naturel d'Amboseli, engendrant ainsi la plus grande base de données (En informatique, une base de données (Abr. : « BD » ou « BDD ») est un lot d'informations stockées dans un...) génétiques, physiologiques et comportementales sur le babouin. En recoupant toutes ces informations, Marie Charpentier a découvert que plus le père babouin est présent dans le groupe social de son enfant – les mâles ont tendance à passer (Le genre Passer a été créé par le zoologiste français Mathurin Jacques Brisson (1723-1806) en 1760.) régulièrement d'un groupe à l'autre –, et plus vite celui-ci atteint la maturité sexuelle. Concrètement, ses organes reproducteurs atteignent plus rapidement leur taille adulte. Un lien de cause à effet que les scientifiques ont pour le moment seulement constaté sans vraiment pouvoir l'expliquer.

Marie Charpentier et son équipe avancent tout de même une hypothèse. La présence du mâle créerait une sorte d'environnement (L'environnement est tout ce qui nous entoure. C'est l'ensemble des éléments naturels et artificiels au sein duquel se déroule la vie humaine. Avec les enjeux écologiques actuels, le terme...) protégé permettant à son petit de mieux se développer. "Le mâle peut intervenir dans les conflits sociaux où sa progéniture est impliquée", confirme la chercheuse. Ensuite, le père peut également aider sa progéniture lors du "fourragement", la recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension métonymique, la recherche...) de nourriture. Un point (Graphie) est à nuancer cependant. Si n'importe quel mâle est capable de protéger sa fille des autres femelles, en revanche, il faut qu'il soit de haut rang ( Mathématiques En algèbre linéaire, le rang d'une famille de vecteurs est la dimension du sous-espace vectoriel engendré par cette famille. Le théorème du rang lie le rang et la dimension du noyau d'une application linéaire...) dans la hiérarchie du groupe pour protéger son fils. Si, en effet, son fils entre en compétition avec un des mâles dominants du groupe, alors le rapport physique (La physique (du grec φυσις, la nature) est étymologiquement la « science de la nature ». Dans un sens général et ancien, la physique désigne la connaissance...) devient plus violent et un jeune père n'est plus capable de lutter pour défendre sa progéniture.

Autre hypothèse pour expliquer ce comportement favorisant un développement précoce: si les petits d'un mâle sont matures sexuellement plus tôt, ils se reproduiront plus vite et pourront engendrer plus de descendants, transmettant ainsi davantage leur patrimoine génétique (La génétique (du grec genno γεννώ = donner naissance) est la science qui étudie l'hérédité et les gènes.). C'est donc aussi du côté de la compétition nécessitée par la sélection naturelle (En biologie, la sélection naturelle est l'un des mécanismes qui guident l'évolution des espèces. Ce mécanisme est...) que les scientifiques cherchent des indices.

Autre question en suspens: comment font les mâles pour reconnaître leur progéniture ? "Nous avons ciblé deux hypothèses mais aucune n'est à ce jour (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale) et sa durée...) réellement vérifiée, explique la chercheuse. Tout d'abord, le père pourrait reconnaître son enfant lors de sa naissance à son physique, à son odeur ou encore à ses vocalisations." Seconde ( Seconde est le féminin de l'adjectif second, qui vient immédiatement après le premier ou qui s'ajoute à quelque chose de nature identique. La seconde est une unité de...) hypothèse: le père observerait les accouplements que la femelle (En biologie, femelle (du latin « femella », petite femme, jeune femme) est le sexe de l'organisme qui produit des ovules, dans le cadre d'une reproduction anisogamique.) aurait eu lors de ses chaleurs et pourrait en déduire s'il a de fortes chances d'être le père ou pas.

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