Alzheimer: la réduction du débit sanguin cérébral joue un rôle dans le développement de la maladie
Publié par Adrien le 14/02/2019 à 08:00
Source: CNRS
Si l'existence d'une réduction du débit sanguin cérébral chez les patients atteints de la maladie d'Alzheimer est connue depuis des décennies, son rôle dans le développement de la maladie et les mécanismes sous-jacents restaient peu compris jusqu'à présent.


Carte de variation du débit sanguin induite par l'occlusion de 2% des vaisseaux capillaires cérébraux chez la souris (Le terme souris est un nom vernaculaire ambigu qui peut désigner, pour les francophones, avant tout l’espèce commune Mus musculus, connue aussi comme animal de...). Les vaisseaux bloqués sont représentés par les sphères violettes. Plus les vaisseaux sont bleus, plus le débit sanguin y est ralenti.© Hernandez et al./Nature

Des chercheurs de l'Université (Une université est un établissement d'enseignement supérieur dont l'objectif est la production du savoir (recherche), sa conservation et sa transmission (études...) Cornell (Etats-Unis) et du CNRS (Le Centre national de la recherche scientifique, plus connu sous son sigle CNRS, est le plus grand organisme de recherche scientifique public français (EPST).) viennent de montrer chez des souris atteintes d'Alzheimer que des globules blancs appelés neutrophiles adhèrent sur les parois des capillaires du cortex (En biologie, le cortex (mot latin signifiant écorce) désigne la couche superficielle ou périphérique d'un tissu organique.) cérébral jusqu'à bloquer localement le flux (Le mot flux (du latin fluxus, écoulement) désigne en général un ensemble d'éléments (informations / données, énergie, matière, ...) évoluant dans un sens commun. Plus précisément le terme est...) sanguin. De plus, contrairement à ce que les scientifiques pensaient jusqu'à présent, ce blocage est une des premières manifestations de la maladie (La maladie est une altération des fonctions ou de la santé d'un organisme vivant, animal ou végétal.), apparaissant avant les plaques d'amyloïdes. Suite à cette découverte, les chercheurs ont administré un anticorps dirigé contre les neutrophiles, ce qui a permis une diminution du nombre (La notion de nombre en linguistique est traitée à l’article « Nombre grammatical ».) de capillaires bloqués et donc, une augmentation immédiate du débit sanguin cérébral.

Ces effets se sont accompagnés d'une amélioration rapide des performances dans les tâches de mémoire (D'une manière générale, la mémoire est le stockage de l'information. C'est aussi le souvenir d'une information.) à court terme chez les deux modèles murins étudiés. Démontré chez l'animal (Un animal (du latin animus, esprit, ou principe vital) est, selon la classification classique, un être vivant hétérotrophe, c’est-à-dire qu’il se nourrit de...), ce mécanisme pourrait fournir une nouvelle piste thérapeutique (La thérapeutique (du grec therapeuein, soigner) est la partie de la médecine qui étudie et applique le traitement des maladies.) afin d'améliorer la cognition chez les patients atteints d'Alzheimer. En effet, des simulations numériques montrent un impact similaire d'occlusions capillaires sur le débit sanguin cérébral chez l'homme (Un homme est un individu de sexe masculin adulte de l'espèce appelée Homme moderne (Homo sapiens) ou plus simplement « Homme ». Par distinction, l'homme...) et chez la souris. Ces résultats sont publiés dans la revue Nature Neurosciences le 11 février 2019.

Bibliographie

Neutrophil adhesion in brain capillaries contributes to cortical blood flow decreases and impaired memory function in mouse models of Alzheimer's disease. Jean C. Cruz Hernandez, Olivier Bracko, Calvin J. Kersbergen, Victorine Muse, Mohammad Haft-Javaherian, Maxime Berg, Laibaik Park, Lindsay K. Vinarcsik, Iryna Ivasyk, Daniel A. Rivera, Yiming Kang, Marta Cortes-Canteli, Myriam Peyrounette, Vincent Doyeux, Amy Smith, Joan Zhou, Gabriel Otte, Jeffrey D. Beverly, Elizabeth Davenport, Yohan Davit, Charles P. Lin, Sidney Strickland, Costantino Iadecola, Sylvie Lorthois, Nozomi (Inauguré le 14 mars 1992, le Nozomi est la desserte la plus rapide de la ligne de Shinkansen Tokaido/Sanyo. Sur le tronçon Hiroshima-Hakata, le train peut atteindre les 300 km/h (186 mph),...) Nishimura, Chris B. Schaffer. Nature Neuroscience, le 11 février 2019.
DOI: 10.1038/s41593-018-0329-4.
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