AVC: quand chaque minute compte
Publié par Adrien le 28/03/2019 à 08:00
Source: Jean Hamann - Université Laval
Après un accident vasculaire cérébral dû à l'occlusion d'un vaisseau sanguin, les médecins disposent de 4,5 heures après l'apparition des symptômes pour administrer le médicament servant à dissoudre le caillot. À peine 5% des victimes peuvent recevoir le médicament (Un médicament est une substance ou une composition présentée comme possédant des propriétés curatives, préventives ou administrée en vue d'établir un diagnostic. Un médicament...) dans le délai (Un délai est d'après le Wiktionnaire, « un temps accordé pour faire une chose, ou à l’expiration duquel on sera tenu de faire une certaine chose.  ».) prescrit. Une découverte laisse entrevoir une plus grande marge de manoeuvre temporelle pour traiter les AVC

Lorsque survient un accident vasculaire cérébral (Un accident vasculaire cérébral (AVC), parfois appelé « attaque cérébrale », est un déficit neurologique soudain...) (AVC) dû à l'occlusion d'un vaisseau sanguin, les médecins disposent de 4,5 heures (L'heure est une unité de mesure  :) après l'apparition des symptômes pour administrer le médicament servant à dissoudre le caillot. Au-delà de cette limite, le médicament augmente le risque d'hémorragie (Une hémorragie est un saignement, un écoulement du sang en dehors de son circuit naturel constitué par le cœur et les vaisseaux sanguins (veines et artères).) à un point (Graphie) tel que le remède est pire que le mal. Cette contrainte fait en sorte qu'à peine 5% des victimes d'AVC ischémique peuvent bénéficier du traitement. Toutefois, une étude qui vient d'être publiée dans la revue Molecular Neurobiology par des chercheurs de la Faculté de médecine (La médecine (du latin medicus, « qui guérit ») est la science et la pratique (l'art) étudiant l'organisation du corps humain (anatomie), son...) et du Centre de recherche (La recherche scientifique désigne en premier lieu l’ensemble des actions entreprises en vue de produire et de développer les connaissances scientifiques. Par extension...) du CHU de Québec - Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études...) Laval laisse entrevoir la possibilité d'allonger de plus de 30% ce délai d'intervention thérapeutique (La thérapeutique (du grec therapeuein, soigner) est la partie de la médecine qui étudie et applique le traitement des maladies.), ce qui permettrait de tripler le nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de patients pouvant être traités.

Rappelons que les AVC ischémiques - les embolies et les thromboses - sont causés par l'occlusion d'un vaisseau qui prive une région du cerveau (Le cerveau est le principal organe du système nerveux central des animaux. Le cerveau traite les informations en provenance des sens, contrôle de...) d'oxygène (L’oxygène est un élément chimique de la famille des chalcogènes, de symbole O et de numéro atomique 8.) et de glucose (Le glucose est un aldohexose, principal représentant des oses (sucres). Par convention, il est symbolisé par Glc. Il est directement assimilable par l'organisme.). "Cette ischémie provoque la mort (La mort est l'état définitif d'un organisme biologique qui cesse de vivre (même si on a pu parler de la mort dans un sens cosmique plus général, incluant...) des cellules de la région du cerveau irriguée par le vaisseau sanguin. L'étendue des dommages dépend de la durée de l'occlusion", rappelle le professeur Ayman ElAli. De plus, les AVC ischémiques entraînent une fragilisation des vaisseaux sanguins et un dysfonctionnement de la barrière hématoencéphalique, une structure qui filtre (Un filtre est un système servant à séparer des éléments dans un flux.) le passage des molécules et des microorganismes entre la circulation (La circulation routière (anglicisme: trafic routier) est le déplacement de véhicules automobiles sur une route.) sanguine périphérique et le cerveau.

L'intervention recommandée en cas d'AVC ischémique consiste à administrer un médicament, le rtPA, pour dissoudre le caillot et restaurer la circulation sanguine. Toutefois, si le traitement est administré plus de 4,5 heures après le début de l'AVC, il fragilise les vaisseaux et il déstabilise la barrière hématoencéphalique, ce qui augmente le risque d'hémorragie. "Nous voulions savoir s'il était possible d'allonger le délai d'intervention thérapeutique du rtPA en améliorant la stabilité des vaisseaux", résume le professeur ElAli.

Les travaux menés par son équipe sur un modèle animal (Un animal (du latin animus, esprit, ou principe vital) est, selon la classification classique, un être vivant hétérotrophe, c’est-à-dire...) d'AVC ont mis en lumière (La lumière est l'ensemble des ondes électromagnétiques visibles par l'œil humain, c'est-à-dire comprises dans des longueurs d'onde de 380nm (violet) à 780nm...) l'existence d'un mécanisme permettant d'y arriver. Lorsque les chercheurs activent ce mécanisme à l'aide d'une molécule (Une molécule est un assemblage chimique électriquement neutre d'au moins deux atomes, qui peut exister à l'état libre, et qui représente la plus petite quantité de...) - la 6-bromo-indirubin-3′-oxime (6-BIO) -, les effets délétères habituellement observés lors d'un retard dans l'administration de la rtPA sont atténués.

Si ces résultats sont confirmés par des études chez l'humain, il serait possible d'augmenter substantiellement le nombre de victimes d'AVC pouvant être traitées en co-administrant le médicament rtPA et une molécule comme la 6-BIO. "Avec un délai d'intervention thérapeutique de 6 heures, nous estimons qu'environ 15% des victimes d'AVC ischémiques pourraient recevoir le rtPA", avance Ayman ElAli.

Quelques jours (Le jour ou la journée est l'intervalle qui sépare le lever du coucher du Soleil ; c'est la période entre deux nuits, pendant laquelle les rayons du Soleil éclairent le ciel. Son début (par rapport à minuit heure locale)...) après la parution de l'étude dans la revue Molecular Neurobiology, une entreprise pharmaceutique américaine a contacté le professeur ElAli. "Cette biopharma mène présentement une étude clinique sur une molécule qui active le même mécanisme que la 6-BIO. Nous allons la tester en combinaison (Une combinaison peut être :) avec la rtPA sur notre modèle animal. Si les résultats sont concluants, les choses pourraient aller plus rapidement qu'à l'habitude étant donné que la molécule en question a déjà été jugée sécuritaire chez l'humain."

Les autres signataires de l'étude sont Noëmi Jean LeBlanc, Romain Menet, Katherine Picard, Geneviève Parent et Marie-Ève Tremblay.
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